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BOUDDHISME et CHRISTIANISME
Compatibilités et Incompatibilités
Mercredi 21 mars 2001 Grasse

 

vide 

I – L’HOMME et SON BUT

Le BOUDDHISME part de l’homme tel qu’il est en  lui-même, tandis que le CHRISTIANISME le situe dans un rapport à Dieu :

ce qui est de part et d’autre une finitude, mais d’un ordre différent.

1. Pour le BOUDDHISME la nature de l’homme est transitoire, éphémère :
  • Il fait l’expérience de la dépossession ;
  • Il ne peut jouir véritablement des êtres et des choses en soi : tout est extérieur à lui et soumis au CHANGEMENT ;
  • L’homme ne peut se concevoir en terme d’essence ;
  • Il ne peut se réclamer d’un principe unique et absolu ;
  • Il se reconnaît comme un assemblage de 5 agrégats [(matière/corporéité ; sensations ; perceptions ; volition (samskara) et connaissance (vijnana)] interdépendants et non autonomes les uns vis-à-vis des autres ;
  • Il s’agit d’une confection = vacuité = sunya = non-soi.

2. Il existe bien une individualité phénoménale ainsi qu’une notion de personne douée d’un principe de cohérence interne et de communion avec autrui.
Mais par le Non-soi, le BOUDDHISME dénonce l’emprise de l’EGO et permet de dépasser le rapport Sujet/Objet qui régit nos actes et notre vision du monde, mus que nous sommes par un besoin d’appropriation, parce que nous nous pensons comme sujet en soi et autonome.

3. Mais l’état de fait demeure : TOUT EST IMPERMANENT ET VIDE !
NB : aux IIIe et IVe = Voie moyenne = Madhyamika met au point le tétralemme
  • Les choses sont ainsi ;
  • Elles ne sont pas ainsi ;
  • Elles sont à la fois ainsi et pas ainsi ;
  • Elles ne sont ni ainsi ni pas ainsi.
Cela évite d’absolutiser : vacuité, illuminisme et raison
Le ch’an (zen) VIIIe s. insistera sur
  • Le sans pensée ;
  • Le non mouvement ;
  • L’apathie/ataraxie ;
  • L’imperturbabilité.
 Ce qui constituera l’accès à l’ÉVEIL
  • Au-delà du sentiment ;
  • Au-delà de la notion / sans notion ;
  • Au-delà de toute dualité.
Ainsi la vacuité ne s’énonce ni en termes d’absolu ni de non absolu (cf coïcindentia oppositorum, de Nicolas de Cues).


4. Le BOUDDHISME se démarque aussi de tous les courants et pensée de son époque.
Il refuse l’idée d’un atman (un soi délivré par la conscience de son identité avec le brahman, principe éternel de l’humain et facteur d’harmonie du monde).
L’homme ne se reçoit pas d’un Autre : il se donne à lui-même sa propre existence.
Le BOUDDHISME n’ignore pas la question des origines, mais la considère comme oiseuse, car elle ne contribue ni à l’explication ni à la délivrance de l’homme.

5. Pour le Bouddhisme, la création n'est que le rapport cause-effet : inacceptable par le CHRISTIANISME qui considère un Dieu créateur personnel, aimant et transcendant. Le transcendant pour le BOUDDHISME ne s'exprime qu'en termes d'un au-delà de l'existence, c-a-d l'extinction complète, le paranivarna. Le reste : dieu, âme, salut, sens de l'histoire sont illusoires et trompeurs. Pas de récapitulation de l'Histoire, comme c'est le cas dans le Christianisme qui voit dans le Christ la totalité de l'Histoire.

6. Le BOUDDHISME est la logique de la clarté-rectitude, pour chasser tous les éléments d'illusion. Elle détruit en priorité le fruit des trois poisons : convoitise, haine et erreur. C'est aussi une religion de raison, sans besoin d'apologétique.

À l'inverse le CHRISTIANISME est la religion de la Parole et des prophètes, donc de la tradition : en particulier dans les oeuvres du Fils Incarné, et de l'Esprit même de Dieu.

Dans le CHRISTIANISME le monde est conçu comme manifestation de l’action de Dieu.
Dans le BOUDDHISME, il est le lieu de l’impermanence et de l’expérience humaine qui doit chercher à se libérer du cycle du samsara, de la re-naissance.


