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L’Enseignement Catholique face
aux cultures bouddhiques, confucéo-taoïstes et shintoïstes

Conférence Européenne de l’Enseignement Catholique Bruxelles

 

vide  SOMMAIRE

I - Présentation succincte des différentes voies



II - Le Christianisme

III - L’Enseignement Catholique face aux voies culturelles et spirituelles de l'Extrême-Orient




CONCLUSIONS

 

 

I - PRÉSENTATION SUCCINCTE DES DIFFÉRENTES VOIES

Longtemps, bien longtemps avant qu’on ne parle de Christianisme et de Catholicisme, l’Asie respirait au rythme d’autres paroles et d’autres intuitions, et inventait d’autres attitudes, d’autres comportements et d’autres traditions...

 

C’était vers le 6e siècle avant Jésus-Christ - l’époque où la Grèce donnait naissance à Socrate, puis à Platon, à la philosophie et au " miracle grec " ;
- l’époque où Israël était libéré par Cyrus de la déportation à Babylone et se mettait à attendre un Messie dans un pays dévasté ;
- l’époque où l’Europe occidentale (Gaule, Germanie, Lusitanie, Ibérie, ...) vivait encore au fond des forêts, entre ses druides et ses guerres claniques 
- l’époque enfin où la Méditerranée connaissait un trafic maritime incessant entre tous ses rivages, sur les bateaux rapides et trapus des Phéniciens et des Grecs, qui fondaient des comptoirs devenus depuis des villes portuaires cosmopolites...

 

 

 

A – BOUDHISME

À la frontière entre le Népal et l’Inde d’aujourd’hui, dans un petit royaume au nom charmant de Kapilavastu, dans la bourgade de Lumbini, un petit garçon est mis au monde et reçoit le nom de Siddhartha : sa famille s’appelle Gotama, et son clan est celui des Sakya. Plus tard, on l’appellera aussi Sakyamuni, c-à-d " le sage du clan des Sakya ". Aux alentours de la trentaine, il va mettre au point une nouvelle voie vers le bonheur en prenant conscience :
  • que la multitude des dieux de l’Inde ne peut rien pour personne ;
  • que chacun est renvoyé à soi-même pour s’en sortir ;
  • que la source de notre malheur est le culte de l’ego et le désir sous toutes ses formes ;
  • que se libérer de cet ego et supprimer ce désir, c’est déblayer une voie nouvelle : 
    • sur laquelle il " sera possible" de parvenir à la découverte de sa vraie nature,
    • en se défaisant d’une attitude mentale de jugement,
    • en évacuant sa pensée de tout contenu,
    • en entrant dans un " tout " dont chacun fait partie et qui fait partie de chacun,
    • en reconnaissant que tout est illusion, et illusion d’illusion,
    • en admettant enfin que nous ne sommes que le rêve d’un rêveur, qui rêve qu’il rêve...
  • Une seule attitude devant le spectacle du monde et des autres : compatir au malheur de chacun des êtres humains, englués dans les mêmes illusions, et les considérer avec la double souffrance, à la fois de les voir se mourir et de ne pouvoir rien faire pour eux, sinon les exhorter à prendre à leur tour le chemin de l’Illumination, le chemin de la Bodhi, le chemin du Bouddha ! ;
  • Et ainsi, de réincarnation en réincarnation, le " karma " de chacun se purifiera, dans une suite dont personne ne peut dire si elle est indéfinie ou infinie : " samsara ".
  • Le moyen le plus sûr pour atteindre à cet état de la Bodhi,- avec la discipline de l’Octuple Chemin (règles de conduite) -, c‘est la méditation : une méditation basée sur des techniques de respiration, visant la maîtrise du corps et de l’esprit.


Le mouvement inauguré était une affaire individuelle : l’histoire et la difficulté de la tâche donnèrent naissance, très vite dès la mort du Bouddha (mahaparinirvana), à une tendance plus " religieuse " qui exigea très vite une dieu, un temple, des prières, une liturgie, une " théologie ", et puis des " saints ", des pèlerinages, un ciel, un enfer : bref tous les accessoires d’une religion, empruntés aux religions et aux cultures environnantes, qui circulaient sur les Routes de la Soie. Au début de l’ère chrétienne, la distinction-scission était consommée entre le Hinayana (= le " Petit Véhicule ", les " traditionalistes ") et le Mahayana (= le " Grand Véhicule ", les " réformés "), le second groupe se développant plus vite et plus loin dans toute l’Asie.

