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Un OBSERVATOIRE MÉDITERRANÉEN de la VOCATION (OMV)

" Nos idées ne sont que des instruments intellectuels
qui nous servent à pénétrer les phénomènes.
Il faut les changer quand elles ont rempli leur rôle.
Comme on change de bistouri quand il a servi trop longtemps. "
Claude Bernard.


" Les espèces qui survivent ne sont pas les plus fortes, ni les plus intelligentes,
mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. "
Darwin.


" L’attendu ne s’accomplit pas,
Et, à l’inattendu un dieu ouvre la voie. "
Euripide.


NB. 1 : ces notes sont une réponse à l'invitation de la Conférence Épiscopale de France (CEF) à réfléchir aux vocations, dans son document CEMIOR (Commission Épiscopale des Ministères Consacrés) :" Dans nos Communautés, proposer de devenir prêtre : Fiche N° 8 : à destination des animateurs de mouvement, services et aumôneries ". En voici les 3 thèmes de réflexion proposés :
  • " Reprendre conscience de notre baptême comme appel ;
  • Nous redire l'enjeu du ministère des prêtres au service de toute vocation ;
  • Avec d'autres, désirer et éveiller des vocations de prêtres diocésains ".

NB. 2 : au fur et à mesure que le temps passe, d’autres voix se font entendre :
  • Luc PAREYDT, sj. :
    " Il est indispensable de prendre la mesure mathématique de la diminution du personnel. Nous ne pouvons plus reculer face à la nécessité d’un certain nombre de choix clairs concernant la figure de l’Église, et les décisions concernant le partage effectif des responsabilités entre clercs et laïcs. "


  • Yves CONGAR,op : (dès 1948 in Témoignage Chrétien)
    " Ce que je sais de l’Église ancienne me porte à penser que, dans une situation de ce genre, elle aurait pris des mesures d’un radicalisme tout simple, devant lequel nos désirs de sécurité, notre crainte des aventures, nous rendraient sans doute hésitants aujourd’hui. Tout simplement, les évêques auraient demandé aux fidèles de désigner les plus aptes, parmi eux, à devenri prêtres, et, s’étant assuré les garanties indispensables, les aurait consacrés. "


  • Jean-Marie LAUNAY, responsable du Service National des Vocations :
    " La véritable pastorale des vocations, c’est de susciter des disciples. "


  • Albert ROUET, évêque de Poitiers et Georges GILSON, archevêque de Sens-Auxerre :
    " Il est urgent de constituer des communautés vivantes où les laïcs exercent de vraies responsabilités... ; communautés locales définies non plus par des limites territoriales, mais par la présence d’un groupe significatif de chrétiens prenant à bras le corps la vie et la mission de l’Église dans leur secteur... ; communautés définies par leur caractère de " communautés de croyants ", témoignant d’une vie de foi visible repérable dans un paysage social dont le christianisme ne sera plus l’élément structurant qu’il a été pendant des siècles... ; ces communautés auront à être signe et provocation, lieux de proposition de la foi chrétienne dans une société où des générations entières auront perdu la mémoire du christianisme et où la concurrence sur le " marché " religieux sera abondante du fait du développement des nouveaux mouvements religieux et des sectes, de l’expansion de l’Islam ou des religions et philosophies orientales. "


NB 3 : Voici les extraits d’un dossier , réalisé par le Nouvel Observateur (11-17 janvier 2001), sur le thème " La guerre des 30 ans : ils sont les nouveaux jeunes gens en colère "., et signé par Laurent JOFFRIN.
" C’est un mécontentement sourd, diffus et d’autant plus redoutable ".
  • Tenus en lisière des responsabilités, contraints souvent à une existence plus dure que celle de leurs parents, les 30 ans ne sont pas contents du monde qu’ils héritent ;
  • La vie professionnelle des trentenaires, c’est celle des petits boulots, de la précarité et du salaire maigre et stagnant ;
  • Leur vie personnelle, refuge obligé de ces maltraités de l’entreprise, c’est bien sûr une liberté inédite ;
  • Mais c’est aussi le vertige des valeurs à inventer, des règles à établir, des expériences à éprouver dans l’autonomie, c-à-d souvent dans la solitude. Ce sont les nouvelles frontières de l’intimité et de la sexualité à repousser autant qu’à fixer ;
  • Leur imaginaire, c’est celui de ce monde médiatique chatoyant mais pipé, où les loisirs manipulent et où l’information semble si souvent menteuse ;
  • Leur avenir, c’est un monde ouvert, séduisant, international, mais un monde dur, menaçant, injuste, généreux pour les forts et impitoyable pour les faibles...

Les 30 ans ont atteint l’adolescence en pleine crise, au moment où la gauche prenait soudain le virage du réalisme.
  • La chute du mur de Berlin ;
  • La fin des idéologies ;
  • La réhabilitation de l’argent ;
  • Le pessimisme du " no future " ;
  • L’ouverture aux grands vents du large ;
  • Le cynisme mitterandien ;
  • Le chômage de masse et ;
  • L’explosion des artifices médiatiques ;
tout cela a bercé leurs jeunes années. Ce monde libre et dur, injuste et cosmopolite, technologique et violent, international et arrogant, c’est celui que leur ont légué les 68-tards : un monde contraire à toutes les utopies de mai 68...Cette génération est en colère ! 
  • Génération précaire ;
  • Génération solitude ;
  • Génération sexe ;
  • Génération vote blanc ".

 

 

L’OMV comme PROJET

INTRODUCTION

Cette idée de créer une OMV n'est pas neuve chez moi. C'est dans les années 70, à mon retour d'Allemagne - de Munich où j'étudiais théologie et psychanalyse - que la situation de notre ordre, les SDB, m'est apparue dans toute sa pitoyable vérité, après les hémorragies qui avaient suivi mai 68 et dont je n'avais pas pris conscience, puisque je m'étais retiré dans les montagnes bavaroises.
À mon retour, j'avais été nommé responsable de la catéchèse et de la pédagogie, dans notre Lycée Professionnel et Technique Don Bosco de Nice. Après ma propre ordination, en décembre 1975, je décidai de lancer un Service Des Vocations, en étroite collaboration avec le Foyer St Paul, animé à l'époque par le Père Jean Bernardi.(J'ai appris plus tard, au temps de mon éloignement, qu'au moins trois jeunes, salésiens et diocésains, avaient été touchés par la grâce de la vocation sacerdotale, à travers - c'est eux qui parlent - leur participation aux activités du SDV).
Pour ma part, forcé de m'éloigner de ma famille religieuse pour " incompatibilité d'humeur " - pastorale s'entend ! - avec les supérieurs en place à l’époque, je lançai le Jean Bosco Services International, que je consacrai à la communication tous azimuts, surtout pour toutes situations où elle est difficile, sinon impossible : l'autisme, l'accompagnement des mourants, le prostitution juvénile, la différence linguistique, les incompatibiltés culturelles, les états de choc psychologiques, les névroses et les psychoses etc.
Le service devint international presque immédiatement, et développa ses activités en France, bien sûr, mais surtout en Allemagne et en Amérique Latine (le plus souvent en Colombie, mais aussi au Pérou). Le service fut mis en veilleuse pendant mes années asiatiques : mais il est en train de commencer une nouvelle carrière depuis mon retour en Europe et ma nomination à la Délégation Diocésaine à la Culture.