7. DIEU CRÉATEUR, D’UN CÔTÉ, PRODUCTION CONDITIONNÉE, DE L’AUTRE

POUR LE CHRISTIANISME

Ce monde est voulu, créé et aimé par Dieu.
Ainsi, le monde prend sens et répond aux exigences de la rationalité.
Il est le fruit d’une acte libre de Dieu (ex nihilo), qui en est le seul fondement.
Dieu et l’homme n’appartiennent ni au même genre ni à la même espèce : l’homme n’est semblable à Dieu que par participation.
La création est un concept théologique qui entraîne la question de la cause et de la fin de la réalité, à partir d’une lecture verticale de l’homme et de l’univers : la notion d’évolution a fait reconnaître que l’acte créateur se renouvelle à chaque instant, jeu de la providence divine. (Le BOUDDHISME, ne raisonnant qu’en termes d’expérience n’a eu aucun problème avec cette notion).

La réflexion sur la nature de l’homme :
conduit à le penser à la fois comme le fruit d’une pensée particulière du Dieu créateur et comme la réponse à un appel personnel de Dieu : âme et corps, dans leur unité, sont le reflet de Dieu.
L’homme est la voix de toute la création, s’ouvre à une dimension cosmique et échappe à un anthropocentrisme étroit.


POUR LE BOUDDHISME

l’homme est le fruit de sa propre volonté, puisqu’il éprouve le besoin d’agir pour se penser en " étant " ou encore un  Soi autonome :
ce qui entraîne une  " rétribution ", une re-naissance en vertu du cycle des renaissances (samsara), régi par la loi des 12 causes (nidana) (" La Loi de production conditionnée " ou " en dépendance ", pratiya-samutpada).
Cette loi se résume en ceci :

1. La naissance (jati) a
2. pour cause l’acte (karman)
3. qui est lui-même conditionné par la passion (klesa)
4. engendrée par la soif (trsna) ou désir.

Loi, en fait, régie par un strict déterminisme, un mécanisme automatique : Christianisme’est le  noyau de la doctrine bouddhique

La bodhi procure d’ailleurs la triple science
1. connaissance de ses exigences antérieures ;
2. connaissance de la loi ;
3. certitude d’avoir détruit les désirs qui sont à l’origine  des renaissances successives et d’avoir pour soi-même fait cesser (nirvana) le cycle du samsara (cycle des renaissances).

Cela illustre bien le passage de l’ignorance à la naissance :
1. cela étant, ceci vient à l’existence ;
2. cela existant, ceci apparaît ;
3. cela étant absent, ceci n’est pas ;
4. cela cessant, ceci disparaît.

CHRISTIANISME’ est l’ignorance qui a pour corollaire la douleur (duhkha) : prendre connaissance de la concaténation de causes dont le point central est la volonté propre (la volition), Christianisme’ est faire  cesser le cycle des renaissances.

Ce qui passe d’existence à existence, n’est pas une âme permanente, mais une série de 5 agrégats psychophysiques, réels mais impermanents, chargés d’énergie reconstituante d’un individu nouveau : tout va dépendre de la nature de l’acte, karman, non pas au sens de destin inéluctable : car le karman ne définit pas toute la personne (environnement immédiat et histoire de la société).
NB : Ne pas confondre non plus avec la " métensomatose " (Pythagore et Platon) : l’âme humaine, seule immortelle, passe après la mort dans un autre corps humain ou animal.

Ainsi : importance de la question des origines
1. dans le CHRISTIANISME Dieu crée l’Homme à son image, ce qui, pour le BOUDDHISME, décharge l’Homme de sa responsabilité et lui interdit toute libération possible car Dieu est un absolu ;
2. dans le BOUDDHISME l’Homme est le fruit d’une existence antérieure, ce qui, pour le CHRISTIANISME, le disqualifie quant au but, puisqu’il n’atteint pas à un Dieu personnel.

Considérons le plan de l’acte :
1. Pour le CHRISTIANISME, l’agir est nécessaire, pour coopérer à l’oeuvre créatrice de Dieu, à la récapitulation finale dans le Christ et au partage de la plénitude de l’Être Trinitaire.
2. Pour le BOUDDHISME, Christianisme’ est un attachement à l’être/non être, inhérent au cycle des renaissances.


