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LA CULTURE ÉCONOMIQUE


Notes pour servir à l'élucidation d'un concept neuf

 

" Les réalisations économiques
sont le résultat des actions des hommes,
mais non de leurs desseins ", 1965.
Friedrich von HAYEK (1899-1992),
Prix Nobel de Sciences Économiques 1974


Le but de ces notes est moins de définir ces deux termes l'un après l'autre et séparément-économie et culture-que de les considérer comme formant une entité nouvelle, dont l'émergence, au seuil de la conscience actuelle des partenaires sociaux, est malheureusement encore trop ralentie par des réflexes obsolètes touchant l'appréhension des réalités que doivent recouvrir, en ce moment de l'histoire, et l'un et l'autre terme.

En effet, parler d'économie se réduit encore trop souvent à n'envisager que ses implications objectives de parts de marché, investissement/emprunt, production/vente/achat, bénéfices/pertes, taux de croissance, inflation/déflation, cotation en bourse, OPA et cartellisation...

Les enjeux en demeurent limités à une sorte de concours olympique où le meilleur doit gagner, mais où l'essentiel n'est plus de participer simplement ! Il s'agit d'être plus fort que les autres, plus performant, devenir plus gros, peser plus, toujours plus, et si possible, d'éliminer tout autre concurrent, surtout dans la " discipline " en jeu !

La globalisation de cette activité n'en est que plus dangereuse, dans la mesure exacte où s'adapter aux " manières " d'autres politiques, moins soucieuses d'éthique/déontologie internationale - ou moins " contrôlées " de ce point de vue - implique presque inévitablement l'abandon de ses propres réflexes moraux, devant l'exigence absolue du nouvel impératif catégorique d'occuper un territoire en extension continue de vente et d'influence.

Et parler de culture équivaut encore pour beaucoup - quoique de moins en moins - à agiter la plus banale muleta du " panem et circenses "(encore faut-il savoir le traduire), devant des masses de " veaux " avides de confort, d'hédonisme et de mollesse, amputés de conscience civique et incapables de frémissement authentique quant à la création et/ou l'appréciation esthétique !
Un peu de cinéma, quelques concerts rock, une fête de la musique annuelle avec quelque parade sur les Champs ! Ici encore, les formidables moyens dont disposent les USA feront qu'à l'instar du blue-jeans, chacun enfilera vite le casque AV unique de la colonisation du passe-temps...
tandis que " le vrai temps ", celui qui compte - le temps comptable en somme - aura tout loisir de (se) passer entre gens sérieux, qui possèdent une calculette entre les deux oreilles !

Tant que perdurera cette appréhension obsolète et indigente des réalités de l'économie et de la culture, il est évident que nul progrès ne sera possible dans l'urgente conscientisation nouvelle qu'exige, à l'aube du 3e millénaire, un fonctionnement social (économie + culture), dont la somme est loin d'équivaloir - et moins encore de la signifier - à l'ampleur de la mutation anthropologique qui aura lieu ou non, selon que nous agirons comme ceci ou comme cela dans ce nouveau champ de bataille de la culture économique.

L'économie a commencé depuis longtemps à devenir un mode d'être, de penser et d'agir, d'une amplitude telle que la panoplie des comportements ainsi engendrés ont sécrété une vision du monde - une Weltanschauung-spécifique : la réalité dernière (notre destinée, le sens de l'existence, les valeurs de la vie...) sont désormais considérées - à notre insu le plus souvent - d'un point de vue qui n'est plus celui que nous croyons encore.
Il s'est opéré une rupture épistémologique : (les savoirs sont devenus discontinus) et, partant, une rupture idéologique (le sens s'est diffracté en constellations souvent contradictoires).
Ceci constitue une nouvelle culture, parce que désormais le monde ne pourra plus être ni vu ni exprimé selon les schèmes et les procédures habituels, ou que l'habitude avait élaborés : d'autres lois régissent maintenant notre imaginaire et nos productions culturels ; leurs fonctionnements relèvent d'une nouvelle façon de traiter " avec "   et   " de " l'homme dans le nouveau domaine intégré de son évolution historique.
Ce nouveau domaine - dont le territoire déborde la planète elle-même (avec la soi-disant conquête de l'espace) - c'est l'économie, précisément : c'est d'elle que viennent les nouveaux canons et modèles, les nouvelles inspirations, les nouveaux impératifs, les nouvelles ressources, donc les nouveaux contrôles.
Il est en train de se constituer une CULTURE ÉCONOMIQUE, qui imprègne, conditionne et inspire une nouvelle façon d'être un homme, un humain : une nouvelle façon d'être humain. Une façon qui est en train de faire se muter l'humain de l'homme !

Il est urgent de s'interroger sur les implications pratiques d'une telle mutation, et d'en faire l'objet d'une étude, d'une réflexion et d'un enseignement, pour en proposer la pratique responsable à tous ceux qui sont les acteurs conscients et/ou inconscients de cette mutation. Mais avant toute considération contemporaine de ce phénomène, ne pourrions-nous pas investiguer notre mémoire, et, remontant le temps de l'Histoire, nous rapprocher des origines de cette marche vers un tout-commerce - origines qui furent capables d'engendrer des attitudes mentales dont la globalisation actuelle n'est en fait que l'accomplissement achevé.

Je me propose dans ce qui suit
  1. D'examiner les grands mouvements qui firent se rejoindre et s'entre-féconder, par le truchement des échanges commerciaux, les antiques aires culturelles de notre monde;
  2. De décrire en quoi la découverte de ce passé phylogénétique est nécessaire à notre auto-compréhension et à notre identité actuelles;
  3. De définir en quoi peut consister pratiquement ce nouveau concept de culture économique;
  4. De proposer, enfin, des actions susceptibles de mettre à la portée des acteurs et partenaires sociaux de l'économie, et donc de cette culture économique, un espace de réflexion spéculativo-pratique d'évolution et de transformation personnelles.

 

 

1. LES GRANDS MOMENTS DES ÉCHANGES COMMERCIAUX À TRAVERS LES SIÈCLES

Il y eut plusieurs périodes au cours desquelles la conception de l'économie - qui ne s'appelait pas économie à l'époque, mais commerce - s'est forgée dans sa dimension internationale, et a su/pu véhiculer, en même temps que les marchandises, ce que les peuples qui commerçaient avaient développé en matière de culture et de civilisation.