ATTENDUS

Depuis l'autre coté du monde, j'ai constaté, avec peine et amertume, le déclin progressif et inéluctable de nos deux provinces salésiennes françaises - réduites à une seule désormais, depuis août 1999 - et la chute tout aussi progressive et inéluctable des vocations diocésaines - avec le déplacement de l'espérance ( ? ), reportée sur les vocations diaconales.
J'ai pu me rendre compte du même phénomène dans les pays de culture asiatique et/ou européenne- que je connais : Japon, Allemagne, USA...-, où la " modernité ", à la fois technologique et économique (la nouvelle culture) l'emporte auprès des jeunes générations.
Je me suis souvent demandé comment j'avais pu, pour ma part, éviter d'être contaminé par tous les miasmes qui semblent avoir attaqué tant de confrères et de camarades de ma génération, alors que j'étais tout autant qu'eux mêlé aux affaires, intérêts, délices, fascinations, appels et dangers de ces mondes de la nouvelle culture, et même, de par ma nature, plutôt enclin à les courir, ces dangers, plus qu'à m'en éloigner prophylactiquement.
Je suis audacieux - témérité incluse ! - et curieux de tout jusqu'à la boulimie. Je me suis sans cesse exposé, sans volonté de suicide moral, mais toujours avec la claire conscience des risques encourus.
Je sais, et je dis avec Paul, que " je suis ce que je suis par la grâce de Dieu " : mais est-ce à dire que ceux qui n'entendent pas d'appel ou qui ne le suivent pas quand ils l'entendent, sont eux aussi ce qu'ils sont par la grâce de Dieu ?
C’est le genre de questions qui m'agitent : car suivant la réponse que je leur apporte, il me faut agir en conséquence, et par exemple, pour cette

Première question, ne pas craindre de répondre que pour l'instant, c-à-d pour ce temps qui est le nôtre - le passage du 2e au 3e millénaire - Dieu n'appelle pas ou bien que nous - la hiérarchie de l'Église Catholique Romaine : évêques, prêtres et diacres, et son aile charismatique, les religieux et religieuses - ne sommes plus du tout " appelants " (si c'est aussi sur le témoignage que repose une partie non négligeable de " l'appel ").

En fait - seconde interrogation - il semble que " nous n'intéressions plus " : (en dehors des JMJ triennales ! ), je parle de la vie chrétienne ordinaire, quotidienne, visible - celle de la paroisse, de la catéchèse et de l'aumônerie, de l'administration des sacrements et du culte en général (surtout baptême, mariage et enterrement ! ), de la messe dominicale... Ni ce que nous proposons, ni la vie que nous menons !  J'écris cela avec tristesse : pas en pensant à moi, mais à tous ceux qui sont dans cette situation !  Car pour ma part, j'éprouve une telle joie : à célébrer la messe, à prêcher, à enseigner, à préparer parents, futurs époux, familles aux grands rendez-vous de l'existence... Là encore,

Troisième interrogation :
pourquoi n'éprouvent-" ils " pas ce que moi j'éprouve depuis toujours ?.
Je me réponds souvent que, personnellement - c-à-d en tant que prêtre moi-même - je suis " acteur " et n'ai rien à " subir " d'aucun " ministre du culte" ! Je " fais à ma manière " - c'est d'ailleurs la seule dont je sois capable ! Et je dois malheureusement avouer en toute franchise, que lorsqu'il m'arrive de devoir " assister " à un culte dont je n'ai la maîtrise ni du déroulement ni de l'animation, eh bien, ... je m'ennuie très souvent ! Et si je me retire pas, c'est pour éviter tout scandale et manque à la charité - ou à la solidarité !
Bien sûr - et " on " aura dogmatiquement raison de le faire remarquer - la réalité et " l'opérativité " du sacrement (son effet) ne dépendent en rien de la dignité du ministre ni de l'esthétique de la cérémonie !
Je crois que j'arrive personnellement à l'admettre - en me faisant quand même quelque peu violence.
Mais allez exiger cela d'une génération dont les fonctionnements mentaux ne peuvent plus tolérer ou tolèrent très mal - surtout quand cela devient l'habitude - la bonne volonté incompétente !
" On " est prêt à faire un effort, mais " on " attend du progrès, du changement, de la "modernité " : et ce, quelle que soit la cruauté involontaire du propos, de l'attitude ou du comportement !
Il en va de même pour l'école ou les loisirs ! Et l'adulte qui ira répétant, qu' " ils " devraient comprendre, et que chacun fait ce qu'il peut... sera en paix avec sa propre conscience - encore que... ! -, mais il ne répondra pas à la question :
Pourquoi si peu d'intérêt pour les choses de la religion (catholique romaine) et pour ses ministres/ministères ?
Pourtant les mystères enthousiasmants que nous célébrons, les compétences multiples que nous sommes censés posséder, la grâce d'état de l'ordination et des voeux de religion, l'Esprit et ses sept dons dont nous sommes les tout premiers bénéficiaires, notre foi en l'homme-dieu, mort et ressuscité, et vivant aujourd’hui... tout çà ne se voit plus, ne se sent plus, n'a plus de valeur, n'est plus " attractif " ? ? ?

