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INTERVENTION au COLLOQUE

« LE CYBERMONDE : UNE CHANCE POUR L’HOMME ? »

CERAM – Nice - Sophia Antipolis
Mardi 28 novembre 2000

 

PRÉLIMINAIRES

Cette présentation de mon ami Patrick Robert dit déjà assez quels peuvent être les écheveaux de préoccupations qui sont les miennes, aux divers titres de mes engagements professionnels, idéologiques et institutionnels.

  • Enseignant et chercheur, je ne peux me désintéresser de tout ce qui touche, atteint, transforme et développe l’information et la communication ;


  • Chrétien militant, prêtre catholique et méditerranéen irrémédiable, je ne peux me désintéresser de ce qui touche, atteint, transforme et développe le caractère « catholique », c.a.d. universel, mondial, global et holistique des cultures, des civilisations, des religions en matière d’expansion, d’influence et d’hégémonie ;


  • Membre d’une hiérarchie institutionnelle planétaire, avec une charge
    • à la fois typique,- car elle s’exerce dans un milieu, analogue aux milieux de toutes les autres technopoles internationales du monde,-


    • et atypique,- car elle s’exerce aussi au cœur historique et géographique de l’un des berceaux originaires des civilisations et des cultures mondiales,- sur un territoire voué par vocation à l’international et à l’interactif.


    Je ne peux me désintéresser de ce qui touche, atteint, transforme et développe le profil et le fond, les super- et infrastructures ainsi que les constellations nouvelles qui vont articuler très significativement les réseaux fonctionnels de l’humanité en général et de l’homme en particulier.



NOTRE CHARTE DE l’ADMORE 

- dont vous avez le texte,- stipule avec précision les buts que poursuit notre antenne :

  • Interroger les faits, les choses, les actions et les hommes par des biais et selon des approches inusités. Cad. ici, interroger


  • Le fait massif des cyber-réalités que sont la communication et le commerce électroniques ;


  • Les choses des cyber-réalités que sont les softwares et les hardwares, c.a.d. les logiciels et les machineries qu’ils animent ;


  • Les actions des cyber-réalités que sont les entreprises d’hégémonie planétaire dans tous les domaines, et en particulier :
    • les modèles culturels,


    • les comportements et les attitudes mentales,


    • les orientations idéologiques,


    • les convictions intimes, moteurs des décisions ultimes,


    • la manipulation et la colonisation du mental, etc.


  • Contribuer à lancer les principes,- même balbutiants, d’une éthique qui tient à se situer exactement là où un certain type d’homme entraîne un certain type de pratique :
    • un certain type d’homme, c.a.d. que nous avons une « idée » de l’homme, dont la liberté de pensée et d’action, la responsabilité devant l’histoire,- la sienne et celle de l’humanité,- la destinée et le bonheur au sein de la communauté humaine, et l’option du sens /non sens de l’existence…nous semblent,- entre autres,- des critères de vérification pour l’engagement,


    • un certain type de pratique, c.a.d. que nous ne sommes pas prêts à « faire n’importe quoi » avec les retombées pratiques des découvertes scientifiques, et qu’Internet,- et tout ce qui devient « e »- ou « dot »-quelque chose : e-trade, dot-com, etc. - ne doit pas devenir la nouvelle loi, le nouveau juge, le nouveau garant…de notre vie quotidienne, en charriant par toute la planète, tout ce qui s’offre, se vend, s’achète et se négocie en dehors de tout contrôle et de toute réglementation .


