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UN ESSAI de PÉDAGOGIE
La RECHERCHE de la SAGESSE
comme PILIER NÉCESSAIRE à L’ÉDUCATION pour la VIE.


(Texte d’une intervention à l’UNESCO, au Congrès International " Maria Montessori " 2-4 juillet 2001, en duo avec Edgar MORIN)

 

vide  I – QUELQUES CONCEPTS MONTESSORIENS COMME BASE DE CETTE INTERVENTION -

1 - Partons de la définition que Maria Montessori donne elle-même de sa " méthode " (mot qu’elle répugne à employer)

LA MÉTHODE MONTESSORI ?

AIDE DONNÉE À LA PERSONNE HUMAINE POUR CONQUÉRIR SON INDÉPENDANCE ! Dire cela, c’est reconnaître que :

  • l’indépendance n’est jamais un " donné " immédiat de la nature : donc qu’elle passe par une action " culturelle ", c.a.d. sociale, environnementale, idéologique et téléologique ;
  • cette indépendance est de plus à conquérir, ce qui suppose drill, stratégie et tactique : tout un entraînement, une volonté, une continuité jusqu’à la ... victoire ;
  • l’enfant est une personne : concept employé indépendamment de l’âge, de la condition, du milieu socio-économique et culturel ;
  • cette personne de l’enfant est une personne humaine : c.a.d. avec la reconnaissance de droits spécificiques et inaliénables ;
  • l’enfant a besoin d’être aidé : aide qui va devoir suivre une certaine déontologie.
2 – Considérons aussi une expression favorite de Maria Montessori, qu’elle place, comme une revendication de dignité, dans la demande d’aide implicite de l’enfant :

" AIDE-MOI À FAIRE SEUL "
Donc, d’abord, " Laisse-moi exister dans mon autonomie ! "

Je me demande s’il est possible de décrire mieux qu’avec ces simples mots, l’exigence fondamentale que requiert l’acte pédagogique ! Ce qui vaut entre pays (la reconnaissance de l’existence de tel état, par un autre ou par les autres états), vaut au plan des ethnies (phylogénèse) et au plan de l’individu (ontogenèse). Par là même, MM se situe, - et situe le débat -, sur le plan philosophique fondamental de la nature humaine. L’enfant n’existera donc en tant que " petit humain ", que " dans la mesure où il saura " faire seul " ".Sans aller dans le sens exclusif d’un existentialisme sartrien (prétendant que l’homme n’est que ce qu’il fait), on dira, avec MM, que l’homme n’est et n’existe que dans la mesure où il est (rendu) capable de faire, et la grande dame ajoute : par lui-même !
C’est donc, avant tout, sous l’angle de la capacité, du potentiel, du virtuel, de l’à-venir, que le " père de l’homme " se laisse saisir dans la vison montessorienne : comme un devenir indéfini, puisant à des sources de capacités multiples et diverses, renouvelées par leur utilisation même, mais conditionné par des spécificités de développement historique, au cours duquel telles phases de développement ne sont possibles qu’à telles périodes de l’existence ; et elles feront souffrir par leur absence l’être tout entier, si elles n’ont eu une opportunité de réalisation au temps que la nature leur a imparti.
On sent ici la nécessité et la responsabilité dans lesquelles se joue l’acte pédagogique ainsi considéré : MM va jusqu’à situer l’instance de nature, où se concrétise la phase primordiale (c.a.d. la première dans l’ordre des importances) de cette activité protéiforme et originaire, allant jusqu’à la nommer : l’" inconscient créatif ", c.a.d. ce quelque chose dont on n’a pas conscience, mais qui est plus nous-même que nous-même (c’est la définition qu’Augustin d’Hippone donne de Dieu !)

