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Le Bouddha & sa représentation
Sur les routes du Bouddhisme

Jeudi 11 janvier 2001, Sophia Antipolis

 

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Ière Partie : GÉNÉRALITÉS

L'Art bouddhique

L'Art bouddhique est une représentation de la personne et de l'enseignement du Bouddha. L'enseignement lui-même relève de trois régistres:
  1. Ses diverses incarnations avant sa naissance : les Jatakas, recueil d'histoires plus ou moins édifiantes ;
  2. Les vicissitudes du Prince Siddhartha, Gotama, Sakya avant la Bodhi/Illumination ;
  3. Les épisodes de la vie du Bouddha lui-même de la Bodhi/Illumination à la mort/Nirvana.

La représentation plastique

La représentation plastique suit deux voies:


1. La primitive, purement symbolique: parasol, stupa, empreinte de pieds, roue de la loi, cerfs du parc de Sarnath, etc.. ;

2. Dès le 1er siècle de notre ère, forme humaine illustrant les quatre moments décisifs de la vie du Bouddha :
  • naissance, à Lumbini,
  • illumination/Bodhi, à Bodhgaya,
  • premier sermon à Sarnath/Bénarès,
  • mort/Nirvana à Kucinagara.
L'extension de cette forme artistique a suivi l'extension de la puissance indienne, religieuse et artistique, en trois étapes historiques:


1. Avec Asoka, le Maurya: - 247, jusqu'en Méditerranée et à Alexandrie ;

2. Avec Kanishka, le Kushan: + 70, jusqu'au 3e siècle , surtout en Asie Centrale(Est et Ouest) ;

3. Avec Chandra, le Gupta: dès le 3e siècle, sur tout le territoire de l'Asie du SE (Bangladesh, Birmanie, Laos, Thaïlande, Vietnam et Kampuchea)...


NB : Deux types représentatifs se développent:
  • le Bodhissatva:
  • Celui qui se hâte vers la Bodhi, mais pas top vite, pour pouvoir continuer à aider les autres hommes à s'en sortir ; c'est une produit du Mahayana (Avalokitsvara et Manjusri) ;
  • l'Arhat: le moine qui a atteint la Bodhi et qui se " désintéresse " de tout désormais ; c'est un produit de l'Hinayana (Théravada) traditionnel.

Cartes et chronologies

Les Mudras: positions des mains et des corps, significatives d'attitudes religieuses spécifiques.

1. Les mains :
  • dhyana (méditation),
  • varada (générosité),
  • abbhaya (apaisement),
  • vitarka (explication),
  • dharmasacra (prédication),
  • bhumispasa (prise de la Terre à témoin),
  • puja (adoration) 
2. Le corps :
  • vajrasana (méditation / prise de la Terre à témoin),
  • virasana (posture dite " héroïque ", = vajrasana au Sri Lanka et Asie du Sud Est),
  • tribhanga (triple flexion) : typiquement indienne,
  • bhadrasana (à l'européenne) (prédication),
  • lalitasana (délassement),
  • maharajalilasana (délassement royal),

 

2e Partie : Apparence humaine

Le passage de la représentation symbolique à la représentation réaliste est d'abord une conséquence de l'évolution de l'art indien, dès la fin du 2e et le début du 1er siècles av. J-C.

Le " SAKYAMUNI "

Le " SAKYAMUNI " ; = le sage de la tribu des Sakya, recevra un traitement particulier, pour le distinguer :
  • des YAKSA = demi dieux
  • et des NAGA = dieux serpents.
Les détails iconographiques seront :
  • Une robe en fin tissu (l'himation grec, la toge romaine, le dhoti indienne, suivant le cas et l'école) ;
  • L'épaule gauche dénudée, à la manière des moines et des philosophes gréco-romains ;
  • Les cheveux relevés en chignon, recouvrant la bosse crânienne " USNISA " ;
  • Le front marqué de l'URNA ; ou appelé parfois 3e oeil ;
  • La main droite dans l'attitude du mudra de l'ABBHAYA ;
D'autre part, le Bouddha aura toujours un visage jeune, des joues pleines, un sourire de béatitude et les yeux mi-clos.

Au départ, il faudra distinguer trois écoles de statuaire :
  • Celle du Gandhara (Nord du Pakistan actuel, près Islamabad), capitale de l'antique royaume gréco-indien de Taxila : cette école est appelé gréco-bouddhiste. Elle influencera l'Afghanistan et le Turkestan russe (Ouzbeki-, Tadjiki- et Turkménistan) : -100 av, 700 apr. J-C ;

  • Celle de Mathura, près d'Agra, sur la Jumna, affluent du Gange, en Inde. Elle sera le foyer de l'art Gupta, qui se ré-indianisera de plus en plus, et par contamination se retrouvera autant au-delà de l'Indus que de l'Irrawady (Birmanie) : +100 +700 ;


  • Celle d'Amaravati, au nord de Madras, sud de l'Inde, avec ses Bouddhas au visage calme, aux cheveux bouclés, en longue robe flottante et plissée, tombant jusqu'aux pieds. Elle influencera le Sri Lanka et toute l'ASIE.

 

3e Partie : L'Âge Classique de l'Art Indien : GUPTA : du IVe eu VIe siècle

Le Nouvel Esprit consista en

  • La réaffirmation de l'indianité (fluidité des formes et équilibre rythmique) surtout sur le Gange, à Mathura et au Bengale ;
  • La surévaluation de la stature , au Népal proche ;
  • Une espèce d'intellectualisation du visage, reflétant la tendance philosophante des temps.
La tendance GUPTA s'étendit aussi vers le Sud : peintures murales d'Ajanta et statues d'Ellora, près Mumbai.