  • Se demander en quoi ce siècle et ce millénaire ont changé " l’homme intérieur " :
    • De même qu’en des temps plus anciens l’invention de la roue et de l’outil, la domestication du cheval & du feu, la maîtrise des routes océanes et des courants marins, la construction de la machine à vapeur et l’utilisation du transistor…ont significativement rendu le monde plus habitable, tout en changeant la vision de ce même monde (Weltanschauung) et de ses valeurs (passage du concept de « morale » à celui « d’éthique »)…de la même façon, mais plus accélérée, les génocides délibérés opérés au XXe siècle, le débarquement de l’homme sur la lune sous les Kennedy, la mise au point de la puce électronique à Silicon Valley et du génome humain en biologie... donnent de l’homme à l’homme une « réflexion » inusitée et inédite, qui exige de lui,- seul et en communauté,- de se prononcer à nouveau sur sa « vraie » nature, ses « vrais » droits et ses « vrais » devoirs ;


    • Ici, ce soir,- et au cours de nos trois autres rencontres,- il s’agira de se demander s’il est imaginable et comment, de maîtriser « autrement & à partir d’autres postulats » les nouveaux savoirs & savoir-faire » en matière de communication électronique.


  • Peut-on parler d’« un homme nouveau », et si oui, en quoi est-il si nouveau que çà ?


  • S’il faut perdre, ou laisser tomber dans les poubelles de l’histoire, certaines de nos élaborations culturelles, intellectuelles, morales et esthétiques ; s’il faut trouver dans sciences humaines, mathématiques et techniques de nouvelles sources humaines capables de rénover notre approche des phénomènes micro- et macroscopiques,…demandons-nous si cet homme « envisagé » est nécessairement un progrès aux yeux de l’histoire de l’humanité ;


  • Dans la multitudes de ses dimensions constitutives, qui nous font dire : « Ici, nous avons affaire à un homme ! », quelles sont celles dont la présence ou l’absence nous ferait affirmer ou infirmer sa réalité d’être humain ?


C’EST POURQUOI CETTE PREMIÈRE SESSION PORTE SUR « LA QUESTION DES QUESTIONS »

Oui, quelles questions peut-on, doit-on poser et se poser, quand on parle de Cybermonde et qu’on y entre, bon gré, mal gré ?

  • Voici un phénomène qui se généralise (mondialise, globalise) par automatisme accéléré, qui se totalise par ramification en réseaux générateurs d’autres réseaux, qui eux-mêmes, etc. et qui « instantanéise » et banalise tout événement et toute information sans aucun relief ni discernement ;


  • Voici un phénomène qui, de façon paradoxale, à la fois :
    • hypertrophie (hypermonde, cybermonde) , donc dé-mesure, dé-limite , et


    • rétrécit(sur-sophistication, sur-spécialisation, sur-optionnisation) l’utilisateur, en le maintenant de telle façon « on line », qu’il se découvre :
      • dé-passé
      • dés-orienté
      • et finalement dé-connecté de ses repères et de ses références " ordinaires ", au point qu’il doit " faire confiance " parce qu’il ne s’y re-trouve pas.


  • Est-ce une simple question de formation à l’utilisation de ces « instruments », et alors « la bête » sera automatiquement domestiquée et utilisable, comme le feu, le cheval et la machine à vapeur ?


  • Y a-t-il quelque chose de plus en jeu dans cette extension illimitée de la communication , dans le choix des partenaires que dans le contenu des échanges ? Si oui, qu’est-ce qui est en jeu, aux plans individuel et social ?


QUOI FAIRE AVEC INTERNET ?

La livraison de Télérama du 08/11/2000, N° 2652, offrait à ses lecteurs un supplément de 62 pages, sous le titre : Quoi faire avec Internet ?

  • Acheter : tout & n’importe quoi.


