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" Les jeunes et la violence : victimes ou acteurs ?
Les inquiétudes familiales et sociales face à notre responsabilité politique "

Vendredi 02 février 2001, Stanislas, Cannes.

 

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1. L'asocialité

  • Le peu de prix que les jeunes attachent à la vie humaine ;

  • l'absence d’inhibition dans le passage à l’acte due à un manque de repères et à une rupture dans les comportements : " racket, insultes, menaces ou coups " !

  • En 1989, 12,3 %, en 1999, 21,3% des personnes interpellées par la police. Aujourd’hui, ils représentent 50% pour vol  avec violence. Et ce, dès l’école primaire : Ce sont les enfants qui sont en situation de précarité qui ont les comportements les plus inquiétants. Ils reproduisent la violence de la société qu’ils subissent tout en créant des désirs qu’ils / elle ne peu(ven)t assouvir !

  • Qui rappelle la loi ? C’est un manque de limites, des parents d’abords, de la société ensuite, qui permet de basculer dans le passage à l’acte.

  • Les jeunes ont de moins en moins de contact avec le monde extérieur et les adultes.

  • On ne croit plus , - on n’entend plus ! - la parole des pères et on ne fait plus confiance à la parole des enseignants.

  • On constate une grande solitude et un repli sur soi, attitudes qui développent, paradoxalement, un sentiment de toute-puissance, qui peut les faire déraper à tout moment.

  • Quelques réflexions pour 2001,du sociologue Jean-Claude Kauffmann, dans La Vie, n° 2888, p25 :

  1. La valeur famille devrait continuer à gagner des points.

  2. Pourtant les deux composantes de la famille – le couple et la parentalité – tendent à se distinguer de plus en plus : la mère et l’enfant seront le pivot de la reconstitution de la future forme familiale après une rupture.

  3. Au moment de l’engagement, les conjoints ne partent pas sur l’idée d’une durée déterminée. Quand on retombe dur l’ordinaire, le désir d’autonomie refait surface : les conjoints n’hésitent pas à prendre la décision de rompre s’ils ne se sentent plus vivre pleinement. Après une rupture, les gens vivent des séquences de vie en solo, avant de s’installer avec un nouveau partenaire.

  4. Les enfants ont mûrs de plus en plus jeunes, mais le temps de l’apprentissage est plus long, car la vie est beaucoup plus complexe qu’il y a 5O ans. A 18 ans ils sont totalement adultes, mais ils n’ont pas terminé leur formation à la vie d’adulte. La période où l’on vit chez ses parents, sans le souci du quotidien, est un grand moment d’invention de soi, ouvert sur l’avenir, et on n’est pas pressé d’y mettre fin. Cette tendance devrait se perpétuer au-delà des aléas de l’économie.

  • Eternelle question : Doit-on s’attaquer aux symptômes et lutter pratiquement contre la déviance des mineurs (répression)? ou bien, comme le demande une école de sociologues et de chercheurs, faut-il développer une politique de prévention, prenant davantage en compte le contexte économique et social des jeunes mis en cause ?

 

2. La Ville

  • La ville est devenue un territoire complexe qui doit nous obliger à abandonner une dialectique centre-périphérie, dominant-dominé (Paris-Province ! ! !), pour une approche polycentrique.

  • C’est sur les marges de nos agglomérations que s’exercent les pressions. C’est là également que se réinvente la ville de demain.

  • Leurs habitants réclament la mobilité sociale et spatiale et nous les condamnons à des réponses en termes de proximité, comme pour mieux les enfermer.

  • On ne peut sortir le quartier du quartier qu’en réinventant la ville .

  • La délinquance et la peur se développent dans les endroits et les moments où la ville est amputée d’une partie de ses activités.

 

3. Les familles monoparentales

Les familles monoparentales sont passées de 1,4 millions en 1990 à 1,7 millions en 1999 : soit 16 % de l’ensemble des familles françaises.

  • L’isolement des parents est plus en plus souvent mis en avant pour expliquer les difficultés des enfants.

  • Sociologues et travailleurs sociaux estiment pourtant que les conditions de vie économiques du foyer priment sur la structure familiale...

  • La fragilisation des familles monoparentales a une dimension structurelle qui tient à des besoins spécifiques, notamment en logement et éducation, à l’inégalité hommes-femmes sur le marché du travail, à la durée de la situation monoparentale. Or le système d’aides publiques, tant générales que spécifiques, sous-estime les effets de cette dimension structurelle.

  • Les mères consacrent 2 fois plus de temps à leurs enfants que le père : courses, cuisine, linge, les femmes effectuent 80% du " noyau dur " du travail domestique. La disparité réside dans " les détails pratiques ".

 

4. Que veulent les jeunes ?

Les jeunes critiquent la société, mais ne veulent pas la transformer (Le Monde, 21-22 novembre 1999).
  • ils sont très préoccupés par le chômage et la violence, et

  • se montrent particulièrement sensibles aux inégalités qui divisent la société.

  • L’école et la médecine sont les institutions qui leur inspirent le plus de confiance, alors que

  • le rejet des partis politiques est massif.

  • Ils sentent très fort la fracture sociale : les différences sociales sont plus fortes que ce qui les rassemble.

  • L’argent, - qu’on en ait ou pas- a une trop grande place (malhonnêté et corruption)

  • Ils se refusent à militer dans un parti quelconque, et sont peu enclins à participer à une association.

 

5. L’École

Alain FINKIELKRAUT : " il n’est pas de précédent dans l’histoire européenne à la haine des maîtres et à la détestation de l’école manifestée aujourd’hui par l’institution scolaire elle-même et par les forces soi-disant vives de la société. (Le Monde, 19 mai 2000) "  La révolution cuculturelle à l’école "


  • La culture acquise à l’école ne leur permet pas de comprendre le monde.

  • Nouvelle donne problématique : l’école doit faire face à une montée des revendications identitaires des élèves (exigences alimentaires, port d’insignes ou de vêtements religieux, contestation sur le contenu des cours ou sur leurs horaires)

  • comment l’institution scolaire peut-elle traiter comme telles les contradictions de notre société ?

  • comment démontrer que l’identité et la culture ne relèvent pas de l’inné, mais se construisent ?

 

6. Et le milieu enseignant ? confusion, inquiétude ou désespérance ! ?

  • Quel est le sens de l’éducation dans ce/notre/le monde moderne ?

  • Comment instruire des enfants hétérogènes sans créer une nouvelle culture scolaire qui intègre les valeurs éducatives d’une vraie " mixité sociale " ?

  • La version républicaine et traditionnelle de l’école instruisante (Ministère de l’Instruction Publique) qui doit s’en tenir à transmettre la culture (laquelle ?) et ses œuvres (lesquelles ?) est-elle " suffisante " ? est-ce cela l’ " égalité des chances " ? est-ce là reconnaître " le talent et le mérite " ?

  • L’école " créatrice d’humanité et de fraternité ", est-ce un songe creux ? une simple utopie révolutionnaire à la 89 ? ou bien une exigence neuve de la mondialisation sociale ?

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