  • ENTRE LE 4e SIÈCLES AVANT L'Ère Chrétienne et LE 4e SIÈCLES APRÈS L'EC.

    D'Alexandre le Grand aux Grandes Invasions - c-à-d sous les empires gréco-héllénistique et romain, jusqu'à l'arrivée des Barbares - la Route de la Soie, dans son extension (de la Grande Grèce - c-à-d de l'Italie-à la capitale de l'empire chinois : en gros de Venise à Xi'an) et dans ses extensions (bifurcations d'elle-même d'abord, à travers l'Europe et l'Asie Centrales, et de plus, d'autres routes qui se constituaient comme Routes des Épices, de l'Encens, de l'Or, des Esclaves, etc.) a fait passer d'ouest en est, puis d'est en ouest, ce qui deviendra peu à peu la civilisation hellénistique, étroitement liée à la quantité, la qualité, la diversité et l'interconnexion de toutes les cultures et les modes de vie qui se trouvaient sur tout le parcours de ses extensions : et ce, dans les tous les domaines d'expression humaine : architecture, urbanisme, sculpture, religions, langues... TOUT CELA : par l'intermédiaire d'échange de marchandises qui véhiculaient avec elles le génie de tous les peuples artisans qui les avaient fabriquées.

    Vivre à la grecque du coté du Pakistan (Gandhara, à l'époque) et aller jusqu'à réaliser une statue du Bouddha, qui soit la première du genre, et vouée à devenir l'emblème d'une voie existentielle, vieille déjà de 5 siècles et qui se transformera en religions(s) à travers toute l'Asie..., développer une statuaire, à qui le baroque doit encore sa lointaine naissance... suppose une intégration des fonctions mentales telles que l'homme de l'époque pouvait résider à Alexandrie d'Égypte, à Alexandrie du Kandahar (Afghanistan actuel) ou à Alexandrie Eskaté (Ouzbekistan actuel), puis à Rome, à Philadelphie (Amman) ou à Ctésiphon (sur le Tigre)... et partager une culture que l'économie, et la conquête militaire, bien sûr, avaient hautement contribué à générer et à entretenir, jusqu'à la contrôler !


  • LE TEMPS DES CROISADES ET DE LA PREMIÈRE PÉNETRATION VERS L'ORIENT EXTRÊME (13e et 14e siècles).

    Voilà un déplacement de population qui en moins de deux siècles va
    • d'une part créer des royaumes francs en Terre Sainte et transformer durablement le paysage du pays, avec force transferts technologiques,
    • et d'autre part créer un archevêché catholique à Kambalik (Beijing/Pékin actuellement), après le couronnement de Gengis Khan à Karakorum, en Mongolie, et la fondation de la dynastie des Yuan !


    Pendant près de deux siècles la technologie et les arts ont circulé entre les différentes côtes de la multiple Méditerranée (objets, techniques, moeurs, idées et... nostalgie) jusqu'aux rives pacifiques de la Mer du Japon ! Le musée du Shoso in de Nara en possède des millers de pièces, et bien qu'il organise chaque année des expositions extraordinaires, il ne parvient pas à en épuiser la présentation !
    Fascination mutuelle de l'Orient et de l'Occident ! L'homme, le plus terrible et le plus accompli (stupor mundi !) de cette intégration de la culture multiple, générée encore par la guerre et le commerce, fut certainement Frédéric II de Hohenstaufen, empereur du (second) Saint Empire Romain Germanique, né dans les Pouilles italiennes, élevé à Palerme, ami des sultans, des philosophes et des architectes, bâtisseur d'élégants châteaux forts et auteur d'ouvrage de fauconnerie et de poésie...



  • LES ROUTES DE LA MER ET LES GRANDES DÉCOUVERTES (15e-17e siècles)

    D'Henri le Navigateur, roi du Portugal à Surcouf, de Vasco de Gama et Christophe Colomb à Amérigo Vespucci et Jacques Cartier, voilà désormais l'homme européen capable de faire le tour d'une Terre qu'il découvre ronde au grand dépit de l'Eglise ! Des Indes Occidentales aux Orientales, que de commerces, que de guerres, que d'échanges de tout... Or, fruits et légumes, esclaves, idées, arts, religions, arts de gouverner, sciences et littérature...
    L'homme mondial, l'homme copernicien, distinguant désormais entre le centre (qu'il n'est plus) et une périphérie indéfinie qui s'offre à sa soif de découverte et de conquête...

    Plus de deux siècles qui feront éclater toutes les superstructures qu'une vision du monde tenait enchaînées dans une tradition respectable mais obsolète : le voilà, l'homme qui commence à se préparer à toutes les révolutions, dont la politique et l'industrielle seront les plus notables, mais où l'esthétique, la scientifique et la religieuse vont découler comme de source. Source constituée par l'abondance quasi infinie des ressources naturelles et des biens de consommation, où la France deviendra, sous Louis XIV, la Grande Nation, avec Colbert et Louvois, Racine et Pascal...


  • LA CONSTITUTION DE L'EMPIRE COLONIAL DES NATIONS EUROPÉENNES. (19e et début du 20e siècles)

    Pour la première fois de l'Histoire, la quasi totalité des grandes nations européennes se sont trouvées à la tête de colonies/dominions/territoires... dont elles géraient les gens et exploitaient les richesses. Espagne, France, Angleterre d'abord, puis les derniers venus dans le club : Allemagne (Tanganika) et Italie (Albanie, Libye, Somalie..). De certaines mêmes, les 3 premières, l'empire s'étendait du Nouveau Monde à l'Extrême-Orient. Guerres de conquêtes, guerres de résistance, guerres d'indépendance... Révolutions politiques et économiques, sanglantes et terribles. Mouvements et déplacements de populations, émigrations, fuites, exterminations, mélanges inouïs du Nord et du Sud, de l'Est et de l'Ouest, d'un océan à l'autre. Brassages de mentalités et de langues. Mariages les plus inattendus, au gré des rencontres et des exils...
    Ces décades ont connu une nouvelle distribution démographique et ethnique, avec le problème jamais réglé depuis les guerres napoléoniennes : celui des multiples peuples balkaniques(Serbes et Slaves, chrétiens et ottomans). Jamais le mouvement des biens et des personnes ne fut plus vaste ni plus intense, jamais les apports des uns et des autres ne contribua autant à l'émergence d'une CONSCIENCE MONDIALE et d'un COMMONWEALTH des ressources humaines et matérielles ! En cette année 1999, quel que soit l'appréciation négative du constat, il serait injuste de ne pas souligner le degré d'intégration malgré le gap de fragmentation encore à surmonter.