Quatrième interrogation : qui/que sommes-nous devenus ?
Une organisation parmi les autres organisations ?
Une fonction et un service publics parmi les autres fonctions et les autres services publics ?
Un trait historico-idéologico-culturel servant de référence, avec d'autres, pour une identité nationale et/ou internationale ?
Banalisation : il semble que nous nous soyons laissés banaliser, et que l'histoire du christianisme depuis Constantin n’ait été qu'un long processus d'assimilation au paganisme indéracinable qui est la permanente corticale de l'être humain, depuis les cavernes jusqu'aux mégalopoles.
L'Église du Christ semble n'avoir jamais bien entendu - ni compris ni toléré - les cris de ses " ouvriers spécialisés " du charisme que furent Antoine d'Égypte, Benoît de Subiaco, François d'Assise, Catherine de Sienne, Ignace de Loyola, Thérèse d'Avila, Foucauld de Tamanrasset... Et Vincent de Paul, et Benoît Labre et Jean Bosco...
Et, en premier lieu, Jésus de Nazareth...
Pourquoi - indépendamment de l'époque et du lieu - étaient-ils si "attractifs" ?... Parce qu'ils faisaient ce qu'ils faisaient d'une certaine manière ! C'est cette manière-là que sous avons perdue, et nous ne savons plus comment faire ! Car cette manière-là ne dépend pas du faire mais de l'être même, de notre être.
D'où la question que je me pose : Qui/que sommes-nous devenus, pour n'être plus capables d'incarner ce type d'être-là !

 

POURQUOI UN OMV ?

L’idée directrice est d’étudier la vocation humaine sous tous ses aspects,
  • D’abord comme un " mouvement social " ;
  • Initialisé dans un " moment d’extase " de l’histoire personnelle et collective (Jésus et les Apôtres en leur temps) ;
  • Qui oblige les acteurs à construire et à dépasser leur subjectivité ;
  • Pour l’inscrire dans un " vouloir être collectif ".
Notre société post-moderne tend à substituer aux enjeux sociaux (les grandes institutions), des enjeux culturels (l’attention anthropologique et culturaliste aux styles de vie) : elle met en valeur " le sujet " qui, en tant qu’acteur social, construit lui-même le sens de l’histoire - son histoire - au lieu d‘en être le simple porte-plume.

Il nous faut pratiquer un " prophétisme incertain ", pour comprendre et nommer les changements qui s’annoncent (depuis un certain temps déjà), et qui nous forcent à accepter l’imprévisibilité de l’histoire. Cette démarche, si elle devait se révéler méritoire, n’en demeure pas moins fragile.

 

Ainsi donc :
un OBSERVATOIRE : il s'agira en effet d'observer, d'abord !  Observer quoi ? La vie, telle qu'elle est ; la culture, telle qu'elle est ; la jeune génération telle qu'elle est ; l'Église, telle qu'elle est !

 

Cela a l'air simple, ou semble avoir déjà été fait mainte et mainte fois ! C'est sûrement vrai ! Mais nous nous sommes - à mon avis - cantonnés jusqu'ici dans des études de religiosité sociologique, de motivations psychologiques et de résultats statistiques à partir de présupposés traditionnels qui ne pouvaient aboutir qu'à des conclusions traditionnelles. Et puis, c'est du point de vue théologique objectif que cela a été considéré, du genre :

  1. La foi vient de Dieu ;
  2. C'est Lui qui appelle ;
  3. L'homme doit répondre à cet appel avec générosité et abnégation ;
  4. Si cette génération est sourde à l'appel de Dieu, c'est qu'elle est matérialiste et hédoniste ;
  5. La vie est trop facile ici: dans les pays pauvres ou en proie à la persécution, on ne se pose pas toutes ces questions, on y va (et on vous cite, suivant le partenaire et la sensibilité, l'Inde, la Chine, le Brésil ou l'un ou l'autre pays africain) ;
  6. Souvent la démonstration se termine par le constat: " Il n'y a plus assez de foi ! "

Toutes choses éminemment vraies, selon une problématique qu'on appellerait déductive, et qui fonctionne comme fonctionne le dogme, ou les postulats mathématiques. On pose une vérité au départ, et tout le reste doit en dépendre et découler ! Jamais n'est remise en question la position de départ : ce serait un crime de lèse-révélation !
Jamais ( ! ? ) ne sont envisagées les questions :

  1. Comment Dieu procure la foi, comment se révèle-t-il à l'homme d'aujourd'hui ? ;
  2. Quels sont les canaux inusités par lesquels il pourrait appeler ? ;
  3. Comment se vivent dans le monde contemporain la générosité et l'abnégation ? ;
  4. L'ambiance matérialiste et hédoniste de notre époque ne produit-elle pas d'autres opportunités de révélation, comme jadis l'occupation romaine ou l'attente d'un messie, ou encore les rivalités sectaires de l'antiquité tardive ? ;
  5. La vie n'est jamais facile, et pour personne: le chômage, les maladies, les inégalités sociales et les conflits raciaux, sans compter l'exclusion économique et culturelle...rendent-ils si facile que çà, pour la génération qui monte, l'accès à une place au soleil? À ce type de conditons socio-économiques et culturelles, ne pourrait-il correspondre des types de vocations inédites, encore à inventer donc, et qui, incontournablement, changeraient quelque peu, et même beaucoup, la face de l'Église et des chrétiens ? ;
  6. La foi peut-elle se vivre aujourd'hui comme aux temps où l'Église avoue maintenant avoir commis toutes ces fautes, ces erreurs et ces péchés - dont il est bien porté de se repentir aujourd'hui - sans oser la moindre tentative de changer ce qui a provoqué toute cette faillite ?

 

OBSERVATOIRE MÉDITERRANÉEN : qui peut encore avoir l'impudence d'émettre une observation sur ces questions - dans les domaines évoqués du paragraphe précédent, en prétendant parler urbi et orbi ? Pas moi en la circonstance !  Nice et son diocèse sont " situés " de façon suffisamment spécifique, pour permettre une observation qui, elle aussi, doit demeurer humble dans sa spécificité.
La population des côtes méditerranéennes développe des caractéristiques que ne possèdent pas les populations de la Vistule, du Fleuve Jaune ou de l'Orénoque : et vice versa. La Méditerranée est un melting pot, non seulement de type culturel et civilisationnel, mais aussi dans le domaine génétique : je ne serai pas le premier (voir Braudel et Gentine, entre autres) à soutenir :
qu'avoir grandi sur les rives de la Mer Intérieure, c'est avoir hérité
  • De l'esprit d'entreprise des Phéniciens ;
  • De l'universalisme spéculatif des Grecs ;
  • De la citoyenneté sans frontières des Romains ;
  • De l'argutie incontournable des Byzantins ;
  • Du raffinement exacerbé des Arabes ;
  • Avant les sommets esthético-politiques des Espagnols, des Italiens et des Français !