II – LIBÉRATION ET RÉDEMPTION

Dans le CHRISTIANISME la libération vient de l’Incarnation et de ses conséquences.
Dans le BOUDDHISME si on fête la naissance du Bouddha, Christianisme’ est pour se réjouir qu’il est parvenu a son parinirvana, son extinction  complète qui échappe à l’expérience humaine ; il ne peut plus rien pour personne, sauf par son dharma.

Le dharma est le fruit de son expérience spirituelle, une Voie que chacun peut emprunter.
Le Christ, après son départ, laisse sa présence sous la forme du pain et du vin, et envoie l’Esprit : à chacun de d’approprier le salut en en devenant l’héritier par le baptême.

2.1.LA RÉSURRECTION N’EST LA RENAISSANCE

La Résurrection marque le définitif primat de la vie sur la mort. Elle introduit un état définitif, où le corps même est glorifié : existence récapitulée et rétablie dans sa dignité
La Renaissance est la manifestation que l’être reste voué à la mort, puis à une nouvelle naissance, tant qu’il restera prisonnier de l’ignorance, qui le pousse à l’acte, c-a-d dans le temps/espace, dans le discontinu.
Toutefois la Résurrection échappe à la logique humaine : Christianisme’ est un signe de contradiction. CHRISTIANISME’ est Dieu qui intervient significativement dans l’histoire, pour procéder à une création nouvelle, accomplissant l’antique promesse initiée avec la vocation d’Abraham : événement fondateur où s’identifient mystiquement mort et résurrection du Christ et de chaque croyant. Cette inclusion de la transcendance dans l’immanence suppose l’espérance eschatologique.

Rien de tout cela dans le BOUDDHISME. La renaissance s’inscrit dans la logique de l’existence.

Le terme vient avec l’éveil (bodhi). Et l’entrée dans le nirvana échappe à toute expérience humaine et est indicible, car elle doit échapper à la loi de causalité : sinon le nirvana serait le fruit d’un acte, donc une conséquence du cycle des renaissances.
Le saint bouddhique, l’arhat, est celui qui ne revient plus à l’existence, qui est parvenu au terme de l’éveil, la bodhi, à la fin du chemin spirituel. Le bodhissatva, lui, qui est un saint qui a obtenu l’éveil, la bodhi, mais renonce à entrer dans l’état de bouddha, la parinirvana, aussi longtemps qu’il existe des êtres susceptibles d’être aidés dans leur libération.


2.2. LE TEMPS ET L’HISTOIRE

Le nirvana marque la destruction du désir et des passions, entraînant la disparition des cinq agrégats, puisqu’il marque l’arrêt définitif du souffle du passage à l’acte. Il se situe au-delà du bonheur, de la joie, de toute béatitude : inconditionné, asamskrta : à comprendre en termes de " ni existence ni non-existennce ", " ni éternalisme ni nihilisme ", " ni être, ni non être, ni néant ".

Le BOUDDHISME offre une voie, et seule compte la libération par cette voie : sans avenir, sans passé, sans présent. 

Le Christ s’offre comme voie, en rétablissant une alliance conclue dans le passé, et donne ainsi un sens à l’histoire.

Ainsi, l’eschatologie chrétienne (retour du Christ dans sa gloire pour le rétablissement final), n’a rien à voir avec Maitreya, (apparu tardivement !)le bouddha du futur qui doit venir rétablir le dharma, - passé par les deux phases progressives précédentes de dégénérescence et de déclin total -  dans son intégralité.


2.3. LA SOUFFRANCE ET L’EXPÉRIENCE MYSTIQUE

Le BOUDDHISME est le 1er éveillé, passant au  nirvana et échappant à la souffrance.

Le Christ le 1er ressuscité, passé par la souffrance et la mort, gage de ce que tout croyant peut devenir
L’un échappe à la souffrance et à la finitude

L’autre les accepte, par amour pour les hommes et fidélité à Dieu

= Libération versus rédemption

=Libération du flux des renaissances versus quête d’une libération du péché, impliquant rapport avec Dieu et pardon


L’aboutissement de la démarche chrétienne s’énonce en termes de configuration au Christ, fidèle jusque dans la mort, et de communion avec Dieu (par Lui, avec Lui et en Lui).
Le BOUDDHISME exige, lui, un renoncement au nirvana : l’attachement au nirvana engendrerait nécessairement une re-naissance.