    La conscience marchande a élevé le commerce au rang d'un art et d'une technique, qu'on appellera économie. Entre le bien produire, le bien vendre et le bien acheter, le champ d'un nouvel espace des échanges se déploie sur toute la planète, relayé maintenant par le web et Internet. En devenant de plus en plus soft, et en se sophistiquant chaque jour un peu plus, marché et commerce constituent la partie aléatoire et pourtant décisive de l'économie, qui, se laissant de moins en moins réguler depuis l'extérieur d'elle-même, est irrésistiblement appelée à réguler les autres champs des relations internationales et à imposer des solutions relevant de ses fonctionnements propres, auxquels il faut se conformer sous peine de disparaître.
    N'est-ce pas là une nouvelle Weltanschaaung, une nouvelle culture ? La culture économique, justement...

 

 

2. QUELLE IDENTITÉ POUR " L'HOMO OECONOMICUS " ?

Sans chercher à établir un portrait-robot de " l'homo oeconomicus ", il n'est pas exclu de cerner les qualités-au sens de caractéristiques-qui se sont développées au cours de ces quelques 25 siècles et qui, en se " solidifiant " comme de la lave, ont, sur les circonvolutions primitives de son cerveau reptilien, sécrété goutte à goutte les stalactites et les stalagmites de ses cavernes " d'Ali Baba mental " !

  • Certainement, et tout d'abord, une solide conscience de soi, de ses capacités, de son ambition, de ses rêves, de ses buts ;
  • Un génie inventif pour réunir les moyens de son entreprise et en convaincre les partenaires ou les commanditaires, voire les sponsors ;
  • Un courage physique et intellectuel, prêt à ne se laisser abattre par rien, ni personne, à part Dieu et la mort ;
  • Plus que le courage, le goût du risque : calculé, mais certain, car ce type d'entreprise n'est attrayante qu'en mesure même des aléas et des dangers qu'elle implique ;
  • Une inébranlable et irraisonnée conviction que les dangers seront surmontés et que le but sera atteint, envers et contre tout ;
  • Une subtile intelligence des choses : des temps, des lieux et des personnes : cette complicité animale et instinctuelle qui fait faire toujours le bon choix au bon moment sans raison apparemment contraignante ;
  • Une santé plus que moyenne, ou au moins une capacité de résistance globale, apte à relativiser tout ce qui ne va pas dans le sens de l'entreprise, et demeure donc secondaire ou in-important : inconvénients de toutes sortes (nourriture, boisson, inconfort, intempéries, mauvais traitements...) :
  • Une science de ce qui est échangeable/vendable ici, maintenant, dans cette quantité et cette qualité, pendant ce temps-ci, etc. ;
  • Donc une connaissance marchande des marchandises et des marchands, entretenue par une pratique et une réflexion critiques permanentes ;
  • Une mémoire des visages, des partenaires des échanges, des lieux, des données de la route, de l'histoire des pays et des gens, de leurs préoccupations et envies/besoins ;
  • Une curiosité insatiable des données sociopolitiques, culturelles et économiques des pays, et des données personnelles des partenaires commerciaux ;
  • Une honnêteté fondamentale, qui engendre la confiance, mais qui n'empêche, ni la ruse, ni l'habileté ;
  • Le goût sûr du beau, du fin, du valable, de ce qui dure ;
  • L'envie d'apprendre et d'enseigner, de découvrir et de faire découvrir ;
  • La liberté intérieure et extérieure, seule capable d'aimer sans s'attacher et de donner quelque chose sans se lier ;
  • Une certaine vision qui renouvelle les conditions de l'entreprise et évite la monotonie, tout en favorisant évolution et adaptation ;
  • Un esprit rapide comme le vif argent, sensible comme une plaque photographique et serein comme un ciel bleu.


Bien sûr : toutes ces caractéristiques ne sont pas l'apanage du seul " Homo Oeconomicus " ! Mais elles sont l'humus spécifique d'une culture particulière de cet homme-là : qu'il soit banquier comme Rothchild dans la City, trader comme Kadoory à Hong Kong, informaticien comme Bill Gates en Californie, cinéaste comme Spielberg à Hollywood. Cet homme a intégré les qualités humaines les plus " ordinaires " à une tâche qui les emploie toutes, et il crée les circonstances où elles peuvent s'exercer de façon optimale, ainsi que les moyens de rendre l'ensemble rentable, pour le plus grand profit de tout un chacun !

 

 

3. ESSAI DE DÉFINITION DE LA CULTURE ÉCONOMIQUE

D'une certaine façon, les remarques précédentes ont donné un aperçu anthropologique de cette culture, en décrivant analytiquement des qualités qui renvoient inévitablement à des types de comportement guidés par une façon toute particulière d'envisager et le monde et une certaine tâche sous le soleil.

La conquête - qu'elle soit guerrière (Alexandre de Macédoine), religieuse (Paul de Tarse), financière (Fugger d'Augsburg) ou marchande (Jardine et Matheson de Hong Kong) - suppose une vision du monde, comme empire à conquérir : par les armes, la mission, la banque ou le commerce.