Il ne s'agit pas ici de mépriser qui n'est pas Méditerranéen - quoiqu'on puisse penser combien ces hommes sont enviables !  Il s'agit simplement de comprendre que certains schémas d'analyse, de diagnostic puis de programme établis en postulats puissent ne pas convenir à

une " race " qui est restée radicalement païenne - à la grecque, c-à-d
  • Respectueuse de dieu, des dieux, de tous les dieux, sans croire en aucun d'entre eux en particulier (mythologie et " dieu inconnu " ) ;
  • Sensible à la beauté, au point de l'adorer comme une déesse (Aphrodite) ;
  • Inventive en matière de mystère, culte, magie et superstition (mystères) ;
  • Rebelle à toute inféodation, mais laxiste assez quant à l'éthique, pour se " prêter " à tout opportunisme (commerce maritime) ;
  • Industrieuse et géniale pour les arts et les science (Sophia Antipolis) ;
  • Foncièrement pessimiste et/ou fataliste quant à la vie et à la mort, pour n'être en définitive que " conscience triste sous tous les soleils " !


Un observatoire méditerranéen devra d'abord étudier la Méditerranée, avant d'émettre une quelconque hypothèse sur les conditions de possibilité d'émergence de vocation dans ce bassin !

(OBSERVATOIRE MÉDITERRANÉEN DE LA) VOCATION : en voilà un terme, lourd de toutes les idéologies et les projections les plus contradictoires !

Et d'abord, c'est intentionnellement que je l'emploie au singulier dans ma proposition. Cet observatoire devrait prendre au sérieux, à là fois dans sa juvénilité - donc dans son caractère naïvement absolu - la demande du Jeune Homme Riche (JHR) à Jésus :

" Bon Maître/Rabbi/M. le Professeur, que dois-je faire pour connaître un bonheur qui ne finira pas ? " C-à-d d'un bonheur qui ne me décevra pas !

Comment faut-il que je m'y prenne pour ne pas louper ma vie ?


J'ai derrière moi plus de 22 années d'enseignement, tant en Lycée qu'en Université. Dès mon retour en Europe, j'ai postulé un enseignement dans les écoles supérieures de commerce - puisque mes nouvelles responsabilités m'imposent cette discipline - plutôt que les lettres et les sciences humaines d'où je viens. J'aurai donc passé toute mon existence - ou quasi - en tant qu' élève ou enseignant !... Je me souviens que la question du JHR, je l'ai posée moi-même à mes maîtres. J'ai eu de la chance : c'était de bons maîtres. Ils ne m'ont pas trompé. Et le choix de vie que j'ai fait me convient et me procure une joie permanente. J'ai le sentiment que je puis dire :
- j'ai suivi ma vocation ! 
- Stendhal disait : Heureux l’homme qui de sa passion a fait son métier ! -
C’est mon cas ! . Il se trouve que je suis chrétien, religieux et prêtre. Je n'ai " voulu " ni le premier ni le dernier. Je suis né et ai été - intelligemment !  - éduqué dans cette foi ! J'ai été sollicité - cet appel fut même téléphonique ! - d' envisager le sacerdoce comme un service supplémentaire que me demandait mon ordre : je ne m'y suis pas dérobé. Je suis heureux de l'avoir fait. En revanche, j'ai " voulu " être religieux, et religieux salésien : si j'ai une vocation, elle est religieuse avant tout. Et c'est pourtant, paradoxalement, elle, qui m'a offert le plus de difficultés - celles venant des frères - comme nous en avertit bien l'évangile...

Je suis d'avis que les éveilleurs et accompagnateurs de vocation devraient conjuguer certaines qualités humaines et spirituelles spécifiques ! Et se demander en quoi a bien pu consister l'impact de Jésus sur Jean, de Paul sur Luc, de Vincent de Paul sur Louise de Marillac et de Jean Bosco sur Dominique Savio, pour que puissent naître Évangiles, Actes et Apocalypse, Filles de la Charité et Salésiens !

Quel impact sur quel terrain?
Voilà d'abord la vocation !
Avec les conditionnements spatio-temporels de la culture et de l'histoire.


Car il s'agit d'être heureux et de trouver sa voie vers le bonheur ! Ce bonheur sera différent selon chacun, même s'il doit être ordonné au même but !  " Montre-nous le chemin ! ", demande Philippe ! Sans savoir qu'il s'adressait au chemin, précisément !

Le " Viens, suis-moi ! " est toujours l'aboutissement d'un processus, même si ce dernier peut être parfois fulgurant : il a fallu quelques échanges seulement entre Jésus et le JHR, mais il a fallu tant et tant d'années entre lui et Augustin, François et Ignace - le Berbère, l'Ombrien et le Basque ! - Et chacun de façon tellement appropriée à sa nature et à son environnement : le confort oriental d'un jardin hellénistique de l'Afrique romaine, la route poudreuse d'une fin d'après-midi, noyée d'une lumière à la Giorgione, le lit rude et froid de convalescence pyrénéenne d'un militaire défait !
La circonstance ? Une visite de courtoisie ou de travail à un collègue avocat converti au christianisme ; la rencontre inopinée d'un lépreux condamné à l'errance autour des villes ; une carrière de soldat aussi brisée que sa rotule le fut à la bataille de Pampelune contre les Français !
Leur réaction, quand ils ont entendu - à leur heure ! - l'appel ? Augustin se fait baptiser, et deviendra évêque et docteur de l'Église ; François embrasse le lépreux, rebâtit une chapelle en ruines et fonde les Franciscains ; Ignace s'en remet totalement à son nouveau - et définitif - Seigneur, retourne à l'école, et s'en va fonder une armée pour le Christ-Roi : la Compagnie de Jésus !

Il semble - mais je suis certainement partial !  - que c'est vraiment chez les religieux que la vocation a le plus de charme(s), ou si l'on préfère, le plus de spontanéité et de familiarité - le plus de naturel !