3 – MM a essayé de cerner cette réalité de type insaisissable, - comme tout ce qui relève de l’inconscient : la pédagogue constate un certain nombre de faits d’observation, et " traduit ", en quelque sorte, l’expression " insconscient créatif " par un autre concept séduisant à la fois par sa plasticité et sa congruence, le concept d’ " esprit absorbant ". L’enfant intègre avec son " esprit absorbant " des notions qu’il aurait beaucoup plus de mal à acquérir à un autre moment : c’est un état mental inconscient, créatif, qui se construit
  • non grâce à des efforts volontaires,
  • mais guidé par des " sensibilités internes " (" périodes sensitives " iconiques : acoustique, olfactive,  gustative, tactile, visuelle)
  • temporaires,
  • se maintenant juste le temps nécessaire pour que la nature accomplisse son œuvre.
4 – Ce sur quoi MM insiste, dans cette gestation des " contenus humains " de l’enfant, c’est une notion d’ " ordre intérieur " : qui fait passer " l’humanité de l’homme ", du néant chaotique aux origines inchoatives : du tohu-bohu au cosmos. Ainsi, enfin, qu’une notion de " rythme " : une espèce d’horloge, de comput, de balancier intérieur, et personnel, qui se mettrait naturellement en place en chacun, réalisant la cadence idéale des développements ontogénétiques.
Ramassons notre cueillette montessorienne :
  1. Autonomie de développement
  2. Inconscient créatif
  3. Esprit absorbant
  4. Ordre et Rythme intérieurs
Voilà (au moins) 4 points, on pourrait dire 4 axes le long desquels peuvent bien se dérouler une éducation à la sagesse, et corollairement, une sagesse de l’éducation !

II – QUELLE ÉDUCATION POUR QUELLE SAGESSE , AUJOURD’HUI ?

1- Dans un monde fou, une sagesse folle : le paradoxe
C’est un cliché éculé de dire que le monde est fou, qu’il ne sait pas où il va, qu’il mène à la catastrophe !
C’est un 110 autre cliché, tout aussi éculé, d’aller répétant le contraire : que le monde est merveilleux, plein de ressources et de promesses, et qu’il suffirait à l’homme de... etc. etc., pour que... etc. etc.
En fait, le monde est, a été et sera ce qu’il a toujours été : un formidable milieu / instrument, à la fois dans lequel nous sommes et qui est entre nos mains. Il ne va que là où nous allons, et nous n’allons jamais nulle part ! Si nous ne savons pas où nous allons, cela relève de notre manque d’orientation, pas de sa folie !
Il y a assez d’images de réserve, enfermées dans l’obscurité primordiale (le " chiaoscuro " du Caravaggio, celui des Dioscures, c.a.d. les " Dii Oscuri " du Capitole) de notre inconscient , et qui n’attendent que d’être activées par cette " mystérieuse sensibilité " montessorienne : par exemple, nous ne nous servons pas assez des " Grands Textes " du Patrimoine Mondial de l’Humanité, nous ne savons peut-être plus les  " raconter en direct " aux enfants que nous abandonnons devant les écrans de TV et qui se gavent d’images électroniques toutes faites, à raison de 24 à la seconde !
Ainsi va s’amenuisant la force visuelle de leur propre production iconique interne, celle qui devrait aller chercher dans la nuit de leur propre destinée, les réponses rêvées, c.a.d. réelles, à leurs questions devant la stupeur du monde : Stupor Mundi , comme ses contemporains avaient surnommé Friedrich der Zweite von Hohenstaufen !
Car c’est stupéfait devant le spectacle du monde, que l’enfant, le père de l’homme, commence à imaginer sa réponse : c’est soit une réponse toute faite, un cliché socio-électronique,- politiquement correct ,- soit un trait de folle sagesse, aussi inattendu et aussi stupéfiant que le message du monde lui-même, - et nécessairement contestataire !
Comment ont fait ceux qui devant la mort inacceptable, Égyptiens et Incas, nous l’ont racontée dans leurs Livres des Morts : Popol Vuh ou Saqqarah ?
Comment ont fait ceux qu’étonnaient les innombrables guerres et génocides du sous-continent indien où ils survivaient ? Ils ont donné à entendre à leurs enfants Maharabattha et Ramayana, aussi infinis dans leurs péripéties que l’étaient leurs querelles ancestrales !
Comment ont fait ceux que la quête d’une terre, puis la disparition de leur espérance et la mise à mort de leur foi ont du souvent jeté sur les chemins du doute et de la peur ? Hébreux, puis Chrétiens ont créé, avec l’aide de leur Dieu, disent-ils, les instruments de leur survie et de leur vie éternelle : Bible et Evangiles, de Genèse en Apocalypse, ont ainsi pu jalonner les folles avenues de leurs pérégrinations à travers l’espace et le temps ! Et ils le font encore !
Le paradoxe de la vie qui l’emporte malgré tout et malgré les apparences, n’est-il pas le paradoxe parfait, car le quotidien semble en permanence en butte à l’anéantissement : alors, il faut raconter le merveilleux, mais avec la voix des conteurs ! C’est la plage de jeu de cet " inconscient créatif " montessorien.