Quand Marco Polo retourne seul en Chine, après un premier voyage avec son père et son oncle, qu'est-ce qui le meut ? La commerce, les affaires, le profit : certainement et avant tout ! Mais bien vite, il va se laisser " convertir " par ce et ceux qu'il découvre, au point qu'il va demeurer plus de trente ans au Pays du Milieu, apprenant la langue et devenant gouverneur de Hangzhou, l'une des capitales du Sud !
Les qualités mêmes qui l'avaient prédisposé, les raisons mêmes qui l'avaient motivé, les succès mêmes qui l'avaient fortifié... et le reste, c-à-d le mystère d'une destinée..., vont le retenir et se transformer - qualités, raisons et succès - en instruments efficaces d'administration impériale. Ce qu'il en racontera au retour, et qui passe l'imagination - la sienne et celle du lecteur - relève du rêve et de l'épopée (comme Cyrano de Bergerac nous racontera ses mondes quelque cinq siècles plus tard) !
Voilà une culture économique " bien tempérée " : intégration des champs d'action, où entreprise et initiative concourent avec commerce excellemment mené, à la réalisation toujours plus accomplie de tous les paramètres d'une culture basée sur les échanges.

L'exemple de Marco Polo est instructif à un autre titre : c'est le rapport que sa capacité commerciale a inspiré au Maître de la Chine : en faire un responsable en matière de politique économique, et, plus le temps passera et son expérience augmentera, un expert en économie politique. C'est à dire qu'il y a, caché dans les replis profonds du génie économique, les potentialités les plus inattendues, dont celle de l'art du politique !
Joseph, fils de Jacob - après que Pharaon l'ait récompensé pour avoir divinement interprété ses songes, en lui confiant le poste de grand vizir - Joseph va " avoir l'idée " géniale du courtier en grains bien avisé, qui achète à bas prix au temps de l'abondance, stocke, puis distribuera gratuitement - aux frais de Pharaon dont le mérite politique alors augmentera d'autant - au temps de la disette !
Il faut voir là plus que de l'opportunisme, mais bien plutôt, le génie multiple, qui, se nourrissant de sa propre complexité, sait tirer de son sac " du vieux et du neuf ", pour avoir appris par la pratique empirique dûment digérée, non seulement les expédients qui permettent de se tirer d'une situation difficile, mais aussi les mille et un moyens d'anticiper les aléas et les vicissitudes, que l'instinct économique peut signaler à ceux qui sont " attentifs " au réel.

Cette attention au réel tel qu'il est, constitue peut-être la condition sine qua non de toute entreprise à risque - qu'elle soit militaire, politique, missionnaire ou commerciale. Parlera-t-on jamais assez des études de terrain auxquelles Napoléon se livrait avant d'engager toute bataille (se rappeler le renversement de front opéré à Austerlitz, la veille même de l'attaque) ! Le recul de Khrouchtchev à la Baie des Cochons devant JFK ne fut que le résultat de " l'analyse concrète d'une situation concrète ", comme l'écrit Lénine ! Si Paul de Tarse fait de Philippopolis - au nord de l'actuelle Salonique - son centre de rayonnement, c'est que cette jonction est la plaque tournante et le grand échangeur des voies romaines de l'Adriatique à la Mer Noire, et du Danube à la Méditerranée !
La Victoria Island de Hong Kong est une création artificielle des années 1970, entreprise géniale du pragmatisme de Londres en matière de vision économique, qui du même coup et créait de l'Occident multiple dans la Mer de Chine et inaugurait la globalisation du marché international !

De même que l'on a pu parler " d'emerging countries " - spécifiant par là la catégorie de pays du Tiers Monde en voie de développement assez significatif pour les faire entrer dans le concert économique (et cacophonique !) des nations-ainsi on peut dire que :
l'économie,
comme phénomène global (mondial),
est une réalité émergeante de la fin du XXe siècle,
génératrice d'une culture nouvelle.

En face des réalités politique et religieuse - au plan mondial s'entend - l'économique a atteint une omniprésence et une omnipuissance telles que rien-désormais et pour le temps que cela durera - quels que soient le domaine et la matière, rien ne peut plus se faire sans l'aval que ce nouveau régulateur accordera... ou non, c-à-d rendra ou non possible !

Cette globalisation (globe = monde) n'a jamais jusqu'ici été atteinte (completed) d'une manière aussi " originale ". En quoi ?
  • Le mythe d'un leadership politique mondial a bien toujours été le but-avoué ou non-de toute entreprise politico-militaire, depuis que les empires existent et aussi longtemps que leurs chefs ne descendent pas de cheval : pied à terre, l'empire s'organise et connaît toutes les vicissitudes des aventures sédentaires, c-à-d administration sophistiquée, coûteuse défense des frontières, guerres civiles infinies, révolutions, etc.


  • Le " Allez enseigner toutes les nations... " - mis dans la bouche du Christ Ressuscité, lors de son retour à la droite de son Père, - contient implicitement le rêve d'une omniconversion de " l'orbis terrarum " à la nouvelle foi : et nous ne sommes encore, que dans les années 0080 de notre ère !
    Tant que le bras séculier entretenait " l'ordre de Dieu " sur la Terre (Constantin, Charlemagne, Papes et Empereurs avec Inquisition), ce règne s'étendait effectivement.
    Mais avec les idées des Temps Modernes, l'extension copernicienne et galiléenne de la Terre vers l'Est et l'Ouest, puis les Lumières, 1789 et la Révolution Industrielle, suivie des révolutions politiques... il ne fut plus possible pour quiconque de garantir cette omniconversion. À la perte des États Pontificaux qui firent de Rome la capitale d'un " nouveau " pays, l'Italie unifiée, la cause était entendue : désormais, " catholique " ne signifiera plus que " romain ", dans l'entendement ordinaire, et le leadership religieux se partagera publiquement en autant de grandes religions, nouvelle palette issue elle aussi de la globalisation des fois, idéologies et croyances.


Ces avatars historiques-sans porter aucun jugement-sont venus du fait que ces entreprises traitaient avec des êtres humains, dont nous savons (maintenant ? ) que rien ni personne en définitive ne peut les réduire totalement ni bien longtemps à quoi que ce soit :
la liberté,
- même quand elle erre gravement ou seulement se dégrade -
demeure la caractéristique spécifique de l'homme.

C'est pour avoir ignoré que la liberté, si elle s'éduque et se contrôle, ne se force cependant jamais.
Que tous les empires, au nom du ciel ou de la terre, ont fait faillite !
Et connaîtront la faillite, aussi longtemps qu'ils ne la respecteront pas !



