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Annexe à la conférence : Bouddhisme et Christianisme

De la méditation bouddhique

 

Michel ONFRAY(philosophe), CdA, N° 576, pp 43-49/

  • « Le futur effraie parce qu’on le refuse dans l’évidence de ses conséquences :  limité, contenu, bref sans rapport aucun avec l’éternité, il déçoit puissamment… 


  • La peur du passé conduit certains à renoncer à leur futur en visant l’éternisation du présent consacré à faire le vide en soi…


  • Le fantasme communautaire se nourrit d’utopie. Accessoirement mortel par son individualité, l’homme nouveau, doté de toutes les qualités qui lui faisaient défaut avant la révolution politique, accéderait à l’immortalité par sa participation au projet collectif…


  • Dieu est mort, l’Etat aussi. Reste l’individu, son corps, son pauvre bien, le seul centre sur lequel puisse encore se construire quelque chose ou s’imaginer un avenir. Fantasmes nouveaux ? ».


MÉDITATION ET PRIÈRE

Dans le Bouddhisme

  1. La méditation doit conduire l’homme à :
    • Un effort juste (faire obstacle aux mauvais états mentaux) ;


    • Une attention juste (respiration ;  sensations & émotions ;  activités de l’esprit ;  idées pensées et conceptions) et ;


    • Une concentration juste (samadhi. :  fixer son esprit sur un point).




  2. Le résultat sera une absence de distraction et une quiétude mentale (samatha).


  3. Puis par les 4 extases (dhyana) et les 4 recueillements (samapatti), l’Homme se dégage de toute illusion, et se libère de la conscience et de la sensation.


  4. Alors, complètement dégagé, il élimine totalement les passions et parvient à l’illumination, éveil ou bodhi.


La méditation B est une mouvement d’intériorisation :  passer du monde de l’illusion à la nature propre des choses

Elle aboutit à une totale transparence :  sans dualité, différenciation, conceptualisation, sans distance entre temps et espace, ni entre sujet et objet.

Ainsi, complètement libéré et au fait des mécanismes de dépendance, il ne s’égare plus et ne passe plus à l’acte, donc iln’est plus appelé à renaître.

Dans le Christianisme

Il s’agit plutôt de prière, où l’Homme doit correspondre intérieurement à l’initiative divine.

  1. Avec le Christ une étape est franchie, où le Fils
    • N’a de but que d’accomplir la volonté du Père et ;


    • Lui demande : « Là où je serai, je veux qu’ils soient aussi ! ».




  2. Ainsi apparaît la notion d’intercession.


  3. La prière Chrétienne constitue une réponse religieuse au Père : 
    • c’est une adhésion à son existence d’enfant de Dieu (grâce) et à sa vocation (mission dans l’Eglise) ;


    • son essence est double :  élévation de l’esprit vers Dieu (psycho) et adhésion spirituelle à son dessein (théol)




Par la prière le Chrétien prend conscience qu’il participe à l’œuvre divine :  créatrice et rédemptrice

La prière contemplative, elle

  1. À pour objet le Royaume de Dieu tel que présent et révélé dans l’Ecriture, l’âme du fidèle et le monde,


  2. Afin d’y adhérer plus profondément.


  3. Par ce contact (raisonnements, actes de volonté, pensées spirituelles), la conscience du chrétien est transformée au plan :
    • Des jugements ;


    • Des sentiments et ;


    • Des images.




SALUT ET ÉVEIL

Le Christianisme tire 3 notions essentielles de la Bible :  péché, mort, mal.

  • L’agir humain est une prise de position vis-à-vis de Dieu, et s’inscrit dans l’héritage de l’humanité (on dirait génomique, maintenant ! ) :  c’est ce qui rend solidaire toute action humaine ;


  • L’écriture lie la mort au péché :  il s’agit de la façon dont l’H interprète et vit la mort. En effet le péché ment et empêche de croire à la vie ;


  • Le mal, c’est la situation de péché et de mort :  l’Incarnation supprime cette situation et en est le signe visible.


Le Bouddhisme fonctionne dans un autre mode de libération :  la bodhi et son corollaire, le nirvana

  • Qui pratique la moralité et la discipline mentale augmente en lui la sagesse (prajna, différente de la nose) et détruit l’ignorance


  • La sagesse combinée avec le recueillement, confère la sainteté, cad l’immortalité au sens de la suppression des mots et des naissances :  le saint (arhat) peut alors, dès cette vie, entrer en contact avec le nirvana (QUESTION :  comment un savoir qui porte sur le contingent, peut-il conduire au nirvana ?  la réponse ne peut être que d’ordre mystique, puisque le nirvana est coupé du devenir :  aboutissement d’une authentique expérience mystique de totale vacuité).


Le Bouddhisme admet plusieurs sortes de sagesse, selon qu’elle vient de

  • L’enseignement = sruta = se mettre à l’écoute du Bouddha ;


  • La réflexion = cinta = s’approprier la sagesse du Bouddha ;


  • La contemplation = bhavana = saisie directe et autonome, issue de la contemplation.


Cette dernière sagesse est supra-mondaine (lokottara) :  on comprend qu’elle ne peut recouvrir en aucune manière le salut chrétien.

D’un côté, l’Homme se sauve lui-même,

De l’autre, il est sauvé par sa communion à la vie en Jésus-Christ.

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