L’expérience mystique qui ouvre au nirvana s’inscrit dans l’instant particulier, et prépare à l’entrée définitive dans la transcendance au moment du parinirvana, c-a-d de l’extinction complète.
L’expérience mystique chrétienne s’inscrit dans la durée : relation privilégiée à Dieu (présence/absence ; vide mystique : nada) à comprendre comme une épreuve d’extase, décentration, sortie de soi (= désappropriation pour s’ouvrir à une altérité radicale).
= Le BOUDDHISME ne connaît pas cette tension, chacun étant à soi-même son propre sauveur et l’aboutissement de l’expérience spirituelle tend à l’abolition de la dualité sujet/objet, de la différentiation entre un Je et un Tu.
= Le BOUDDHISME est confronté à sa propre existence et à l’universelle vacuité : il lui appartient de les transformer pour qu’elles deviennent lieu de paix, de quiétude, de non-agir et non-mouvement, prémices d’un état transcendantal qui nous échappera toujours !



2.4. LES MOYENS DE LA LIBÉRATION

Principe similaire mais non réductible
A l’orthopraxie BOUDDHISME (pratique correcte et juste, l’Octuple Chemin) = dharmacentrique (3 Joyaux + Samgha) : seul le monachisme bouddhique peut se permettre d’y atteindre (Arhat versus Bodhissatva)

Correspond
l’orthodoxie CHRISTIANISME (fidélité à la Parole du CHRISTIANISME) = christocentrique (évangiles) : le monachisme chrétien a une autre connotation (appartenance radicale au CHRISTIANISME = kenose, inconue du BOUDDHISME)


2.5. LES CHAMPS DE LA MORALE

Le BOUDDHISME : principe de responsabilité et d’intention.
Acte conscient, réfléchi et volontaire (Octuple Chemin) .
Les fruits en sont :
1. La bienveillance (maitri),
2. la compassion (karuna),
3. la joie (mudita),
4. l’indifférence (upeksa).

Le bien ? Ce qui est utile (kusala).
Le mal ? Ce qui est inutile (akusala). Utile et inutile par rapport au but final : bodhi et nirvana.

Le seul mal absolu n’est pas d’ordre moral, mais métaphysique : postuler un étant, une volition et un rapport au monde extérieur.

CHRISTIANISME’ est la volition qui génère le bien et le mal.

Le CHRISTIANISME : le péché est fondamentalement offense à Dieu, éloignement et rupture, y compris quand il s’adresse au prochain.
1. L’homme s’arroge le droit de juger  du bien et du mal ;
2. Dieu ne désespère pas de l’homme : depuis Abraham jusqu’au Christ ;
3. Toute faute s’inscrit désormais dans une histoire à la fois personnelle et collective (absent dans le BOUDDHISME, pourtant apparente dans la théorie de la périodisation de la loi)


2.6. MÉDITATION ET PRIÈRE

Dans le BOUDDHISME
1. La méditation doit conduire l’homme à :
  • un effort juste (faire obstacle aux mauvais états mentaux) ;
  • une attention juste (respiration; sensations et émotions ; activités de l’esprit ; idées pensées et conceptions) ;
  • une concentration juste (samadhi : fixer son esprit sur un point).
2. Le résultat sera une absence de distraction et une quiétude mentale (samatha).
3. Puis par les 4 extases (dhyana) et les 4 recueillements (samapatti), l’Homme se dégage de toute illusion, et se libère de la conscience et de la sensation.
4. Alors, complètement dégagé, il élimine totalement les passions et parvient à l’illumination, éveil ou bodhi.

La méditation BOUDDHISME est une mouvement d’intériorisation : passer du monde de l’illusion à la nature propre des choses
Elle aboutit à une totale transparence : sans dualité, différenciation, conceptualisation, sans distance entre temps et espace, ni entre sujet et objet.
Ainsi, complètement libéré et au fait des mécanismes de dépendance, il ne s’égare plus et ne passe plus à l’acte, donc iln’est plus appelé à renaître.


Dans le CHRISTIANISME
Il s’agit plutôt de prière, où l’Homme doit correspondre intérieurement à l’initiative divine.