  • Or ici, il s'agit d'une autre espèce d'empire. Ses moyens d'action ne sont plus les armes ni la parole, menant à la sujétion et la conversion. Le milieu est bien toujours le milieu humain, mais non plus dans sa diversité originale à respecter et à promouvoir : seulement dans la pragmatique banalité universelle que supposent la subsistance et le bien être, la sécurité et la défense, les échanges et le profit, le confort et le progrès. Toutes choses désirables par chacun et quiconque, et accessibles à tous par l'intermédiaire d'une " chose " - denrée incolore, inodore et sans saveur - l'argent, ou son équivalent !
    La seule idéologie est : en avoir ou pas !
    Le seul but : en avoir le plus !
    Le seul souci : le faire fructifier !


    L'argent, comme agent universel de la liberté ?
    Au moins comme agent principal d'indépendance et d'autonomie ! La rapidité inouïe des informations et des transferts, par informatique interposée, rend cette entité plus " catholique " que n'importe quoi avant elle : c-à-d universelle, concrète et échangeable ! Voilà une réalité qui ne connaît ni frontière ni obstacle.
    Elle est à la disposition de qui veut/peut s'en emparer, quitte et libre à lui d'en faire ce que " bon lui semble " !
    Jamais ne s'est révélée avec cette évidence, la valeur symbolique de l'argent, dont Freud soulignait le caractère hautement thérapeutique par sa valeur symbolique même ! Le commerce est élevé au rang des beaux-arts et l'économie au rang d'une science. " L'homo oeconomicus " peut se transformer en maître-es-finances, sage et avisé, et rien ne peut l'empêcher d'imiter Laurent de Médicis, le Magnifique (" Celui qui fait de grandes choses " !). Est-ce ce à quoi il faut aboutir ?
L'économie serait un art,
et le nouvel " homo oeconomicus " un artiste :
développant son savoir-faire (compétence marchande et financière),
tempéré par son savoir-être (éthique et noblesse de coeur),
il mettrait son art au service de l'humanité
(créativité dans tous les domaines du possible)

 

 

4. ACTIONS PRATIQUES

Pour LA SENSIBILISATION, LA RÉFLEXION CRITIQUE
et L'ÉVOLUTION PERSONNELLE
APPRENDRE à DEVENIR CE NOUVEL " HOMO OECONOMICUS " !

1. LE BOARD

Un préalable : le rôle éminent et incontournable du BOARD, comme lieu et instance de :
  • Reconnaissance (Magistère) ;
  • Surveillance (Watch Angels) et ;
  • Compétence (Think Tank)

II sera constitué d'une douzaine de membres, sollicités pour leur expérience, habilitation, renommée et titre.
  1. Fonctionner à l'instar d'un séminaire de doctorat :
    • échanges sur l'état des questions relevant des compétences en présence ;
    • développer une vision des court, moyen et long termes dans les questions de l'avenir de l'humain de " l'homo oeconomicus "sur le site de Sophia Antipolis ;
    • contacter, solliciter et interroger, en privé et en public, des personnes éminentes dans les domaines touchant la(les) raison(s) d'être de SA etc.

  2. Constituer un groupe d'élaboration de programmes pour la sensibilisation, la réflexion critique et l'évolution personnelle du " travailleur de Sophia Antipolis" : conférences/débats, séminaires, discussions interactives, symposiums, colloques, entretien particulier ; utilisant les ressources humaines locales, mais n'hésitant pas à déplacer les meilleures compétences.
  3. Avec le temps, créer éventuellement une association (à l'heure actuelle l' ADMORE), avec bureau et auto financement.


2. LE STAFF DE LA FORMATION

  1. Les interventions dans les différents modules de formation devront absolument relever, d'abord, de la pluridisciplinarité, c-à-d que les divers enseignements auront comme originalité de traiter un sujet sous l'éclairage conjugué de plusieurs batteries d'analyse. Pour le développement de la Méditerranée, par exemple, s'inspirer de Fernand Braudel et ne jamais omettre l'incidence géographique et/ou religieuse dans l'explication de l'émergence de tel ou tel type d'économie, voire de politique économique et d'économie politique.
  2. L'arc de réflexion devra toujours se tendre avec la corde de la culture économique (essai de définition supra), et se référer en permanence à son histoire, à travers 25 siècles au moins, d'événements significatifs où l'anthropologie, les religions comparées, les guerres de conquête, etc. jouent des rôles moteurs pour l'interprétation. Ne pas omettre les rapports entre la consommation et l'économie, se conditionnant l'une l'autre, et créant entre elles des relations de cause à effet, susceptibles de générer des zones culturelles spécifiques, suivant l'abondance ou la disette.
  3. L'homme considéré par nos analyses devra toujours être le plus "global" possible, c-à-d être considéré dans le spectre total de sa nature, où les composantes du corps et de l'esprit - quelles qu'en soient les analyses philosophiques - seront prises en considération en tant qu'objet/sujet au premier chef du réalisme de la vie vécue et pas seulement imaginée.
  4. La méthode privilégiée sera la maïeutique socratique, c-à-d une méthode qui suppose au préalable que, dans une connaissance ne relevant pas de l'encyclopédisme, l'" autre " possède en lui les éléments nécessaires à l'élucidation de lui-même, même s'il ne sait pas encore les identifier ni les reconfigurer.
  5. Enfin, la relation interpersonnelle doit être sollicitée et encouragée, d'où l'impératif pédagogique d'organiser force instances, lieux et thèmes suscitant cette forme dialogale d' interprétation du réel et de tous les réels.


3. LA SPÉCIFICITÉ SPÉCULATIVO-PRATIQUE DE LA PROPOSITION.

Le plus grand danger d'une telle proposition serait de tomber à son tour dans les pièges de la cérébralité et de l'intellectualisme, et de croire que les choses ayant été dites, tout a été fait...

Si tout apport théorique se devra d'être excellent-ou de viser à l'excellence-il restera boiteux tant qu'un équivalent, en temps/durée et en force d'excellence, ne viendra pas parachever et tester par les faits la congruence et la praticabilité de la chose dite. Voilà une des premières questions sur laquelle le Board sera invité à se pencher, avec des experts en comportements sociaux et attitudes mentales, pour imaginer une véritable méthode expérimentale !