Ce que nous appelons " Bouddhisme ", en se répandant, était assez souple pour s’adapter d’une part et emprunter d’autre part : c’est ainsi que du Népal au Japon et de la Mongolie à l’Indonésie, il a pu prendre toute une série de formes et être à l’origine de toutes sortes de traditions, se mêlant au caractère national des peuples qui l’adoptaient, l’influençant même, au point d’en devenir parfois un trait identificatoire. Syncrétisme, ré-invention, re-visitation : l’Asie, désormais ne peut se comprendre sans ces 25 siècles qui lui ont donné une vision du monde (Weltanschauung), un art de vivre (way of life), une assise existentielle (Sitz-im-Leben), une esthétique, une culture : bref une civilisation dont les productions n’ont rien à envier à celles des autres cultures du monde.

 

 

 

B – CONFUCEO-TAO...ISME

Dans une Chine, qui n’était pas encore la Chine que nous connaissons, - époque située entre celle dite des Printemps Automnes et celle dite des Royaumes Combattants (entre 7 e et 5 e avant J-C) - apparaissent deux hommes immenses et influents : Lao-Tseu et K’ong-Fou-Tseu, mieux connu sous le nom de Confucius.

1 - La trouvaille de Lao-Tseu, c’est le TAO, le chemin, la voie : il fonde le Taoïsme : le produit du " yang " (élément masculin) et du " yin " (élément féminin). Ce sera un étrange amalgame : 
  • d’adoration des esprits, de la nature et des morts,
  • de sabéisme, secte religieuse venant du pays de Saba (sic ! = actuelle Ethiopie)
  • de fétichisme,
  • de démonolâtrie et
  • de magie.
La vie et la mort ne sont que des étapes transitoires. Le suiveur de cette doctrine, qui deviendra une véritable religion, a soin de ne jamais prendre parti, de ne pas intervenir.

2 – Confucius viendra quelque temps après, dans le royaume de Chu, au sud de la ville actuelle de Jinan. Il rédigea sa doctrine en 6 livres. Elle détermine les règles de conduite :
  • sagesse,
  • équité,
  • tradition,
  • piété familiale,
  • austérité.
  • Les hommes d’abord, le ciel après.
Peu appréciée de son temps et de ses contemporains, cette doctrine fut recueillie par la postérité, et devint la base de l’éducation et de la morale chinoises jusqu’à nos jours.

3 – Entre le 1er siècle avant J-C et le 1er siècle après J-C, - en montant du sud par les pistes himalayennes et en empruntant par l’ouest les routes du Taklamakan (Bassin du Tarim) et de ses plantureuses oasis, - le Bouddhisme indien, sous sa forme mahayaniste, pénétra l’empire chinois désormais unifié depuis –221 par le Premier Empereur Jaune (Sin Shi Huang Di, capitale Xi’an, anciennement Chang’An). Le bouddhisme mahayaniste se mêla, comme il sait le faire, à la synthèse déjà opérée par le Taoïsme et le Confucianisme, dont certaines dispositions devinrent la piste d’envol de ce qui deviendra la " Religion Chinoise ", et qui emprunte à ces trois sources, pour réaliser une ultime synthèse " religieuse " où se retrouvent harmonieusement les traits caractéristiques de ces trois traditions " philosophico-éthico-religieuses " :
  • philosophiquement, la religion chinoise se servira de plus en plus de l’instrument abstrait que s’est forgé l’Inde depuis les Upanishads et dont le Bouddhisme ne pouvait que se servir pour exprimer le nouveau mouvement qu’il inaugurait ;
  • éthiquement, la religion chinoise se basa très tôt sur les règle morales que les doctrines de Confucius répandirent d‘abord sans succès dans le royaume de Chu (- 500 environ), mais avec succès, après la dynastie Qin, quand les Han prirent le pouvoir(-206 / + 24) ;
  • religieusement, la religion chinoise ne se départira jamais de ses croyances aux esprits, aux démons, de ses " superstitions ", de ses rites " exorcistes ", etc.