Pourquoi ? Parce que le religieux a été appelé en plein coeur de son charisme propre, et qu'il continuera à l'exercer, ce charisme, dans l'acquiescement à l'appel. Au fond, il continuera de faire ce qu'il a toujours fait et qu'il sait le mieux faire, mais désormais ce sera dans le sens de la volonté de son nouveau patron : le Christ !
Le Paul d'avant et d'après Damas est le même, mais à l'envers : metanoïa !  Tout son génie de persécuteur deviendra le génie de l'Apôtre ! La redoutable intelligence d'assises de Maître Augustin, la fantaisie enjouée de Messire François et le génie militaire du Capitaine Ignace : nous les verrons désormais au service de Jésus, mais dans leur " spécialité " !
Je pense que c'est au charisme qu'il faut évaluer, encourager, éduquer et discerner une vocation : si l'on doit repartir pour l'évangélisation du monde, c'est avec des troupes, dont chaque soldat appartient à un corps d'armée à la spécificité bien profilée : une armée de métier, si l'on veut, où l'intéressé continuera d'exercer sa spécialité au service de son nouveau maître !
Autrement dit, en matière de vocation sacerdotale, comme de vocation religieuse, depuis les débuts - la formation philosophico-théologique est, peut-être, - certainement même - nécessaire, mais n'est, - tout aussi certainement -, pas suffisante.
" Si l'usine à curés rabote tout ce qui dépasse, elle finira par produire définitivement des clones : incolores, inodores et sans saveur ! " Je me cite ! ;-)

 

UN OBSERVATOIRE MÉDITERRANÉEN DE LA VOCATION (OMV)
n'est donc
  • Pas plus une cellule stratégique pour l'entrée au séminaire ;
  • Qu'un groupe de travail de sociologie de la religion.
C'est un atelier
  • de réflexion, d'interrogation et d'investigation ;
  • puis de théorisation, de formalisation et d'application ;
en matière d'étude
  • des mentalités en " site ",
  • des back grounds existentiels et idéologiques,
  • des attitudes mentales conscientes et inconscientes,
  • des comportements spontanés et identitaires,
  • des exigences morales et spirituelles du temps,
  • des charismes personnels à discerner,
  • des projections personnelles et groupales,
  • des valeurs, convictions et principes pour l'action...
dont les participants varieront suivant les moments, mais comprendront
  • des adultes en situation d'éveil et d'accompagnement,
  • des adultes en situation " professionnelle " - c-à-d actifs où que ce soit, dans la société et dans le monde, mais - dont la conscience est d'accomplir leur vocation,
  • l'un ou l'autre expert, au besoin,
  • et des " jeunes ", des JHR, en demande de bonheur, et même de bonheur qui ne finit pas,
  • ainsi que des " à peine moins jeunes ", dont la conscience est d'être sur le chemin d'accomplissement de leur vocation,
et dont la tâche sera
  • de rédiger des notes d'observation - datées et circonstanciées;- dans tous ces domaines ;
  • d'en corriger sans cesse les résultats en fonction des découvertes ultérieures ;
  • de mettre ces observations, sur demande, à la disposition de tous ceux qui sont impliqués, par mission et/ou mandat - ou " par vocation " - à traiter de ces choses avec les JHR de leur environnement.

 

LA RÉFLEXION

Les réflexions qui suivent émanent d'une drôle de rencontre sur ma table de travail !
  • N° 4-5, 1999, des Documents Épiscopat, sur " Les Prêtres diocésains. Leur ministère et son avenir en France ", et
  • Jean-Marie Cardinal LUSTIGER, " Les prêtres que Dieu donne, DDB 2000 ",
avec
  • Challenges(revue d'économie), N° 8, juin 2000, et son enquête spéciale sur 'ce que la nouvelle économie va changer pour vous' ! et
  • Le " Survey E-management ", de The Economist, 11th November 2000.


A – Le document ecclésiastique

Commence par évoquer ce qu'il appelle " la réorganisation ecclésiale " soumise à divers facteurs et changements :
  • les concentrations urbaines ;
  • la raréfaction du tissu chrétien ;
  • les besoins nouveaux des communautés chrétiennes ;
  • le développement de la prise de responsabilité des laïcs - dont l'accès au ministère ordonné du diaconat peut être considéré comme une reconnaissance implicite de l'intégration dans le sacerdoce général des fidèles du couple chrétien en tant que couple ;
  • ainsi que la restructuration des nouvelles paroisses, comme un des lieux de vérification.

Ce même document eût pu, en les cataloguant, spécifier que ces facteurs de changement sont en fait les rappels nécessaires que :
  • Les chrétiens ont d'abord été des citadins et que c'est dans la V(v)ille que le christianisme s'est d'abord enraciné et développé ;
  • Le phénomène expansion/récession est une loi ordinaire de développement diversifié suivant l'histoire et le territoire : cf. l'Afrique du Nord d'Augustin d'Hippone, et celle d'aujourd'hui. Et si Matteo Ricci avait été suivi... ;
  • Les communautés, chrétiennes ou autres, ont toujours des besoins nouveaux, et que c'est pour avoir continué de satisfaire des besoins obsolètes qu'on a fini par les désespérer de se voir satisfaites ;
  • Si on veut bien reconnaître la structure tripartite du sacerdoce unique en les 3 ordres épiscopal, presbytéral et diaconal, l'appel recrudescent des diacres - pour pallier en la conjoncture le manque de prêtres, quoi qu'on en dise - n'est qu'une démarche ancrée dans la tradition la plus pure de l'Église de Rome et signifie la diversité du sacerdoce catholique depuis l'origine, dans lequel le mariage n'est pas exclu a priori ;
  • Quant à la restructuration des paroisses, il y a bien longtemps que cela eût du être entrepris depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, si l'on avait écouté démographes et sociologues, historiens de l'Église et de la religiosité : être poussé au changement et le précéder, c'est toute la différence entre la contrainte et l'initiative.

Dans un second mouvement, le document épiscopal propose une analyse de type anthropologique des prises de conscience et du nécessaire recyclage du prêtre, saisi dans cette tempête du changement :
  • Il douterait désormais de ses capacités à assumer sa charge et le changement lui-même ;
  • Formé de façon " spécialisée " (le culte, les sacrements, le dogme), il manquerait de la pluridisciplinarité élémentaire qui lui permettrait d'être un homme diversifié sinon multiple ;
  • La rigidité de sa formation l'aurait rendu en outre incapable da faire évoluer significativement sa manière d'exercer le ministère ;
  • Il devrait apprendre à pratiquer une fraternité nouvelle (pour lui) avec les diacres permanents et leurs épouses ;
  • Il devrait aussi apprendre à vivre au sein d'un nouveau presbytérium !