2- Dans un monde compliqué, une sagesse complexe : la pluridisciplinarité
" Comment va le monde, Monsieur ? - Il va, Monsieur ! " Cette réplique à la Ionesco n’explique peut-être rien, elle relève plutôt du Café du Commerce, et pourtant elle avoue une résignation devant la complexification du monde.
Ce matin, Egdar Morin, - je suis heureux de dire ici que sa pensée m’inspire depuis plusieurs années, (surtout cette dernière décennie, passée en Asie du Sud-Est, où tout ce qui est, l’est sans doute, sans l’être tout à fait, mais tout en l’étant quand même et à la fois) - ce matin donc, dans sa communication sur " Les savoirs nécessaires à l’éducation du 21ème siècle ", Maître Edgar en a dit assez sur le sujet de la pluridisciplinarité.
J’insisterai seulement sur la nécessaire différence à maintenir entre complication et complexité :
  • paradoxalement, encore, la complexité relève de la saine simplicité. La complexité manifeste la richesse du réel, elle ne le rend pas opaque ; elle indique la multiplicité des voies qui mènent, ensemble et toutes à leur façon, à son appréhension. La complexité relève, pourrait-on dire, de la stéréophonie de l’intelligence : elle entend et pratique le maximum de réseaux et de pistes à la fois, elle enrichit tout ensemble la manifestation du réel et son appréhension !
  • la complication, inévitable (?) dans un premier temps, rend simplement compte de la sophistication excessive par laquelle l’appréhension du réel doit peut-être nécessairement passer pour certains, avant de parvenir, par une catharsis appropriée, à se débarrasser de paramètres, sans doute intéressants, mais qui " ne font rien à l'affaire " : Matisse, Wolinsky, Arvo Pad, Les Frères Troisgros, Isse Miyaké,- pour ne parler que peinture, dessin, musique, cuisine et prêt-à-porter, chez quelques uns de nos contemporains -, cultivent la couleur, le trait, le son, la nourriture et le tissu comme un en-soi, qui porte en lui, déjà, ses potentialités d’être exprimé.
Apprendre, apprendre, apprendre : toujours et partout. Tout ! Et puis, drainer, drainer, drainer : tous les savoirs - superstructures, après s’être transformé soi-même en se frottant à eux, en vérité, comme lors du combat de Jacob et de l’ange. En sortir boiteux, peut-être, comme lui, mais voi devant soi, comme lui aussi, le soleil de la nouvelle aube se lever sur sa vie métamorphosée ! Autonome, enfin ! (Laisse-moi faire. Seul, dit-elle ! )
Pluridisciplinaire, oui ! Encyclopédiste, oui, encore ! Polylogue, certes ! Mais jamais de psittacisme, ni de préciosité ! Pic de la Mirandole, au risque de mourir jeune ! Ou Giordano Bruno, l’homme incendié !

3- Dans un monde global, une sagesse intégrante : l’holisme
Si le monde se " mondialise ", c’est que d’une certaine façon, il rétrécit. Déjà Alfed de Vigny se le répétait  (" La vitesse et le temps sont vaincus ") au temps du premier chemin de fer, ce " chemin triste et droit ", comme il l’appelait.
On s’ennuie à Hong Kong, si on n’y travaille pas ses 12-14 heures quotidiennes : mais que l’on soit sur l’île ou au siège, à Paris, le travail est sensiblement le même, et le reste ! La distance et le décalage horaire ne font rien à l’affaire.
En revanche l’intégration ordinaire des analogies environnementales peut devenir créatrice d’un nouvel état de conscience : en relativisant les conditionnements des activités professionnelles, par exemple, l’esprit se libère et du temps et de l’espace et acquiert une appréhension du monde plus essentielle, plus permanente et plus intuitive des valeurs qu’il recèle.
Là encore, de compliqué, le monde devient complexe, et la vision acquise de ses fonctionnements foisonnants développe à la fois une plus grande capacité de s’en libérer, et un plaisir plus différencié d’en jouir.
C’est là que prend toute son ampleur cet esprit absorbant montessorien, générateur d’un ordre et d’un rythme propres, qui, en rendant le monde organique, - en en faisant un cosmos -, tend à le rendre toujours plus compréhensible et habitable.