Elle alla exercer son influence jusqu'en Afghanistan (Fundukistan et Hadda), sur le Karakorum (Cachemire et Gilgit) et dans le Sind (Penjab).

On sentira sa marque même dans les développements ultérieurs du Gandhara (pierre et stuc), qui s'attachera pourtant à des types classiques occidentaux, en exploitant le modèle Bodhissatva.

 

4e Partie : Images du Bouddha hors de l'Inde

Déjà avec ASOKA, le Maurya -247 Vers l'Ouest jusqu'en Méditerranée + Sri Lanka
Puis avec KANISHKA, le Kushan + 70 Principautés  grecques + Asie Centrale
Enfin avec CHANDRA, le Gupta + 300 Chine, Mongolie, Japon, Corée Vietnam

Peinture et sculpture vont se fructifier mutuellement

  • Dans les monastères bouddhiques du Turkestan occidental (Ouzbékistan: Termez/Tarmita ; Amu Darya ; Alexandria Eskaté), avec les rencontres entre Gréco-Bactriens, Scythes et Parthes archaïques) ;
  • Dans les oasis du Turkestan oriental (Xinkiang chinois, désert du Taklamakan: Hotan, Miran, Mogao, Kucha, Turpan etc.).

Pour ce qui est de la Chine, tout est pratiquement venu par les Routes de la Soie

  • Sous les HAN, entre le 1er et le 2e siècle après J-C : Grottes de Kyzyl (Kucha), de Bezeklik (Turpan)et de Mogao (Dunhuang) ;
  • Puis, sous les WEI du Nord, au 5e siècle: Grottes de Yungang (Datong) et Longmen (Luoyang) ;
  • Enfin sous les SUI, plus raffiné : Majishan et Bingling si, sur le Fleuve Jaune.
  • L'apogée fut atteinte sous les TANG, entre le 7e et le 8e siècle: l'art bouddhique chinois devint le référent pour toute l'Asie, jusqu'au Japon et en Corée où il arrivait.

 

5e Partie : à partir du 8e siècle après Jésus Christ: développement hétérogène

  • Ce fut le résultat des divers syncrétismes opérés entre le Bouddhisme importé de l'extérieur et les différentes religions locales bien enracinées. Le plus remarquable fur le retour au hiératisme en Inde, sous la multiple influence des nouvelles sectes bouddhiques telles que le Maha-, Tantra- et Vajrayana, - respectivement en Inde du Nord, et dans les régions tibétaines et himalayennes, sous la direction du lamaïsme ;
  • Des voies originales furent inaugurées aussi au Népal et au Bengla Desh ; dans l'aire Tibéto-mongole lamaïque, au Ladakh, au Baltisan ;
  • Une influence décisive fut celle, simultanée, venant des pôles de la tradition: l'Université de Nalanda (sur le Gange) et le Sri Lanka (Theravada = doctrine des Anciens, à Anadhurapura, et à Polonnaruwa) ; en Thaïlande (Chang Maï, Sukkotaï, Ayuthaya) et au Laos (Louang Prabang) ;
  • Vers le 8e siècle, Le TANTRISME développa une voie qui se révélera la plus originale (né à la fois des Routes de la Soie du Nord et des Routes Maritimes du Sud), avec une iconographie complexe et de rites mystiques. En Chine, son nom fut ZHENYAN, qui devint au Japon: SHINGON. Puis une autre secte s'en inspira et s'appela en Chine TIENTAI et au Japon TENDAI: ces sectes sont encore très répandues en ces pays, surtout eu Japon ;
  • Pourtant c'est la  voie DHYANA, celle de la méditation, partie au 8e siècle du Sud de l'Inde avec le moine BODHIDHARMA, qui est la plus connue et la plus productive. Elle devint CH'AN, quand elle passa en Chine entre le 8e et le 11e siècle, puis SÔN quand elle atteignit la Corée au 11e et enfin ZEN, au Japon le siècle suivant.

 

6e Partie : Récapitulatif Chronologique des Styles dans l'Art Bouddhique

** indique les sites principaux les plus renommés
Pays Ville Monument Époque
INDE Sanci Stupa primitif - III
**Gandhara Gréco-bouddhique.
Premier Style de Bouddha sculpté :
Cheveux ondulés et robe à plis
- I + IV
Mathura Deuxième Style de Bouddha : Cheveux lisses et robe plate + I
Amaravati Troisième style de Bouddha: Mèches coquillées + II
Ajanta Style majeur : peinture rupestre + IV
Sarnath Style Gupta: Apogée du style bouddhique indien + V
AFGHANISTAN **Bamyan Sculpture colossale: Visage couvert de feuille d'or + VII
TURKESTAN Xinkiang Chinois Kyzyl Style indo-iranien + V – VI
CHINE **Dunhuang Style Chinois:
  • Sino-indien
  • Art Tang
Apogée de la sculpture bouddhique en Chine
+ IV – VII
+ VII – XIII
TIBET Archit. De montagne Art du Vajrayana: Grands stupas clos
CEYLAN
(SRI LANKA)
Style cinghalais.
Apogée du style indien du sud.:
Quatrième style de Bouddha
(cheveux et chignon surmonté d'un ketu)
+ V
CAMBODGE **Angkor Style du Bayon/Khmer
Sculpture du Bouddha protégé par le Naga (Serpent)
+ XII
JAPON Nara Style de Nara:
Très massif, influencé par l'art Tang,
transmis par la Corée
+ VII
INDONÉSIE Borobudur Dagoba (stupa à claire-voie
avec statue du Bouddha)
+ IX

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