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" Quelques irréductibilités dogmatiques
dans l’Église Catholique Romaine "

Centre Baha’aï, Nice, 7 novembre 2001

 

vide  L’Église Catholique Romaine (ECR) est une société qui dit d’elle-même qu’elle est à fois humaine et divine, et chaque fois à un double titre :
  1. Fondée par Jésus de Nazareth, le Messie-Christ, le fils de Dieu ;


  2. Réalisée par des hommes, les Apôtres, et le 1er d’entre eux, un certain Simon-Pierre, élu spécialement pour être le Vicaire du Fondateur (Mt 16,16).Que l’on prenne ce postulat d’un côté ou de l’autre, il en demeure toujours la double affirmation, d’un homme et d’un dieu, d’un homme vicaire d’un dieu-homme (ou d’un homme-dieu) à l’origine de cet événement ;


  3. On peut y ajouter un 3e élément, divin lui aussi : c’est celui de l’Esprit Saint, esprit de Dieu le Père et de Dieu le Fils, soutenant l’Église dans le temps de l’Histoire ;


  4. Structure de fondation hiérarchique, qui se transmettra hiérarchiquement après Pierre, sous la mouvance de l’esprit saint : la " traditio apostolica " = la transmission sans faille depuis les apôtres de ce pouvoir de " régner  = de paître le troupeau des fidèles, les ouailles " . D’où le titre de Pasteur, et de Pasteur Suprême, en tant que Vicaire du Christ ! ;


  5. Ceci se passait dans l’Empire Romain, et le siège de cette " association " était à Rome. Il en découla par la force socio-culturelle des choses une romanisation des structures (le Pasteur Suprême, par exemple, devint le Souverain Pontife, titre qui appartenait à l’empereur) : l’affaire de cette romanisation fut bouclée avec Constantin, en 313 : le christianisme devint religion d’état, et son organisation fut calquée sur les structures de l’armée et de l’administration romaines (par exemple : le diocèse, circonscription militaire devint le territoire d’exercice de " l’épiscope = évêque ", titre de préfet de région = surveillant).


Il faut avoir en tête cette structure mentale d’organisation centrale, déductive, hiérarchique, obligatoire, incontestable et contrôlée qui prendra toute son ampleur, dès 421, avec la convocation par l’empereur des premiers conciles oecuméniques ainsi qu’avec la définition inventive des dogmes et leur stricte et sévère promulgation, toutes choses rendues nécessaires pour affermir la nouvelle Église et la confirmer dans son rôle d’unificatrice de l’empire et de garantie de la protection divine, donc du caractère divin de l’empereur, en même temps de la relation divine entre le Christ et son Vicaire.


En examinant seulement ces 5 conditionnements historiques de fonctionnement, nous pourrons comprendre certaines choses :
  1. Structure mentale d’organisation centrale, déductive, hiérarchique, obligatoire, incontestable et contrôlée : le dépôt confié ne doit connaître aucun partage, il n’est pas constitué d’opinions mais de vérités révélées, à accepter telles quelles, et à respecter à la lettre, selon les ordres des préposés officiels, possédant par leur ordination la plénitude du Saint Esprit. Ainsi, la formulation du credo catholique romain remonte au concile de Nicée, IVe siècle.


  2. La définition inventive des dogmes et leur stricte et sévère promulgation : les multiples groupements, non encore unifiés, des chrétiens, émettaient des hypothèse explicatives des données de la foi : cela devenait intolérable et pour l’Église et pour l’Empire auquel elle se trouvait maintenant inexorablement enchaînée. L’empereur ordonna d’y mettre fin, et convoqua les conciles, avec l’ordre, d’une façon ou d’une autre, de mettre fin à ces divergences en définissant la foi catholique (= universelle) une fois pour toutes.
    Les thèmes les plus controversés étant :
    • (sur)naturellement la double nature de Jésus-Christ et l’unité de sa personne,
    • l’unicité et la trinité de Dieu,
    • la place de l’Esprit- Saint dans l’économie trinitaire,
    • la nature et la surnature de la Vierge, Mère de Dieu (théotokos),
    • tous les mystères de la Foi : pardon des péchés, résurrection de la chair, vie éternelle etc.

    Celui qui ne croirait pas à cela, était déclaré anathème, et susceptible d’être mis à mort par tout citoyen de l’empire et tout membre de l’Église (cf les fatwa islamiques, celle contre Salman Rushdie, par ex.) ;


  3. Affermir la nouvelle Église :
    • contre tout danger extérieur : c’était l’affaire du bras séculier, l’armée impériale,
    • contre tout danger intérieur : ce fut le rôle des " inspecteurs = épiscopes " et des clercs chargés de la pureté de la foi (cf. Inquisition du Moyen-Âge et Talibans actuels) ;


  4. rôle d’unificatrice de l’empire et :

    " cujus regio, ejus religio " :
    adage qui sera repris par la Réforme et la Contre-Réforme : " Il vous faut suivre la religion du Prince sur le territoire duquel vous habitez ". Ainsi, tous pratiqueront les mêmes choses...


  5. Garantie du caractère divin de l’empereur, en même temps de la relation divine entre le Christ et son Vicaire.

    Le lien entre l’État (l’Empire) et l’Église va devenir fusionnel, identificatoire et hégémonique : la terre est confiée par Dieu, au double corps constitué du Pape et de l’Empereur, quitte à eux de s’entendre pour appliquer et faire respecter la " divina pax romana "ou la " romana pax divina ", suivant l’ordre de préséance choisi !


Ainsi l’histoire nous enseigne que certaines irréductibilités sont maintenant, au nom de la vérité transmise et des habitudes prises, plantées de façon indéracinables, dans ce qui constitue " l’identité catholique " :
  1. La personne et le rôle théologique du Pape ;


  2. La nécessité de la jonction du pape et du concile oecuménique pour définir la foi et les moeurs ;


  3. La double nature et l’unique personne du Christ Jésus ;


  4. Le mystère de la Sainte Trinité ;


  5. La résurrection de la chair ;


  6. La nécessité du baptême pour entrer dans l’Église ;


  7. Les règles pour approcher les sacrements ;


  8. La vénération toute spéciale pour Marie, la Sainte Vierge, Mère de Dieu ;


  9. L’ato-compréhension d’avoir été choisie par Dieu lui-même comme sacrement de salut pour tous les hommes passés, présents et a venir ! ;


  10. L’auto-affirmation d’être la vraie et authentique Église du Christ...


On peut comprendre que ces irréductibilités sont à la fois une pierre d’achoppement pour tout autre groupe religieux, et en même temps la salutaire référence d’un en deçà et d’un au-delà du rapprochement inter-religeux : car la vérité ne peut faire aucun compromis.
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