 

 

 

C – SHINTO-BOUDDH...ISME

EN DEUX ÉTAPES (6e puis 12e siècles), LE BOUDDHISME PÉNÉTRA DANS L’ANCIEN JAPON, LE YAMATO, à l’occasion de la politique d’extension territoriale successive des dynasties SUI et JIN. Le Yamato possédait déjà un ensemble de pratiques religieuses de type chamanique et animiste, dont aucune synthèse n’avait cependant jamais été réalisée jusqu’ici.

La première pénétration chinoise au Yamato provoqua chez ses habitants une sorte de prise de conscience de leur originalité culturelle, et entraîna la constitution et la rédaction de " livres fondateurs ", le Koki-ji, qui devint la " Bible " de la " nouvelle " nation : en empruntant l’écriture pictographique et l’administration confucéenne de son grand, puissant et redoutable voisin (Gengis Khan, en fondant la dynastie Yuan, menaçait d’une terrible campagne de conquête), elle entra dans le concert des pays émergents de l’époque, dont le royaume de Koryo (la future Corée) : tous deux, Koryo et Yamato, bénéficiant de l’influence économico-politique et culturo-religieuse de la Chine des T’ang qui montait à leur frontières.

Ainsi, le Bouddhisme fut d’abord le véhicule d’une " colonisation " de type " civilisation " : on envoyait les fils de la noblesse et les cadres religieux étudier dans la capitale des T’ang, Xi’an, on imitait l’art de vivre, - esthétique, littérature et architecture urbaine, - de la cour du Fils du Ciel, on procédait à une sinisation lente mais sûre. La seconde pénétration fut à la fois plus religieuse (le monachisme des différentes " sectes " et la méditation qui deviendra le zen) et plus culturelle (cérémonies du thé et de l‘encens). Ensemble, moines et samouraï mirent au point, au début sous l’empereur Takau-ji, et ensuite avec ses petits enfants Yoshimitsu et Yoshimasa, la matrice originaire de toute l’esthétique japonaise : les différentes " voies ", " dô ", qui de la cour au monastère, et dans la vie quotidienne (mœurs et goûts), vont imposer les canons souverains du nouveau Yamato.

Le syncrétisme entre :
  • les croyances superstitieuses aux " kami " (esprits d’essence divine qui habitent tout ce qui existe, depuis les êtres humains et les animaux jusqu’aux brins d’herbe et aux nuages)
  • et les exercices globaux qu’exige la méditation bouddhiste, avec la force intérieure qu’elle génère et les capacités inventives qu’elle suscite,
devait donner naissance à une culture originale qui fut totalement " nipponisée " en quelques siècles (jusqu’à la guerre de Onin) et devint rapidement une réalité proprement autochtone, entretenant des relations aussi mystérieuses que fascinantes entre les mondes visibles et invisibles (dont le théâtre Nô est la plus percutante illustration).

Devenant l’aboutissement pacifique de toutes les Routes de la Soie qui démarraient en Méditerranée, le Japon profita de toutes les civilisations qui s’égrenaient sur leurs 15 000 kilomètres : arts, musique, théâtre, mode vestimentaire, diététique, représentation symbolique, mentalités, attitudes et comportements. Le musée du Shoso-in de Nara est le tabernacle inépuisable de tout ce dont le nouveau Japon s’inspirait pour être toujours plus lui-même, en le nipponisant, au point de ne plus reconnaître et d’oublier l’influence d’origine.

 

 

 

II - LE CHRISTIANISME

Qu’est-ce que le christianisme, sinon fondamentalement l’irruption dans l’histoire, de l’éternité, et chez l’homme, de Dieu ?