 

Là encore, le document décrit des symptômes : il n'analyse ni les causes ni les significations de ces constats que tout le monde peut faire. C'est-à-dire qu'il ne s'autorise pas de juger de la qualité des formations humaine et spirituelle qui furent le lot des dernières générations de prêtres.
  • Comment se sentir capable d'assumer quoi que ce soit, si la personne en nous n'a pas été estimée, positivée, développée et reconnue dans son individualité et son originalité, lors de la formation ?
  • Former des fonctionnaires, de l'État ou de l'Église, c'est la même chose : surtout pas d'initiative, ni dans la pensée ni dans l'action : dites la messe..., baptisez..., prêchez " Rome "...,on s'occupe du reste !  Comment être alors " un homme pour toutes les saisons " ?
  • Les initiatives ne peuvent être prises que par une personne libre et autonome, devant sa conscience, ses supérieurs et Dieu ;
    Par une personne capable de se tromper sans être accablée par son erreur, capable d'imaginer sans paranoïa, capable d’être prudente sans couardise...
    Inventer suppose un énorme travail de préparation et une forte dose de civil courage !
  • Partager le travail et la vie de ses collaborateurs et de ses frères et soeurs dans la foi suppose un minimum d'aptitude à la vie en communauté. Quoi qu'en disent certains prêtres dits séculiers ou diocésains, un minimum de vie communautaire " à la façon des religieux " est incontournable. Augustin, encore lui, l'avait bien compris, qui voulait que les prêtres de son diocèse vivent " comme des religieux " (Règle de St Augustin).
  • Le nouveau presbytérium sera entre autres et surtout caractérisé par une redistribution des tâches, des rôles et des " grades " : si certains membres du clergé diocésain sont accrochés aux avantages acquis (si un curé ne peut être " rétrogradé " au rang de vicaire, un doyen au rang de curé ou de vicaire, etc., sans crier au crime de lèse-ecclésiastique ! ) , alors c'en est fini de notre mobilité et de notre souplesse ecclésiales et personnelles de " serviteurs inutiles " : nous faisons du " zébédéisme " !

Suivent 2 annotations - tout à fait judicieuses pour notre propos - qui renvoient à une attitude objective d'appréciation, ce qui est absolument nécessaire dans ce type d'analyse :
  • le discernement qu'on appliquera en ces crises (changements), c-à-d la manière dont sera assumée et vécue la confrontation avec cette situation, sera un critère de vérification de notre vérité par rapport à Dieu ;
  • le spirituel est à ré-inventer/investir, car le ministère est une Aventure de la Foi : c'est en effet en exerçant leurs ministère que les prêtres progressent dans la foi.

Peut-être les membres de la Compagnie des Prêtres de St Sulpice - à qui nous devons cette étude - n'ont pas tiré toutes les conclusions de ces 2 expressions : notre vérité par rapport à Dieu et aventure de la foi. En effet une telle attitude mentale est celle des Grandes Fondations : à la fois
  • ré-volutionnaire : car elle re-tourne les situations. La mutation du symbole de la croix, qui d'instrument de supplice infamant est re-tourné en Vexilla Régis (Étendard Royal) en est la source et le paradigme ;
  • audacieuse : car elle in-augure. Avec Constantin, la toute nouvelle chrétienté officielle calque - à tort ou à raison, et à ses propres risques - la distribution de ses territoires impériaux sur le tracé des régions militaires des légions romaines : diocèse = diocesis = région militaire.

" Le vent se lève : il faut tenter de vivre ", dit le poète. " L'Esprit souffle : il faut se mettre dans sa mouvance ", pourrait être une traduction possible de ce vers de Baudelaire, pour re-tourner nos échecs, et entreprendre du neuf !

 

Le tableau final, que j'élabore en tenant compte de tout ce qui précède, propose une façon de programme :

L’enracinement spirituel Mène à la contemplation
La formation permanente Mène à lier partie avec le Peuple de Dieu, tel qu'il vit sur un territoire donné
La réflexion régulière: supervision Mène à Rassembler tout l'homme, tous les hommes, toute valeur humaine




A bis – Les réflexions d’un/du cardinal

L’avertissement (p.7) en dit toute la relativité, les limites, les manques et à la fois souligne une double nécessité ;
  1. " faire bouger la manière de poser les questions, qui, sans cela, paraissent insolubles...
  2. et rendre la liberté d’imaginer et d’espérer ".
Les manques que recense le cardinal semblent être au nombre de 3 :
  1. les fondements du sacerdoce ministériel des prêtres ;
  2. des projets d’organisation de la vie de l’Église ;
  3. comment annoncer l’Évangile dans les conditions nouvelles.
Mais dès l’ouverture, il évoque ce qui lui apparaît comme " la vraie question (sic ! ) " :
" La mission des baptisés et de leurs pasteurs: qu’est-il requis pour qu’elle s’accomplisse selon le cœur de Dieu ? Seule la mémoire des dons de Dieu peut aider à discerner les enjeux qui, aujourd’hui comme hier et demain, sont d’ordre spirituel ".


Les 50 premières pages s’adonnent à des éclairages d’histoire ecclésiologique (des chiffres, nihil nove sub sole, les mutations sociologiques etc.).
Les pages 51 à 126 constituent des considérations-clichés que l’on retrouve dans toutes les enquêtes et études de sociologie religieuse depuis la fin de la 2e Guerre Mondiale(une génération nouvelle, paroissiens et pasteurs ; la vie religieuse et les vœux de religion).
Des pages 129 à 149, consacrées par leur titre à la vocation, - et dans lesquelles, de nouveau, rien ne vient solliciter l’initiative - je retiendrai cependant deux propos, qui semblent s’exclure, mais où l’on peut penser que le cardinal y voit cette position paradoxale propre à ce type de vocation : à la fois être " performant " et " partie intégrante et intégrée d’un corps indissociable " :
  • " Quand dans une entreprise on veut améliorer la rentabilité, on " dégraisse ". Mais tel n’est pas le fonctionnement de l’Église. Les spécialistes du " management " ont peut-être des leçons à donner au clergé. Mais il leur est difficile de comprendre que les prêtres sont comme les membres d’une famille, donnés les uns aux autres, qu’ils forment un corps - le presbyterium - où ils sont des frères. Une fois qu’on est entré dans ce corps, il faut porter les fardeaux les uns des autres. C’est une société d’où l’on ne " vire " personne !  "
  • " Il faut qu’ils (les prêtres) soient libres, sereinement, dans la force même de l’Évangile. (La sainteté  ?)
    • Libres et forts pour maintenir l’intériorité face à l’univers de l’image qui rapatrie tout dans l’instant. (La mystique  ? )
    • Forts à l’égard du désir et de la richesse, sans jamais être violents.(Le détachement  ? )
    • Forts de l‘audace qui amène à ramer à contre-courant.(L’anti-conformisme  ? )
    • Forts de la charité qui pousse à expliquer sans se laisser enfermer dans des catégories.(L’intelligence du coeur et la liberté de l’esprit ? )
    • Forts de l’Esprit Saint pour accepter la croix quand elle se présente. (Le " civil courage " chrétien  ? )
    • Forts à l’heure du témoignage à rende à celui qui les a saisis, corps et âme, cœur et mémoire, et qui les appelle pour rassembler l’humanité entière dans son Église, pour sa gloire. " (La fidélité et la conscience professionnelles  ? )