Ce qui veut dire que tout intervenant devra "produire et présenter" son apport selon une pédagogie par objectifs :
c-à-d comme une batterie capable d'établir les relations de cause à effet entre tel type d'attitude mentale et tel type de comportement social, avec la possibilité permanente de vérification objective : vidéo, superviseur, rapport, expérimentation devant public...

 

 

CONCLUSIONS

L'annuaire 1998 de Sophia Antipolis décomptait 1 103 raisons sociales et 18 536 emplois sur le site. Et plus précisément pour une possible population à viser par notre proposition :

SECTEURS D'ACTIVITÉ RAISONS SOCIALES EMPLOIS
Sciences de l'Information 277 7 894
Sciences de la Santé et de la vie 54 1 897
Sciences de la Terre 14 233
Enseignement Supérieur et Recherche 64 2 109

Ceci ne touchant que les salariés, on peut imaginer les chiffres pour les populations en formation : étudiants et chercheurs des différents instituts, centres, écoles supérieures et universités. Notre proposition, elle, s'adresse autant aux professionnels qu'aux jeunes en route vers la profession !

L'économie, et la culture qu'elle génère, peuvent devenir le point d'ancrage actuel pour imaginer, en notre temps, comment rendre l'homme toujours plus humain.

Tâche immense ! Utopique ?

 

 

PROGRAMME DE FORMATION

Table des matières:
  1. Investigation préalable
  2. Procédures
  3. Enseignements
  4. Recherches
  5. Etudes
  6. Voyage(s) d'Etudes en Méditerranée


1. INVESTIGATION PRÉALABLE

Cerner toutes les implications idéologiques (philosophiques, historiques, linguistiques, anthropologiques,...) des mots CULTURE / CIVILISATION et ÉCONOMIE, chez des auteurs comme :


  1. ARON R.
  2. BARTHES R.
  3. BOURDIEU P.
  4. BRAUDEL F.
  5. CERTEAU M. de
  6. DUMEZIL G.
  7. DREWERMANN E.
  8. ECO U.
  9. ELIADE M.
  1. FOUCAULT M.
  2. FRAZER Ed.
  3. FUMAROLI M.
  4. GLUCKSMANN A.
  5. GROSSER A.
  6. GRUNZISKY S.
  7. GUTTIEREZ G.
  8. HERSKOWITZ
  9. HUNTINGTON S.
  1. KÜNG H.
  2. LEFEBVRE P.
  3. LEVY STRAUSS Cl.
  4. LIPOVETSKY G.
  5. MALINOWSKI B.
  6. MARCUSE H.
  7. MARTINI G.M. Card.
  8. MEAD M.
  9. MORIN Ed.
  1. REMOND R.
  2. RICOEUR P.
  3. SERRES M.
  4. STEINER G.
  5. TOURAINE A.
  6. VALADIER P.
  7. VAN DER LEUWEEN
  8. WACHTEL N.
  9. WIESEL E.


Etablir une grille d'analyse capable de faire apparaître en quoi l'économie peut ou ne peut pas prétendre à être le terreau d'une culture originale, comme ont pu l'être
  • les sciences au XIX° siècle, pour la culture dite scientifique,
  • les oeuvres littéraires du XVII° siècle français, pour la culture dite classique.

2. PROCÉDURES

Enseignements – Recherches – Études

2.1 LES ENSEIGNEMENTS

  • Cette activité se devra d'être régulière (hebdo, bi-mensuelle, mensuelle au moins) et d'être tenue toujours aux mêmes heure, jour et lieu.
  • Chaque enseignement évitera d'en chevaucher un autre.
  • Le même intervenant peut naturellement donner plusieurs enseignements.
  • Il serait souhaitable que chaque séance constitue un tout mais qu'une certaine assiduité soit cependant exigée.
  • L'intervenant peut s'adjoindre tout spécialiste de son choix.
  • Le staff des enseignants est naturellement appelé à s'étoffer par cooptation.


2.2 LES RECHERCHES

  • Même procédure générale que plus haut.
  • Pourtant la part active des participants devrait être plus importante (exposés, par ex.).
  • Un maître de recherches peut aussi bien être un enseignant, et vice versa ; on peut même imaginer toutes sortes d'interactions.
  • Même phénomène de cooptation pour étoffer le staff.


2.3 LES ÉTUDES

  • Elles devraient être l'apanage du Board, qui pourrait de sa propre initiative-ou invité par mes soins-se retrouver sur un rythme de son choix, autour d'un des thèmes proposés, ou autres, d'actualité de plus grande urgence.
  • Le Board se comporterait à l'instar d'un séminaire de doctorat ou d'une académie.
  • Chaque membre du Board, pour le thème considéré, est habilité à inviter toute personne susceptible d'intéresser le débat. Ces invités peuvent d'ailleurs constituer le fameux GEDEPOME (GroupE D'Experts Plus Ou Moins Eloignés).
  • Ces études, outre qu'elles seraient des débats d'idées, peuvent se prêter à toutes sortes de formes et d'usages : exposé-débat ; communication ; débat libre, etc.
  • Au besoin, et sur un sujet d'importance, la presse pourrait être invitée au débat lui-même et/ou à une conférence de presse.
  • Bien sûr, c'est la responsabilité du Board que de considérer les contenus et les procédures des enseignements, recherches et études de l'ADMORE.


3. ENSEIGNEMENTS


ANALYSE HISTORICO-CRITIQUE DES GRANDS MOUVEMENTS ÉCONOMIQUE S et COMMERCIAUX
3.1 – D'ALEXANDRE LE GRAND (-323) À LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN (+ 500)
  • Les campagnes d'Alexandre jusqu'à l'Indus.
  • L'empire Séleucide jusqu'à l'entrée de Pompée à Athènes (+66)
  • La Méditerranée Romaine (Mare Nostrum)
  • Les Provinces romaines d'Asie et la Route de la Soie.