4- Dans un monde " vite ", une sagesse de " second souffle " : l’effet " zen " :
La vie va vite, elle essouffle et s’essouffle. (" De prisa, de prisa ! " "  Vite ! Vite ! ", titrait l’un des derniers films du réalisateur espagnol Carlos Saura) . Au risque de paraître cliché, je dirais que la vie n’ira jamais assez vite, mais on la " précipite " de plus en plus, confondant, par là, vitesse et précipitation.
L’accélération relève d’une logique, non pas celle du progrès seulement, mais surtout de la compétence, du savoir-faire, de la professionnalisation et de la (bonne) habitude ( ce qui est la définition même de la vertu par Thomas d’Aquin).
Voilà encore un lieu de vérification et d’application de l’ordre et du rythme montessoriens, en perpétuelle accommodation (comme l’œil) devant les " obstacles " (c.a.d. ce qui est placé devant soi et vient à notre rencontre).
Stimulé par les machines qu’il enfante, l’homme a une seule alternative :
  • (apprendre à) les contrôler ou
  • se laisser contrôler par elles.
C’est ce que j’appelle la " sagesse du second souffle ", et que j’emprunte pour ma part, au fonctionnement de cet entraînement infini, qui constitue, pour une part majeure, le contenu de la méditation zen, nécessaire à la pratique de tous les arts au Japon et matrice de toute l’esthétique nippone.
L’ " effet zen ", c’est cette maîtrise de l’être et du monde, de mon être au monde, du monde des choses et de la pensée, de ce présent du monde où j’instaure mon existence.
Cette autonomie de dignité et de liberté, chère à MM., se situe encore dans cet ordre et ce rythme intérieurs qu’elle indique : mais toujours de façon potentielle. L’intérêt de cette vision, je le répète, c’est de souligner en permanence le capital des possibles encore à réaliser, et non pas seulement celui des réalisations déjà accomplies : investir dans l’imaginaire créatif.

5- Dans un monde cacophonique, une sagesse symphonique : l’harmonie
Dans cette " histoire insensée, pleine de bruit et de fureur ", qu’est l’existence d’après Shakespeare, la règle devient de plus en plus l’absence de règle : les " bandits " de nos westerns d’enfant étaient qualifiés d’ " outlaws ", des " hors-la-loi ".
Au nom de quelle loi, faudrait-il maintenant parler ?

D’autre part, toutes les études de Jean Piaget, le pédagogue de Genève, surtout dans son lumineux petit livre sur l’épistémologie génétique, éclaire en filigrane cette réalité déstabilisante de notre non-contemporanéité avec nous-mêmes. Les multiples et diverses dimensions de notre développement humain ne suivent ni la même cadence ni le même rendement : la dimension intellectuelle, par exemple (études, diplômes...) n’évolue pas nécessairement en phase avec la dimension affective (relationnelle, émotionnelle, sexuelle...), et les escaliers de la promotion sociale (postes de responsabilité, pouvoir, notoriété...) ne se situent pas dans les mêmes cages que les progressions spirituelles (vocation religieuse, foi, engagement altruiste...).