C’est là que nous constatons le paradoxe cardinalice : il faut avoir les qualités managériales, (que lui-même possède sans aucun doute, dans la conduite de son archi-diocèse ! ), mais sans être le manager sans cœur ni âme (ce que certains lui reprochent d’être, à tort ou a raison) du libéralisme capitaliste avancé !

Les pages 151 à la fin (172) sont les plus intéressantes pour notre propos : et surtout celles qui relatent une expérience parisienne de plus de 15 ans : il s’agit de l’idée  :

" d’une année spirituelle ":
  • Pour enraciner la conversion en profondeur ;
  • Pour ouvrir le chemin de la formation sacerdotale ;
  • En comprenant qui sont les hommes que Dieu appelle aujourd’hui ;
  • Pour mettre au clair l’idée même de la " vie spirituelle ", de sa spécificité et de sa force avec le sacerdoce ;
  • Pour qu’elle devienne le fondement intégrateur et unificateur de toute la formation ultérieure.

 

Trois orientations :
  • compenser les carences de l’éducation familiale ou scolaire antérieure par une " formation intellectuelle et culturelle " ;
  • discerner pou valider un projet de vocation sacerdotale, ce qui conduit à envisager une " formation spirituelle pour le discernement de la vocation " ;
  • fonder spirituellement l’évolution ultérieure des candidats.
Mise en œuvre :
  • Chaque candidat est appelé à fonder sa vie dans la rencontre personnelle et libre avec le Christ, choisi comme maître de son existence : prière, régularité sacramentaire, lectio divina, vie fraternelle, silence, solitude, rencontre avec le pauvre, directeur spirituel, avec quelques cours (credo, liturgie, bible, histoire de la spiritualité), centrés sur le baptême zegt l’appel à la sainteté qui en découle ;
  • Pour acquérir au moins une certaine responsabilité dans la gestion de leur vie spirituelle et une certaine maturité dans lkeur choix de vouloir devenir prêtres.
Le discernement, comme instrument de vérification :
  • Des aptitudes ;
  • De l’intention droite ;
  • Et de la libre décision de répondre à l’appel de Dieu pour le service de l’Église dans le clergé diocésain.
Trois remarques qui en disent long sur un comportement DRH (Direction des Ressources Humaines : Managers de tous les pays, unissez-vous ! )

  • " Réunir des hommes et des moyens !
  • Nommer... des prêtres suffisamment mûrs et pédagogues !
  • Ceci suppose la décision d’investir des forces vives dans une telle mission ! "

 

B - Le premier document économique

publie les résultats d'une enquête à propos de ce qu'est et de ce que suppose chez ses acteurs, la nouvelle économie (E.trade = commerce électronique).
Ce qu'est la nouvelle économie ?
  1. Une nouvelle conscience ;
  2. Une nouvelle façon d'acheter ;
  3. Une nouvelle façon de travailler ;
  4. Une nouvelle organisation ;
  5. Une nouvelle façon de risquer ;
  6. Une nouvelle façon de produire ;
  7. Une nouvelle façon de faire payer/d'évaluer le retour ;
  8. Une nouvelle façon de gouverner ;
  9. Une nouvelle égalité ;
  10. Un nouveau défi personnel.
Ce qu'elle suppose chez ses acteurs  ?
  1. Une certaine infidélité : il faut changer de site (guerilla = guerre de mouvement et non de position) ;
  2. Toujours plus de compétence(s) : à diversifier (pluridisciplinarité, pensée complexe) ;
  3. Une insatiable soif d'apprendre : toujours et autre chose (ouverture d'esprit, curiosité, formation continue) ;
  4. Une juvénile impatience : allez-y !  (va en eau profonde ! ) ;
  5. Une authentique humilité : on se sait jamais tout , et habituellement jamais suffisamment (que sais-je ?) ;
  6. Cultiver la solidarité : travailler en réseau (alter alterius onus portate).

 

B bis – Le second document économique

Le titre de l’article est : " How to be an e-manager (comment être un manager en ligne) : on en décrit le profil en 10 traits.
  1. Rapidité de la décision, mais sans précipitation : la bureaucratie tue ! 
  2. Qualité, plutôt que la quantité : sens de l’équipe, de la délégation, de l’information, de l’innovation et du suivi ;
  3. Ouverture : c’est le nom de la nouvelle stratégie, avec la confiance et la volonté ;
  4. Aptitude à collaborer et à faire collaborer : rassembleur d’hommes et chercheur d’opportunités ;
  5. Discipline, sans rigidité, mais avec le respect des protocoles et des procédures ;
  6. Communication " in " et " out " : élaboration de stratégies communicantes souples et intégrées ;
  7. Intelligence de l’expression : interpersonnelle et homme-machine (recherche-internet) ;
  8. Focalisation sur le service clients : étude des besoins et profilisation des réponses ;
  9. Gestion de l’information : accumuler des databases spécifiques, développer la capacité de leur exploitation et leur ré-actualisation ;
  10. Exemplarité des responsables : capables eux-mêmes d’apprendre et de se renouveler dans les domaines de responsabilités de leurs subordonnés.
Ceci est un défi à relever dans une période des plus excitantes : l’aventure peut sembler effrayante et épuisante, elle n’en demeure pas moins incontournable. Elle peut même devenir un véritable plaisir ! 

 

C – Deux Questions

Le lecteur comprendra et verra immédiatement les analogies frappantes et permanentes que l'on peut établir entre les différentes analyses ! 
  • N'y a-t-il pas là de quoi méditer sur des profils futuribles de notre activité et de ses acteurs ?
  • N'y a-t-il pas là de quoi se demander pourquoi les routes du commerce ont toujours été les routes des missionnaires et combien il fallait d'une certaine façon être " des ambassadeurs et des aventuriers de Dieu " pour accomplir une telle tâche ?