  • Apprendre : l’école-clic


  • Approfondir :de tout un peu


  • Bavarder : chacun chez soi, en direct avec tous


  • Communiquer :news, news, news…


  • Créer :site perso comme un pro


  • Découvrir :l’aventure au bout de la souris


  • Écouter :sounds, sounds, sounds…


  • Écrire :tous des écrivains…


  • Éduquer :Dr e-Spock


  • Jouer :le partenaire du silence


  • Lire : e-Pivot


  • Militer :e-engagement


  • Rechercher :1st arrived, 1st served


  • Suivre l’actu :vivre par procuration


  • Télécharger :du talk au talc


  • Trouver un job :balayer large


  • Visiter :e-culture


  • Voir :voire


  • Voyager :vue du web


FORMULONS DES QUESTIONS ET INTERROGEONS-NOUS SUR LEUR PERTINENCE

  • Net-économie, Inter-net, E-mail, E-trade, Planet-station, Wap (minitel de l’Internet, en relation avec GSM, bientôt avec GPRS & UMTS) , ICAN (information sur le net)...


= toujours plus de technologie pour toujours plus de technologie ?

  • Regardez le canal 42 du câble : Bloomberg : grâce au net, nous avons sur la fenêtre


- à droite : 16 informations changeantes en permanence (net oblige !),
- au bas sur une bande défilante : des informations bourses, de 3 couleurs : baisse, hausse, inchangé (8 en moyenne avec arrêt sur image),
- tout en bas : une information en clair d’une durée moyenne de 8 secondes

= comment lire plus de 24 icônes/informations à la fois, même si ce ne sont pas des icônes/seconde ?

  • Prenons les seuls 20 chapitres recensés par Télérama


= le « que choisir ? » peut-il se passer d’un « pourquoi choisir et pourquoi choisir là » et d’un « comment choisir ceci plutôt que cela »? Autrement dit : « un choix peut-il, doit-il être fondé ? »

  • Jusqu’à l’arrivée d’Internet, on pouvait dire qu’un élève de 6° recevait en une journée de classe (7 à 8 heures),- sans préjuger de sa rétention,- plus d’informations que Blaise Pascal a pu en recevoir pendant toute son existence ! On peut imaginer les rapports gain/perte, utile/inutile entre autres ! On doit aussi penser (!) que Pascal avait déjà pas mal de choses en tête, pour se sentir frustré a posteriori !


= mais, dans la mesure où de plus en plus de foyers installent de plus en plus habituellement un ordinateur familial à la maison, comment « aider », faciliter, accompagner (rayer le mot inutile !) la recherche, le choix et éventuellement l’assimilation/traitement des informations recueillies par ceux,- les enfants,- dont nous sommes censés garantir un accès positif à la découverte du monde tel qu’il tourne ?

  • Nous savons que le savoir (éducation, ouverture au monde, aptitude technologique, curiosité…) sont des adjuvants de la liberté et de son exercice, et qu’Internet avec toutes les autres retombées instrumentales de la recherche et de l’invention électroniques


= quelles sont les nouvelles donnes d’une éducation libératrice où le contrôle (éducation par objectifs à atteindre, évaluer, et assumer) fait,- suivant des schémas « traditionnels »,- partiue intégrante d’une promotion de la personne humaine en situation d’apprentissage ? Où faut-il agir pour faire évoluer nos procédures et nos pratiques ?

  • Un film comme « Matrix »(des Frères Wachowski, avec Keanu Reeves) pose assez bien l’ambivalence de deux monde parallèles, où réalités réelle et virtuelle sont sans cesse dans une inextricable imbrication, au point que le monde de l’illusion l’emporte bien souvent (toujours ?)sur la vie concrète et existentielle : le net se déploie sur une toile virtuelle où les combinaisons sont a priori in(dé)finie.


= voilà une incidence dont doivent s’inquiéter tous ceux qui tiennent à ne pas confondre (ni à laisser banaliser) ce qui relève du simple,- quoique merveilleux,- imaginaire, avec une réalité " autre " que sensitive et qui relève, elle, d’une authentique, réelle et significative expérience spirituelle et/ou mentale, comme dimension intégrante d’une vie humaine ouverte sur le mystère de la vie : quelle initiation à l’un et l’autre (utriusque !) monde existe pour discerner entre la fantaisie et la facticité de nos capacités d’abstraction ?

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