A - CONTINUITÉ D’ABRAHAM À JÉSUS

S’il y a une continuité entre l’appel d’Abraham et la naissance de Jésus, il y a avec ce Jésus une différence qualitative, significative et unique : Jésus est, quelle que soit la façon (linguistique, théologique, symbolique ou représentative) dont on l’exprime :
  • le " Fils Unique de Dieu " ;
  • identifié et défini à Nicée comme la " Deuxième Personne de la Sainte Trinité ",
  • " vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père " ;
  • et doté de deux natures (humaine et divine) en une seule personne.
  • Mis à mort, il est " ressuscité ", et donc vivant.
  • Ce qui lui est arrivé, nous arrivera : si nous vivons comme, avec et pour lui.
Conformons-nous donc à ce que nous rapportent les évangiles, transmis par ses disciples : c’est ce qu’on appelle la vie chrétienne.

Ceux qui croient en lui, se sont groupés en une Église, qui, au cours de l’Histoire, a pris des organisations diverses, a connu " heur et malheurs ", s’est compromise avec les institutions temporelles, a erré entre pouvoir et service, entre charité et répression. Cette Eglise s’est chargée très tôt,- et elle le continue,- de l’instruction, de l’éducation et de la formation de ses fidèles : ses clercs ont été à l’origine des écoles, des universités, des centres d’études et de recherches. En vertu du principe de subsidiarité, la société civile, en s’organisant à son tour, a pris le relais dans une proportion de plus en plus importante. Cependant, aux siècles qui les nôtres, l’Eglise Catholique propose toujours un enseignement, une éducation et une formation basés sur les valeurs évangéliques, et pratiquant de plus en plus (et de mieux en mieux) une tolérance et une ouvertures telles, que nombre de ses établissements, dits " confessionnels ", accueillent toutes les personnes qui se présentent sans aucune discrimination religieuse. Nos sociétés devenant de plus en plus multiculturelles, il est à la fois incontournable et heureux que ces lieux puissent permettre une rencontre, une familiarisation ainsi qu’une appréciation mutuelles des civilisations et des spiritualités du monde.

 

 

 

