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SEVEN

Pour Martine


SEVEN est une chronique des extrêmes, des débuts, des fins, des en-deçà, des au-delà...
Une chronique des limites : celles du haut et du bas, de la droite et de la gauche...
Une chronique de la chute libre dans l’enchaînement des enquêtes sur les autres, qui débouchent sur une découverte de soi.
C’est le boomerang d’une nature humaine capable de devenir ce qu’elle traque, et même de le sublimer, si par bonheur la grâce...

Mais peut-il y avoir irruption de la grâce dans cet univers humide et moite du 14e commissariat de New York, coincé entre un policier qui veut en finir le plus vite possible et un policier qui n’attend que de démarrer enfin une carrière ; entre un chef qui veut des résultats immédiats et une enquête qui piétine, puis dérape dans l’horreur programmée d’un serial killer qui assassine méthodiquement, suivant le catalogue des péchés capitaux : les 7 degrés misérables de noirceurs de l’âme !

Cela nous vaut d’abord 5 chapitres magistraux, dans les environnements les plus sordides comme les plus sophistiqués : seul le raffinement d’un esprit savamment dérangé donne à l’horreur mise en scène, la garantie de la littérature la plus noble et la plus respectée, à la fois visionnaire et religieuse, de Dante à Milton, de l’Enfer au Paradis Perdu !

Pitt et Freman évoluent - ensemble, ou l’un devant et/ou derrière l’autre, et toujours sous la pluie épaisse, comme pour se purifier avec obsession - les " héros ", donc, dans le sang, la sueur, les vomissures, les excréments, le sperme - et la violence omniprésente - avec une résignation d’ouvrier spécialisé. Ils sont persuadés qu’ils sortiront vainqueurs du parcours initiatique de la cérémonie policière, conscients du devoir accompli ; et pour Pitt, le plus jeune, l’espoir d’une promotion ! Promotion qu’il paye jour après jour dans l’inconfort d’un domicile où l’attendent chaque soir deux molosses inutiles, et la frustration d’une épouse destinée au silence des agneaux !

Car quelqu’un doit toujours payer pour les autres ! Ce sera le " clou " de l’ultime crucifixion : les deux derniers chapitres - après que le killer se soit de lui-même livré à nos deux chevaliers du macadam, pour commenter de l’intérieur, l’apothéose off limits de son génie du mal - vont se dérouler dans le désert jaune, peuplé de moulins éoliens ! Après la pluie, le vent : tous deux inefficaces !

Le messager de mort, arrive "  à tombeau ouvert " livrer le colis de l’horreur dernière - l’envie - qui provoquera la colère, meurtrière à son tour, du gardien de la loi !

C’est sur les spectateurs que tire d’abord, puis vide son chargeur, le pantin chancelant et pleurant qu’est (re)devenu Brad Pitt, homme de chair et de sang, comme son personnage, et comme nous autres, ses frères, dans notre condition commune de pécheur et de victime !

Car ces SEVEN péchés capitaux, qui dira jamais qu’il ne les commettra pas : soit à la petite semaine comme un être honteux et triste, soit à grande échelle, et triomphant comme ce John Doe - extraordinaire Kevin Spacey - qui est à la fois tout le monde, chacun et personne en particulier ?

C’est pourquoi le réalisateur, David Fincher, n’hésite pas à faire tomber sur nous aussi la COLÈRE hystérique et mitrailleuse de celui à qui l’ENVIE a arraché et l’amour donné (à sa femme) et l’amour reçu (de sa femme, secrètement enceinte) !

Oui, c’est l’amour que le péché - n’importe quel péché, ordinaire ou capital - blesse et parfois tue...
À moins que la grâce...

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Dernière modification : 2002/02/03
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