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BASILEUS ALEXANDROS
LE ROI ALEXANDRE
356-323 (+ à 33 ans)

Vincent-Paul TOCCOLI, sdb,
" American Optiocal ", Pont-Labbé
21-22 Septembre 2001

 


Basileus alexendros

Au temps de Philippe, Roi de Macédoine

  • 12 départemenst autour de PELLA, la capitale ;
  • Nécessité d’une armée ;
  • Contre les hoplites grecs d’Athènes : la Macédoine est à peine une province héllène, à demi barbare, d’origine plus balkanique et phrygienne, qu’attique ; elle est en bordure de la Grande Grèce (comme la Galilée sera en bordure du pays d’Israël) ;
    • *** 1/2 infanterie légère (mouvement),
    • *** 1/2 cavalerie lourde (corps de rupture, environ 600 h.) (bouclier de bronze ; bonnet phrygien ; bonne solde)
Philippe,son père, est assassiné à 46 ans, se préparant juste à attaquer la Perse.

Alexandre apporte du changement (en - 336 = il a 20 ans)

  • Il introduit le stave-fighting ;
  • IL remplace le bonnet phrygien par le béotien (plus efficace contre les coups de face et aux épaules) ;
  • Il impose le crâne rasé et interdit la barbe (qui évite les prises) ;
  • Il forme deux corps de compagnons (hétaïres) :
    • les cavaliers,
    • la cour : oï amph’auton etairoï
      deux série :
      • somatophylakes = bodyguards
      • & basilikoï paides = pages
Pour ce qui touche l’armée en général : les rations étaient achetées à des magasins privés qui suivaient l’armée : les Phéniciens ; Et en cas de crise : achats massifs et intendance.

Les grandes batailles et leur importance (en 8 ans)

  1. Le Granique, 334 = à côté de l’antique Troie, au sud de l’actuelle Istambul
  2. Milet, 334 = sud de la côte égéenne, au sud d’Ephèse
  3. Halicarnasse, 334-333 = au sud de Milet (actuellement Bodrum : ville du Roi Crésus)
  4. Issos, 333 = entre Tarse et Antioche (1ère confrontation importante avec Darius III)
  5. Tyr, 332 = sur le site actuel (jette un causeway pour ne plus en faire une île)
  6. Gaza, 332 = sur le site actuel
  7. Gaugameles ou Arbèles, 331 = près de Mossoul, Irak (anciennes Ninive et Assur : confrontation décisive avec Darius III)
  8. Portes Persiques, 330 = près de l’actuelle Hamadan , Iran (ancienne Ecbatane : route du haut-plateau iranien)
  9. Hydaspes, 326 = ville sur le 5e affluent de l’Indus, au Penjab (victoire sur Porus, roi de l’Inde, victoire qui lui ouvre les portes du sous-continent, qu’il ne passera pourtant jamais, car les Lacédémoniens risquent la mutinerie. Alexandre rend le pays à Porus !)

Tactique

  • D’abord consolider les conquêtes avant d’en entreprendre d’autres ;
  • S'assurer d’une solide base d’opérations avec une extrême prudence ;
  • N’obéir aux évènements que pour les dominer et en faire servir les effets à l’exécution d’une pense créatrice de l’ordre nouveau ;
  • À la bataille, placer toujours un " obstacle " entre soi et l’ennemi (la plupart du temps, c’est une rivière, si possible à plusieurs bras) ;
  • Toujours contourner l’obstacle ;
  • La garde rapprochée (les " compagnons de la cour(oï amph’auton étaïroï) " servent pour un " coup à l’improviste ", en une charge foudroyante ;
  • Économie d’engagement, économie de pertes ;
  • Mobilité ;
  • Principe de la poursuite impitoyable qui seule peut changer la défaite en déroute.

Le système de communication

  • Héritage du fonctionnement des satrapies ;
  • Routes de la Soie, et annexes ;
  • Points hubs : les Alexandrie ;
  • Souci constant de tracer des frontières (Sogdiane et Bactriane – plus de 20000 colons grecs,- contre les tribus du Nord ; Alexandrie d’Arachosie-Kandahar, contre les tribus du désert de Makrân) et d’organiser les cadres de l’empire qu’il voulait fonder.