3.2 – AUTOUR DU SAINT EMPIRE ROMAIN : CHARLEMAGNE (+ 800)
  • La fonction des Missi Dominici.
  • La colonisation de l'Empire par les moines.
3.3 – AUTOUR DU SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE : FRIEDRICH VON HOHENSTAUFEN (+1300)
  • Economie des Croisades
  • L'appropriation de la terre par les nouveaux ordres dominicain et franciscain/capucin.
  • Les grandes foires d'Europe : Cantorbery, Gand, Reims, Dijon, Lübeck, Leipzig, Milan... et l'invention des billets à ordre et des billets de banque.
  • Les rapports de la Chrétienté avec la dynastie mongole de Perse (les Ilkhans de Tabriz)  : Rois de France, Papes et marchands gênois et vénitiens.
3.4 – AUTOUR DE L'EMPIRE HÉGÉMONIQUE  : CHARLES QUINT ET PHILIPPE II (+ 1500-1550)
  • Le commerce avec le Nouveau Monde ; denrées, esclaves et techniques.
  • L'or : recherche, découverte, exploitation, transfert, utilisation. Naissance des banques (Fugger d'Augsburg).
  • La Méditerranée ibérique.
  • L'esprit conquistador de la Foi Chrétienne ; les Jésuites.
  • Les aspects économico-politiques de la Réforme protestante : les Princes allemands et la Suède.
  • La Contre-Réforme Catholique (Concile de Trente) et le Baroque : architecture et religiosité nouvelles.

3.5 – LA MAÎTRISE DES MERS (+ 1600-1800)
  • Les Routes maritimes et la police des mers (l'ère des Corsaires).
  • Portugais (Henri Le navigateur et Vasco de Gama) ; Espagnols (les Océans) ; Anglais, Français et Hollandais.
  • Développement des ports de commerce et des positions stratégiques : Gibraltar, Malte, Chypre ; New Amsterdam ; Goa, Diego Suarez, Macao, Timor...

3.6 – LE SIÈCLES DE LOUIS XIV.
  • Financement de la guerre aux frontières.
  • Le Colbertisme
  • Le pouvoir absolu et la décision économique.

3.7 – AUTOUR DE L'EMPIRE FRANCAIS et SA CONSÉQUENCE NATURELLE.
  • Financement des guerres napoléoniennes.
  • Financement des remodelages urbains de Paris.
  • Financement des préparatifs de l'invasion avortée de l'Angleterre.
  • Naissance de l'empire colonial français : Afrique, Asie et Amériques.

3.8 – LES DEUX GUERRES MONDIALES.
  • La politique économique de la Prusse au début du siècle.
  • Le redressement politique et économique de l'Allemagne entre 18 et 39.
  • La destruction de l'Europe et le plan Marshall.
  • Les défaites du Japon et de l'Allemagne et leurs miracles économiques.
  • L'hégémonie économique puis politique des USA, et la fragilisation puis la chute de l'URSS.

3.9 – FIN DU XXe SIÈCLE  : DU CHOC ÉCONOMIQUE (PÉTROLE) AU CHOC FINANCIER (MONNAIES).
  • L'Ecole du Capitalisme Libéral (Eres Reagan / Thatcher).
  • L'alternative de l'union Européenne.
  • La montée et la chute des Dragons de l'Asie du Sud-Est.
  • Les mystères des économies indienne et chinoise.
  • Le Yen et les paradoxes de l'économie nippone.
  • La globalisation et le Nouveau Désordre Economique Mondial.

4. SÉMINAIRES DE RECHERCHE

LES GRANDES INTERROGATIONS DEVANT L'HISTOIRE ÉCONOMIQUE MONDIALE 4.1 – LES SYSTÈMES DE FINANCEMENT et D'APPROVISIOSNNEMENT DE LA CAMPAGNE D'ALEXANDRE (depuis Pella, Macédoine, à Bucéphale, 5e affluent de l'Indus)
  • La levée des Macédoniens.
  • La campagne d'Anatolie contre Darius III.
  • La campagne d'Egypte jusqu'en Libye Cyrénaïque.
  • La destruction de l'Empire Achéménide (Persépolis).
  • La conquête de la Transoxiane (Ouzbékistan), de la Bactriane (Afghanistan) et du Gandhara (Penjab).
  • Le repli jusqu'à Babylone, par le désert de Makran (Balouchistan, Sud-Est de l'Iran).

4.2 – MÊMES QUESTIONS POUR LES LÉGIONS DE L'EMPIRE ROMAIN.
  • De l'Ecosse à Trêves.
  • Du Danube à l'Euphrate.
  • De la Libye à la Mauritanie.

4.3 – LE COMMERCE MARITIME EN MÉDITERRANÉE : DES PHÉNICIENS AUX ROMAINS.
  • Qui sont ces Peuples de la Mer ? (Sidon/Tyr, Byblos)
  • La fondation des comptoirs maritimes par les Grecs (Phocée, Nikaïa, Neapolis, Antipolis...)
  • Le passage de la flotte marchande à la flotte de guerre.

4.4 – LA ROUTE DE LA SOIE.
  • Les différents parcours : chinois, central asiatique, russe méridional, penjabite, afghan perse, syriaque...
  • Embranchements : indien, turc, arable...
  • Le conditionnement des caravanes.
  • Développement de routes annexes : or, encens, épices, esclaves, parfums...

4.5 – LE FINANCEMENT DES CROISADES.
  • La levée dans les différents pays d'Europe occidentale, et le voyage.
  • L'entretien sur place : construction des kracs ; émoluments des troupes, financement des batailles...
  • Les relations commerciales avec les Mamelouks d'Egypte et le Ilkhans turco-mongols de Tabriz, Azerbaïdjan.

4.6 – LE COMMERCE AU LONG COURS.
  • La Route de la Soie revisitée : Marco Polo, les envoyés du Pape et du Roi de France.
  • Les rapports particuliers des marchands Génois et des Vénitiens avec le Shah turco-mongol des Ilkhans de Tabriz.

4.7 – LA ROUTE DES FOIRES.
  • Places : Cantorbéry, Gand, Reims, Dijon, Lübeck, Leipzig, Milan, etc.
  • Denrées : soieries, draps et brocards ; huiles et parfums ; orfèvrerie et joyaux ciselés, etc.
  • Déplacements : les routes du Rhône, du Rhin et des Lacs suisses et italiens.
  • Modes de paiement : billets à ordre et billets de banques.