B - Transmettre l’esprit chrétien aux générations à venir

On peut facilement imaginer que l’une des taches de l’École Catholique (Européenne et Internationale) est de " transmettre l'esprit chrétien aux générations à venir en Europe et sur les autres continents ", comme l’y invite Jean-Paul II, à l’occasion du 20e anniversaire de la fondation qu’il a fondée lui-même et qui porte son nom.
Il s’agit pour l’École Catholique d’une entreprise de vaste envergure :
  • Culturo-scientifique,
  • sociale et
  • pastorale.
  1. Car elle doit se comprendre comme un lieu et un moyen appelés soutenir et approfondir les liens entre les valeurs de l’Evangile et l’ensemble des nations, avec mission de s'occuper de la diffusion, à travers le monde, du patrimoine de la culture chrétienne, par des prises de contact et grâce à la collaboration de centres scientifiques et artistiques internationaux, au service d’une jeunesse en quête d’une identité personnelle, sociale et spirituelles. C’est ce qu’elle fait comme j’ai pu le constater moi-même, entre autres, dans les missions salésiennes du Mato Grosso et de Chine (Guangdong, Hong Kong, Maco et Taïwan) : avec peut-être une pointe d’italianisme ou d‘ibérisme inévitables pour les missionnaires en provenance de leur propre culture.
  2. Cette École doit devenir toujours plus, pour les générations de l’avenir, " le point de rencontre avec les cultures et les traditions, avec différents courants d'histoire dans le cadre d'une grande culture qui est la culture chrétienne, la tradition chrétienne, l'histoire de l'Eglise et aussi l'histoire de l'humanité " (Audience du 07/11/1981). Ce que j’ai pu aussi établir de mes yeux en Amérique du Sud et en Europe, c’est ce phénomène d’inculturation auquel, avec hardiesse et invention, s’attaquent les adaptations nécessaires parce qu’inévitables,- langues et rites surtout -, avec un succès sans cesse grandissant, au moins là où grandit et se développe la relève locale !
  3. Il est désormais possible, vu l’ampleur et le diversité de l’activité internationale de l’École Catholique, d'évaluer ses réalisations globales. Nous sommes des millions et des millions à œuvrer dans la réalité complexe de la planète. L’École Catholique a vocation, en effet, de se développer, en sa multitude d’implantations, en autant de centres, consacrés pas simplement à distribuer le savoir, les connaissances et les apprentissages nécessaires pour maîtriser les fonctionnements du monde, mais aussi diffuser le message, les valeurs et les modèles comportementaux chrétiens face à des messages, des valeurs et des modèles comportementaux relevant d’autres traditions religieuses et spirituelles : surtout dans tous les pays où le christianisme est venu révéler, aux enfants de tous les peuples, son espérance de participer à une vie éternelle, prenant racine, sens et direction définitifs dans cette seule promesse faite par son Seigneur à toutes les générations de l’Histoire. Ainsi peut-on établir ces passerelles de rencontre et de mutuelle fécondation entre les valeurs chrétiennes et celles venant d’autres traditions :
DE LA BIBLE ET DE l’ÉVANGILE, LE CHRISTIANISME A TIRÉ: DES TRADITIONS BOUDDHIQUES, A ÉTÉ RETENU DES TRADITIONS CONFUCEO-TAO...ISTES A ÉTÉ RETENU DU SYSTEME SHINTO BOUDDHISTE
Le sens de l’homme et de son inaliénable dignité L’immanence en un être humain de la nature de Bouddha La vertu du " jen ", qui fait de l’homme un être irréductible à tout autre La présence en tout être vivant du " kami ", la parcelle chamano-divine.
Le respect de tout être humain, et d’abord du plus faible, du pauvre, de l’étranger La " compassionv" pour tous les êtres La reconnaissance en chacun de la dignité de citoyen L’exquise politesse qui s’ingénie à n'être d’aucun poids pour l’autre
La liberté, la fraternité, la fidélité dans l’amour, le don au autres jusqu’au sacrifice. Les extrêmes auxquels peut amener la compassion pour les autres, jusqu’à mourir pour lui L’honneur d’être un être humain, quelle que soit sa situation matérielle La conscience du groupe, et de notre mutuelle appartenance à un ensemble culturel fédérateur
La beauté sacrée de l’enfance et des recommencements La beauté simple du dépouillement et de l’essence des choses La rectitude et la justice de vie, comme chef d’œuvre pour soi et le groupe L’esthétique du dérisoire et du suranné comme intégration du temps dans l'histoire personnelle
L’appel à la conversion du coeur qui donne valeur au progrès, mais aussi à l’imperfection et à l’échec La discipline de la méditation et de la poursuite de sa vraie nature La frugalité et la sévérité de vie; le relativisation du superflu et du contingent. L’harmonisation de sa vie par la pratique des rites (thé, encens), et l’entretien de la relation avec tout " kami " familier ou nouveau.
L’espérance contre toute espérance qui nous fait vivre comme si rien ni personne n’était jamais définitivement perdu, comme si tout et tout le monde pouvait être sauvé ! La conviction que tous et chacun, nous possédons la nature de Bouddha, et que le " karma " est dépassable, par la pratique du " Noble Octuple Chemin " et la confiance en Bouddha Tout et tous, nous sommes amendables: un chemin existe pour chacun. À chacun de le chercher, de le trouver puis de la pratiquer La beauté seule nous sauvera et avec elle la célébration en chacun du " kami " qui l’habite
(cf Simon Bergson, Le Monde 18-19/11/01,p.32)
  • Rester en contact avec les milieux scientifiques et artistiques partout dans le monde ;
  • s'efforcer de raviver la mémoire des racines chrétiennes de notre culture ;
  • viser à former des élites, qui transmettront cet esprit chrétien aux générations à venir en Europe et sur les autres continents ;
  • enseigner l'histoire de laquelle naît la tradition chrétienne, ainsi que l'aujourd'hui de l'Eglise et du monde dans lequel cette tradition trouve sa propre continuité ;
  • faire vivre dans leurs patries respectives des jeunes gens, devenus à leur tour des promoteurs zélés d’une science et d’une culture basées sur le fondement solide des valeurs éternelles :
l’École Catholique investit dans l'homme et dans son développement intégral : elle ne sera jamais perdante ! Les fruits de cet investissement ne dépériront pas.