La pensée économique

  • Faiblesse de tous les États asiatiques :
    • ni vraie conception budgétaire au service de ses desseins,
    • ni vraie conception économique au service de son trésor.
  • Alexandre commença par dévorer les réserves thésaurisées par les Achéménides, que ses successeurs devaient achever ;
  • Cette consommation mit, sûrement, en circulation des richesses mortes et permit de jeter les bases de structures humaines, sociales et économiques nouvelles ;
  • Mais on peut sérieusement douter que ni Alexandre ni qui que ce fût dans son entourage ait jamais réfléchi aux conditions économiques qui auraient pu permettre à l’Empire de continuer à vivre sur le pied où la conquête et le pillage l’avaient si rapidement porté !

Politique générale

A) L’enjeu

  • Alexandre ne voulut rien changer aux principes de gouvernement qu’il rencontrait dans les pays conquis, l’ancien empire achéménide surtout ; et ce qu’il y avait de grandeur plus qu’humaine dans ces royautés orientales était plus fait pour le séduire que pour le choquer. : il trouva naturel pour lui d’en accepter les caractères et les droits divins. (la proscynèse) (déjà en Égypte, à Siwah, lors de l’oracle d’Amon !) ;
  • Tel n’était pas le sentiment des Grecs, ni même de ces fidèles mais rudes Macédoniens, qui l’avaient aidé à conquérir le monde, et Alexandre est mort sans avoir pu leur imposer cette conception de la royauté ;
  • Elle entraînait en effet des conséquences graves, mais elle était elle-même une conséquence de la conquête, et voilà pourquoi la nécessité de s’y attacher n’est apparue et ne s’est manifestée clairement pour Alexandre, que lorsque la conquête fut presque entièrement terminée ;
  • Il ne s’agit plus d’assurer la domination de la Macédoine et des Hellènes : il faut accorder entre elles les diverses races de l’Empire, qu’elles soient barbares ou grecques, et les placer sur le même rang.
  • Quoi de commun en effet, entre :
    1. l’hégémonie qu’il exerce en Grèce,
    2. la tradition nationale qui fonde son pouvoir en Macédoine,
    3. et le droit divin qui le consacre en Orient ?
  • Pour amener l’unité dans cet édifice complexe de l’Empire, il faut la créer dans la personne même de son chef et trouver un principe qui, accepté de tous, puisse pour tous justifier son pouvoir(cf la numismatique).

B) Le moyen : La Cité (polis)

Un portrait :
Isocrate : c’est la culture, et non la race, qui fait le Grec, ce sont les tendances cosmopolites de son temps qu’ Alexandre exprime.
Il fut l’homme de " l’arétè "; : sa conquête s’apparente aux chef-d’œuvres de l’Hellénisme.
Il avait hérité de son père cet esprit lucide qui, en lui donnant une vue nette du possible, tempérait la fougue de son tempérament, de son imagination et sa passion de l’aventure.
Orgueil indomptable.
Fièvre religieuse, dans l’idée qu’il se fait de sa personne et de sa mission, se sentant de race divine, descendant d’Héraclès.
Nature généreuse, soucieuse de la grandeur de sa tâche.
Sensible à l’amitié.
Capable de toutes les séductions.
Noblesse royale : flamme de son regard, terrible dan la colère, mystérieux parfum qui se dégageait de son souffle et de sa peau.
Son génie excessif finira par l’isoler au milieu de ses compagnons.
Il se donne pour le vengeur de la Grèce : frappant l’imagination, il convainquait que, nouvel Achille, il s’armait pour la querelle traditionnelle des Grecs.
Peu à peu, on le verra abandonner les conceptions strictement macédoniennes et grecques pour adopter, dépasser même l’idéal asiatique, et rêver de la fusion des races dans un empire universel.

Un homme insatiable qui n’a pas cessé un seul instant d’entreprendre

  • Un homme d’action (Démosthène, Aristobule et Seleucos) ;
  • Son génie ne pouvait demeurer en repos.


La prodigieuse aventure qui fit des Macédoniens les maîtres de la Grèce et de l’Orient n’exige guère d’autre explication que cette activité obstinée,
  • Non point au service d’une culture (l’hellénisme) ;
  • Ni même d’une collectivité (les Macédoniens) ;
  • mais d’une individualité hors du commun ;
  • et d’une ambition en quelque sorte absolue.

C’est à ce titre qu’Alexandre,

  • paré du prestige dionysiaque de la jeunesse ;
  • et nimbé de légendes ;

mérite une place à part dans la série des fondateurs d’empires.

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