4.8 – LES GRANDES ROUTES MARITIMES.
  • Le problème de l'or américain (Potossi, Pérou) et les banques impériales (Fugger d'Augsburg).
  • L'export-import Espagne/Empire (Séville/Vienne) et Nouveau Monde (Lima/Potossi : Pérou).
  • La richesse américaine au service de l'hégémonie austriaco-espagnole en Méditerranée.
  • Les comptoirs africains des Portugais, fondés par Vasco de Gama.
  • La route commerciale de Goa, de Macao et de Timor : marchands et jésuites.
  • Le rôle spécifice des missionnaires (franciscains, dominicains et jésuites) auprès des marchands ibéro-lusitaniens.

4.9 – LES GUERRES NAPOLÉONIENNES.
  • Les finances de l'empereur.
  • Les finances des coalisés.
  • Naissance des grandes banques européennes (Rotchild, par ex., etc.)
  • Waterloo et le triomphe de la spéculation boursière.

4.10 – AVÈNEMENT DE L'INDUSTRIALISATION.
  • Le changement des conditions de travail en Europe de l'Ouest : la mine et le charbon et le chemin de fer.
  • Naissance d'une nouvelle classe sociale et transformation du paysage urbain : prolétariat et cités-dortoirs.
  • Travail et plus value : la problématique marxienne de l'outil de production.
  • Développement du capitalisme comme système économique.
  • L'alternative "communiste".

4.11 – LES THÉORIES ÉCONOMIQUES DES XIXe ET XXe SIÈCLES.
  • Marx
  • Weber
  • Keynes
  • Friedrich von Hayek

4.12 – LES ÉCOLES DE COMMERCE.
  • Enseignements, buts, théories.
  • Quel management ?

4.13 – UN EXEMPLE : LE KOSOVO.
  • Evaluation des destructions très programmées, opérées par les armées alliées de l'OTAN.
  • Catalogue du matériel militaire engagé (spécialement AIR/SOL)
  • Pronostic des retombées économiques positives pour ces mêmes alliés, en matière de reconstruction du pays.

5. ÉTUDES

ESSAIS D'INTERPRÉTATION DE PHÉNOMÈNES D'INTERACTION HISTOIRE / ÉCONOMIE / CULTURE.

5.1 – L'HOMME MÉDITERRANÉEN D'APRÈS FERNAND BRAUDEL.
  • Environnement naturel, historique et culturel.
  • Du 'Mare Nostrum' au 'MARE IBERICUM' de Philippe II.
  • Le monde méditerranéen du III° millénaire : les déplacements de populations, les guerres ethniques et territoriales, l'Union européenne au Nord et l'islamisation des pourtours sud.
  • L'internationalisation du bassin méditerranéen et l'émergence d'un 'homo mediterraneus'.

5.2 – ÉTUDE CRITIQUE DES CURRICULA UTILISÉS DANS LES PROGRAMMES DE FORMATION DES GRANDES ÉCOLES.
  • Relation  : théorie / apprentissage.
  • Dimension humaniste de la formation : éthique et valeurs culturelles ou de civilisation.
  • Etude de mentalités : comportements et attitudes mentales des partenaires en présence.
  • L'économie comme processus objectif ou bien comme activité génératrice de valeurs et de phénomènes culturels.
5.3 – DIMENSIONS ANTHROPOGÈNE ET ANTHROPOPHAGE DE LA FORMATION EN GRANDES ÉCOLES DE COMMERCE.
  • Les modèles et les curriculii.
  • Humanisme et libéralisme : l'homme producteur et l'homme produit (l'homme acteur/agi de l'économie).
  • De la conquête des parts de marché à la conquête des aires humaines de production.
  • Effets pervers de la globalisation, de la délocalisation et de la déstabilisation du ou des marchés.

5.4 – EXÉGÈSE COMPARATIVE DU FACTEUR " RELIGION" CHEZ KARL MARX ET MAX WEBER, EN MATIÈRE D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
  • Puritanisme anglo-saxon des Pères Fondateurs et catholicisme latin : capitalisme et opium du peuple.
  • Ethique biblique du Deutéronome et Impératif arbitraire du profit.
  • Le bonheur par la production/consommation des biens, et le bonheur par l'amélioration des conditions de la vie sociale..
  • Dieu et Mammon, chez Mathhieu notamment.

5.5 – PROPOSITIONS et INTUITIONS DE FRIEDRICH VON HAYEK, Prix Nobel de sciences économiques en 1974.
  • Proposition 1 : La conséquence des actions individuelles échappe à la planification rationnelle des individus qui y participent : critique du constructivisme cartésien.
  • Proposition 2 : La principale question posée au fonctionnement des sociétés est celle de la coordination des actions indépendantes : cela passe, non par une extension de la rationalité, mais
***par des mécanismes de tâtonnement et d'apprentissage qui orientent les agents vers une convergence partielle de leurs anticipations, et
***par l'émergence de règles dont la connaissance leur sert de référence.
  • Intuition 1 : La renaissance de l'économie institutionnelle à la recherche d'une explication des institutions
  • Intuition 2 : L'économie évolutionniste à l'étude de la dynamique des processus économiques et sociaux.
  • Intuition 3 : L'interrogation sur les mécanismes de coordination au centre des préoccupations des théoriciens des jeux non coopératifs hétérodoxes.

5.5 – LE SITE DE SOPHIA ANTIPOLIS : HISTOIRE et SENS DANS UNE CONJONCTURE MOUVANTE ET COMPRÉHENSIVE..
  • La fondation de Sophia Antipolis :le mythe et la réalité.
  • La croissance de Sophia Antipolis :passage de l'enfance à l'adolescence.
  • Les compagnons de 'jeu' de Sophia Antipolis :Aix-Marseille, Lyon-Grenobe, Milan-Turin-Zürich, Barcelone-Figueiras, ie : l'Arc Latin.
  • SA en relation avec Nice, Cannes et Menton : PACA et au-delà (Silicon Valley, Kansaï, etc..)

5.6 – À PROPOS DU CLUB DES DIRIGEANTS DE Sophia Antipolis
  • Dimensions : conseil, critique, contrôle et vision.
  • Responsabilités : efficacité, débouché, ouverture, conformité et relance.
  • Ambitions : en fonction de la conjoncture, des besoins et capacité, des nécessités objectives et incontournables.
  • Cadre : tenir en même temps 2 caps : local et global !
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Dernière modification : 2004/01/31
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