Les journaux nous apprenaient dernièrement qu’une équipe de religieuses, appartenant à plusieurs ordres, avaient gréé un bateau et cinglaient le long des côtes atlantiques, mouillant de port en port, pour témoigner en plein vent que suivre le Christ n’est pas incompatible avec une vie athlétique de risque, d’aventure et de bonne santé ! Teilhard de Chardin est incorporé à la Croisière Jaune de Citroën, en tant que paléontologue, et Jean-Paul II continue de faire l’acteur de renommée internationale, malgré (ou n’est-ce pas plutôt grâce à) l’attentat, le Parkinson et l’âge !
D’où vient cette sagesse de l’harmonie, qui réalise chez les uns, cette délicieuse et convaincante synthèse des dons naturels, du travail sur soi, de la position sociale, et, allons-y, de la grâce ? Que manque-t-il à d’autres, promis théoriquement et virtuellement à des destinées vraisemblablement remarquables ou sainement ordinaires, et qui vont se perdre dans le chaos erratique, enfantant des monstres d’humanité, géniale peut-être, mais torturée, malheureuse, et finalement " invivable " : comment comprendre les suicides de Marylin Monroë, de Bruno Bettelheim, de Louis Althusser ou de Thomas Bernhardt ? Quelle pièce a-t-il toujours manqué au puzzle de leur existence de succès : " glamour ", pédagogique, philosophique ou littéraire ? Quelle impossible harmonie les a-t-elle hantés jusqu’à devenir existentiellement insupportable ? Quels bruits assourdissants ont-ils recouvert la plainte congénitale de leur être au monde ?
MM. dirait :
  • " Leur développement fut-il toujours aliéné par un inconscient dont aucun " travail " n’aura jamais suffisamment dénoué les nœuds ?
  • " Au moment opportun et nécessaire, leur esprit n’aura-t-il pas été mis en position d’absorber les énergies globales d’un environnement demeuré irrévocablement hostile ?
  • " Jamais n’auront été durablement réglés cette horloge intérieure de nos affects et de nos acting out, ce gouvernail intégré de nos dérives et de nos caps, ce métronome apaisant de notre yin et de notre yang ? "
Ces êtres, à la vie si intéressante, l’ont finalement supprimée faute de pouvoir faire face aux exigences de ses dysharmonies !

Deux remarques pour suspendre ces quelques réflexions


A) LA RÉPETITION
Voilà encore un mot et une réalité chers à MM. L’apprentissage de la sagesse, est, effectivement, de l’ordre de la contemplation, et il faut du temps et de l’exercice pour familiariser notre être entier avec elle.

La répétition dont il s’agit ici se retrouve régulièrement d’ailleurs dans les procédures en usage chez les mystiques, et en particulier, chez ce mystique de l’action qu’est Ignace de Loyola : revenir sur telle ou telle pratique recommandée par le programme des Exercices, en se rendant chaque fois plus conscient que chaque retour sur le métier établit un changement chez l’exercitant, et que le constat de ce changement entraîne une transformation de son attitude devant le spectacle et l’entreprise du monde.

Nous voici par exemple au cœur d’une exposition de peinture : oui, nous voici entouré de tout côté par l’œuvre rassemblé de Vincent Van Gogh. Et depuis un moment nous circulons de l’Arlésienne au Docteur Gachet et de St Rémy à Auvers. Et puis, avant de sortir de la salle 4, une force nous pousse à revenir dans la chambre de Vincent à l’asile, vous savez, celle des souliers et de la chaise jaune ! Nous nous y sommes déjà attardé il y a un quart d’heure ! Mais depuis ce temps-là, il y a eu dans nos yeux et La Terrasse du Café et la Nuit Fantastique : la " répétition " de notre regard sur la chambre a été " in-formée " par la contemplation des autres tableaux ; et ainsi transformé, notre regard actuel est désormais riche de toutes les harmoniques iconiques accumulées, et, se penchant à nouveau sur la chambre de Vincent, notre nouveau regard intègre maintenant dans l’étroit volume de la cellule, les fabuleux extérieurs de la nuit provençale...
Répéter, ici, n’est pas ânonner : c’est renouveler en profondeur, en altitude et en extension.

B) RETROUVER L’ENFANT EN NOUS : ses capacités sont loin d’avoir été épuisées
S’il ne fallait retenir qu’une seule conviction de MM, - conviction qu’elle partage d’ailleurs avec tous les grands pédagogues -, c’est que l’enfant que nous avons été continue de vivre en nous, et incarne notre capacité permanente de croître, de nous développer, donc de nous transformer et de nous adapter.
Cet enfant garde de plus le secret de le tendresse que nous porterons au monde et que le monde nous portera, si nous le laissons :
  • indiquer à l’adulte sa propre voie vers l’avenir ;
  • libérer ce que son inconscient recèle toujours de créativité ;
  • absorber spirituellement les émanations spirituelles de la création toute entière ;
  • avancer, enfin, dans l’ordre et au rythme qui sont les siens !

LE VENT SE LÈVE, IL FAUT TENTER DE VIVRE !(Paul Valéry)


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Dernière modification : 2002/02/23
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