Le seul monument que l’École Catholique se doit d’ériger est d’ordre spirituel : sculpté dans les coeurs et la pensée des personnes, des milieux sociaux et de la société tout entière, de manière continue et sans bruit. Il n'existe pas de monument plus grand ni plus durable pour notre temps que celui qui est forgé dans le bronze de la science et de la culture.

 

 

 

III - L’École CATHOLIQUE (Enseignement Catholique) (EN) FACE (DES) AUX VOIES CULTURELLES ET SPIRITUELLES EXTRÈME-ORIENTALES

L’Enseignement Catholique, dont l’évolution a suivi l’évolution de la société et des sociétés, arrive elle aussi à devoir intégrer la mondialisation chez elle. Longtemps maîtresse chez elle, seule détentrice des contenus, sanctions et admissions, bref seule autorité dans tous les domaines de ses compétences, l’Enseignement Catholique a appris lentement, comme toutes les autres institutions sociales, à considérer positivement (sous peine d’être disqualifiée) les conséquences des révolutions socio-économiques et socio-politiques, suivies de deux guerres mondiales, de notre défunt 20e siècle :
  • les mouvements et brassages des populations, des langues, des cultures ;
  • les émigrations et immigrations de tous les points cardinaux vers tous les points cardinaux ;
  • l’émergence de nouveaux partenaires et rapports sociaux, donc de nouveaux comportements et de nouveaux modèles opératoires;
  • l’accession à l’indépendance de multiples pays impréparés à la maîtriser;
  • le développement des grandes pauvretés et des plus encore plus grandes richesses ;
  • les pénuries durables et les récessions successives ;
  • l’internationalisation, la délocalisation et la dérèglementation des marchés, globalisés par l’avènement d’Internet et du commerce en ligne ;
  • l’absence d’instance internationale de contrôle efficace et
  • la dilution des multiples influences culturelles et civilisationnelles, hétéroclites et contradictoires, dans les rets de plus en plus serrés et opaques de la communication et de ses moyens...
autant de facteurs (et j’en passe faute de place...) qui ont contraint l’Enseignement Catholique, au même titre que toute autre institution, à modifier significativement :
  • pour le moins ses fonctionnements traditionnels,
  • et plus loin, la formulation de ses exigences, l’expression de ses valeurs, la définition de ses objectifs.


Il est intéressant de se rendre compte des difficultés qu’ont du traverser les grandes traditions extême-orientales pour trouver une place viable au sein des transformations sociétales qui ont entraîné des changements bien plus profonds que ne l’eussent été de simples aménagements circonstanciels : parce que leurs modes d’expression étaient structurellement liées à une forme spécifique de société, la société changeant, elles se voyaient emportées, comme le bébé avec l’eau du bain culturel désormais obsolète. Les résistances que nous constatons depuis la destruction du WTC à New York dans le monde musulman des pays émergeants est là pour nous le rappeler : une forme spirituelle, religieuse, et, plus loin, idéologique, trop liée à et trop dépendante d’une forme trop spécifique de société, - qui en fait la soutient et en profite, - ne peut que s’évanouir avec l’extinction de cette société. Nous le déplorons déjà dans un Occident que nous disons " déchristianisé ", mais quel drame encore plus grand dans les domaines des autres !

 

 

 

A – LES MONDES BOUDDHIQUE, CONFUCEO-TAOÏSTE ET SHINTOÏSTE, FACE A l’OCCIDENTALISATION

Alors qu’au départ l’Inde et son bouddhisme exporté ont proprement " indiano-bouddhisé " la totalité de la dizaine de pays compris entre l’Inde et le Japon, et entre la Chine et l’Indonésie, et ce, dès le règne d’Asoka, de la dynastie des Maurya (en - 240), nous pouvons constater que, face à un Occident christianisé et exportateur d’une culture économique capitalo-libérale, il est toujours difficile à cette partie du monde d’entrer délibérément dans ce modèle de développement, parce qu’il n’a pas été conçu pour structures mentales relevant d’autres fonctionnements et pour des inconscients relevant d’autres systèmes de représentation symbolique : ceci vaut pour la Chine et le Japon.