N'y a-t-il pas là certaines inspirations pour élaborer
" une nouvelle économie ecclésiastique ", capable
  • comme aux temps du Nouveau Monde des Franciscains et Dominicains,
  • de la Chine des Jésuites et de l'Amérique Latine des Salésiens
de proposer " un nouveau type de diacre-prêtre-évêque ",
qui ne serait que
le prototype mis au point un jour sur les routes de Galilée,
et que l'on reprendrait dans des " nouveaux séminaires " ? !

 

 

UNE INITIATIVE
" À LA RECHERCHE DES NOUVEAUX DISCIPLES "

Il s’agit d’un (mini-)Colloque


pour lancer une dynamique d’études, de recherches et de propositions pour notre région apostolique.

Réunir

  • quelques " experts "(sociologues, psychologues, anthropologues, théologiens...) ;
  • quelques " impétrants " (responsables des vocations et/ou de la pastorale des jeunes ; mais aussi jeunes " en situation " et/ou " engagés "
  • avec des responsables ecclésiastiques (évêques, vicaires généraux et/ou épiscopaux) de la R.A. : Aix-en-Provence ; Fréjus-Toulon ; Montpellier ; Ajaccio ; Gap ; Nice ; Avignon ; Marseille ; Nîmes ; Digne ; Mende + Monaco (12 diocèses)


pour répondre en flash aux questions suivantes :
  1. Qu’est-ce qui, de la vie sacerdotale pratiquée jusqu’ici, est obsolète, et est même devenu un empêchement à la pastorale dans ses différents aspects (paroisse, aumônerie, participations diverses à la vie de la cité...) ;


  2. quelles caractéristiques (qualités, compétences, sensibilités, etc.) devrait posséder " le nouveau disciple ", en fonction de ce qu’une observation objective de cette fin de millénaire nous apprend sur les exigences et nécessités pratiques du monde tel qu’il est devenu et des hommes tels qu’ils sont devenus  ?
  3. quelles mesures seraient envisageables pour le 3e millénaire - et qui " colleraient à la réalité que nous vivons " - en matière d’image, de recrutement, d’approche, d’accompagnement, de formation, de stages, de suivi etc.

Comment  ?

Quand  ? À l’occasion de la semaine annuelle des vocations, par exemple (mais tout autres W.E. conviendrait ! ).

Combien de temps  ? Cela dépend de notre décision.
Je propose :
  • le week-end (sans le dimanche) ;
  • du vendredi à 09:30 (arrivée la veille au soir, pour les plus éloignés), au samedi après le repas de midi (de façon que chacun puisse rejoindre son poste de travail pour le dimanche) ;
  • le déroulement pourrait être le suivant :
  • vendredi : 09:30 – 12:30 [Repas] ; puis 14:30 – 17:30 : communications et échanges (soit 6 heures), suivis de l’eucharistie. [Repas du soir, et " sortie en ville " : cinéma, théâtre, concert, tour de ville, collines de Nice illuminée...]
  • samedi : 09:30 – 12:30 : Évaluation entre responsables ecclésiastiques, dans un forum animé et régulé par les organisateurs (  ? ) : pistes de décision ad experimentum/création d’un comité de pilotage pour maintenir le suivi de la réflexion et des initiatives (soit 3 heures). [Repas] . Congé.
Tout cela totaliserait plus de 9 heures de travail.

Déroulement  ?
Imaginons
  1. 4 équipes de 2 ou 3 membres (responsables nationaux ; experts en sciences humaines et religieuses ; jeunes " en situation " ; laïcs " engagés " ;
  2. intervenant chacun 15 minutes sur le questionnaire ci-dessus (s’y tenir absolument, et remettre le texte de l’intervention, pour publication éventuelle) ;
  3. en 4 sessions, (2 le matin, et 2 l’après-midi du vendredi), comme suite :
  • Ouverture : présentation des travaux. Puis les sessions : 10&:00 – 11:00 (récré : café) ; 11:15 - 12:15 (récré : apéritif, repas) ; 14:30 – 15:30 ; (récré café) 16:00 – 17:00 (récré, messe, apéritif, repas) ;
  • chaque session comprenant les 2 ou 3 interventions de 15 minutes (soit 45 minutes environ), suivies de demandes de précisions rapides.

Où  ?
  • Le plus simple serait d’utiliser les locaux et facilités de la Maison du Séminaire de Nice ;
  • Mais peut-être le nouvel archevêque de Monaco aurait-il envie - et a-t-il les moyens pratiques  ? - de nous inviter, pour inaugurer, tout neuf qu’il sera encore, cette politique de recherche " des nouveaux disciples " !   ?

Frais  ?
  • Le voyage : aux frais des voyageurs(à moins de trouver des sponsors ! ) ;
  • Gîte et couvert : aux hôtes organisateurs ;
  • Les intervenants : intervention à titre gracieux (encore, à moins de trouver des sponsors ! ).

Intervenants  ?

Équipe 1. : L’autorité nationale :
Les Présidents des commissions et comités épiscopaux concernés ; le Coordonnateur du Service National des Vocations et/ou le secrétaire de la Commission de la Vie Consacrée

Équipe 2. : Les spécialistes : par exemple, entre autres à choisir (ou des " locaux ", tout aussi compétents ! )

Danièle HERVIEU-LEGER, sociologue des faits religieux
Tony ANATRELLA, psychanalyste
Maurice BELLET, théologien, écrivain et psychanalyste
René REMOND, le meilleur connsaisseur de la France catholique et de l’Église contemporaine
Jacques TURCK, curé de la toute nouvelle paroisse N-D de la Pentecôte, de la Défense, à Paris,
Patrick VALDRINI, nouveau recteur de la Catho de Paris,
etc.

Équipe 3. : Les jeunes " en situation "
1 jeune universitaire
1 jeune au travail
1 jeune en parcours sacerdotal et/ou religieux

Équipe 4. : Les laïcs " engagés "
Aumônerie
Services diocésains
Diacres
etc.

Le samedi matin, de 09:30 à 12:00
Matinée réservée à l’évaluation, où seront présents
  • Les ordinaires des divers diocèses de la R.A. avec leur staffs (de 12 à 36 personnes) ;
  • Toute personne invitée expressément par les autorités, comme observateur ;
  • Les hôtes-organisateurs

Nice le 15 Janvier 2001
Père Vincent-Paul TOCCOLI, sdb
DDC, Nice
frise bas


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