1. Avec le Christ une étape est franchie, où le Fils n’a de but que d’accomplir la volonté du Père et Lui demande : "  Là où je serai, je veux qu’ils soient aussi ! ".
2. Ainsi apparaît la notion d’intercession.
3. La prière CHRISTIANISME constitue une réponse religieuse au Père :
Christianisme’est une adhésion à son existence d’enfant de Dieu (grâce) et à sa vocation (mission dans l’Église)
Son essence est double : élévation de l’esprit vers Dieu (psycho) et adhésion spirituelle à son dessein (théol)
Par la prière le Chrétien prend conscience qu’il participe à l’œuvre divine : créatrice et rédemptrice
La prière contemplative, elle,
  • a pour objet le Royaume de Dieu tel que présent et révélé dans l’Écriture, l’âme du fidèle et le monde ;
  • afin d’y adhérer plus profondément ;
  • Par ce contact (raisonnements, actes de volonté, pensées spirituelles), la conscience du chrétien est transformée au plan
    • des jugements,
    • des sentiments,
    • des images.


2.7. SALUT ET ÉVEIL

Le CHRISTIANISME tire trois notions essentielles de la Bible : péché, mort, mal.
L’agir humain est une prise de position vis-à-vis de Dieu, et s’inscrit dans l’héritage de l’humanité (on dirait génomique, maintenant !) : Christianisme’ est ce qui rend solidaire toute action humaine.
L’écriture lie la mort au péché : il s’agit de la façon dont l’Homme interprète et vit la mort. En effet le péché ment et empêche de croire à la vie
Le mal, Christianisme’ est la situation de péché et de mort : l’Incarnation supprime cette situation  et en est le signe visible

Le BOUDDHISME fonctionne dans un autre mode de libération : la bodhi et son corollaire, le nirvana
Qui pratique la moralité et la discipline mentale augmente en lui la sagesse (prajna, différente de la nose) et détruit l’ignorance
La sagesse combinée avec le recueillement, confère la sainteté, c-a-d l’immortalité au sens de la suppression des morts et des naissances : le saint (arhat) peut alors, dès cette vie, entrer en contact avec le nirvana (QUESTION : comment un savoir qui porte sur le contingent, peut-il conduire au nirvana ? la réponse ne peut être que d’ordre mystique, puisque le nirvana est coupé du devenir : aboutissement d’une authentique expérience mystique de totale vacuité).

Le BOUDDHISME admet plusieurs sortes de sagesse, selon qu’elle vient de
  • L’enseignement = sruta = se mettre à l’écoute du Bouddha ;
  • La réflexion = cinta = s’approprier la sagesse du Bouddha ;
  • La contemplation = bhavana = saisie directe et autonome, issue de la contemplation.

Cette dernière sagesse est supra-mondaine (lokottara) : on comprend qu’elle ne peut recouvrir en aucune manière le salut chrétien.
D’un côté, l’Homme se sauve lui-même,
de l’autre, il est sauvé par sa communion à la vie en J-CHRISTIANISME.


CONCLUSIONS

Ainsi le BOUDDHISME ne peut être réduit
  • à une philosophie ou
  • à des techniques psychologiques de conscientisation et de retour au sujet
ni le CHRISTIANISME
  • amputé de dimension spirituelle ;
  • sous prétexte que le discours officiel met le dogme en avant.


Le BOUDDHISME peut certainement être considéré comme un dépassement de l’expérience religieuse, mais néanmoins assez conforme à la définition fonctionnelle de la religion (ensemble de significations ultimes que se donne l’individu pour donner sens à sa vie.

Le Bouddhiste ne se conçoit pas comme un Soi qui serait le centre de tout et s’afficherait comme un but ultime : il reconnaît qu’au cœur de sa finitude, il peut faire l’expérience de l’éveil qui l’ouvre à la transcendance où s’exprime sa nature fondamentale (son unité).

Le Chrétien se pense comme une créature aimée d’un Dieu Père, qui le veut à son image pour exprimer toute la dignité et la grandeur de l’Homme, dans un rapport d’altérité qui donne sens à l’Histoire, par la médiation du Christ Rédempteur.

NB : ceci doit beaucoup à l’article lumineux de Paul MAGNIN, Dir. de Rech. au CNRS, dans Études, sept 2000, pp 219-236
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Copyright :Vincent-Paul Toccoli pour le contenu et Marc Pandelé pour la réalisation
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Dernière modification : 2002/02/23
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