Et pour ne citer qu’un exemple de structure mentale, pensons seulement que pour ces presque trois milliards d’êtres humains, il y a, non pas 4, mais 5 points cardinaux, car ils considèrent d’une part que le centre en est un, et que c’est eux qui l’occupent : et ils n’occupent pas seulement le centre, ILS LE SONT ! LE CENTRE, C’EST EUX ! Tout le reste est périphérique !

On peut imaginer ce que peut représenter une révolution culturelle qui replace le centre ailleurs, vous rendant périphériques à votre tour ! Et que dire de ces langues aussi complexes qu’élégantes (chinois, sanscrit, japonais aux 4 alphabets !) qu’il faut inévitablement abandonner pour un anglo-américain réduit à n’exprimer que le minimum nécessaire à commercer et à voyager !

Le christianisme a connu cela, dans sa forme catholique romaine au moins, quand Rome s’est découverte n’être plus le centre de l’univers et de la création, mais une simple agglomération perdue dans une planète, elle-même minuscule dans un système solaire indéfini, éparpillé lui-même au sein de milliards d’autres systèmes solaires, encore plus vastes que lui ! Et quand le Vatican a du se réduire à quelques km2, Rome devenant la capitale d’un nouvel état, l’Italie ! Et quand l’Eglise Catholique Romaine a abandonné, à regret, la langue qui avait assuré son universalité linguistique !

La Chine a du passer par un siècle de révolutions et de totalitarisme (de la chute des Mandchous, en 1911, à la prise de pouvoir par les communistes de Mao en 1949 : fin du système confucianiste ! Depuis près de cent ans, trois générations ont vécu dans la seule " éthique " révolutionnaire du parti et de la revanche à prendre sur l’Occident. C’est seulement avec Deng Xiao Ping (1982) que cet immense empire (1 250 000 d’hommes) s’entrouvre, s’engage et pénètre (il y a quelques jours seulement) dans l’WTO (Word Trade Organisation, Organisation Mondiale du Commerce).
L’Inde a du d’abord chasser les Britanniques, en conservant l’idiome qui constitua une unité suffisante pour que puisse naître ce Parti du Congrès, qui dut et sut faire face à la tragédie des partitions successives en 2, puis en 3 : Inde proprement dite, Pakistan puis Bangla Desh. Le décollage fut tardif aussi mais plus pointu avec cette informatique où Hyderabd fait la nique à la Silicon Valley !

Le Japon a du passer par le désespoir de son insularité faussement protectrice, et après les Portugais, les Hollandais et les Allemands (avec ou sans les Jésuites !) arriver à la catastrophe de la défaite et de l’explosion nucléaire sur son territoire, après l’initiative malheureuse de Pearl Harbour ! Mais la reconstruction du pays devait en quelques dix ans élever le nouveau Japon au rang de 2e puissance mondiale, technologique et monétaire ! Et maintenant en matière d’art, d’architecture, de cinéma, de haute couture, de musique...

Tous ont du sacrifier quelque chose pour s’appliquer à " imiter " l’Occident ! Leur intérêt l’exigeait, un intérêt compris comme la condition nécessaire sine qua non pour ne pas prendre trop de retard dans la course économique, qui est, aujourd’hui, le terrain quasi unique d’émulation, de compétition, de reconnaissance et de progrès. Cette occidentalisation, cette européanisation, cette judéo-christianisation ont été, et continuent d’être, les fourches caudines pour beaucoup de ces pays, de ces nations, de ces cultures, pour pouvoir survivre, dans un monde modelé par l’Occident !

 

 

 

B – POUR UNE " POLITIQUE " DE L’INCULTURATION

" La relance de " l'inculturation " de l'Évangile et le dialogue avec le Bouddhisme, font partie des priorités pastorales indiquées par Jean-Paul II ce matin dans son message aux évêques de Thaïlande en visite quinquennale " ad limina ". Le pape a remis ce message aux évêques ce matin.
Pour le pape, cette mission est en effet " urgente " et réclame des efforts constants, à côté des engagements fondamentaux dans le dialogue interreligieux et pour la croissance de la communauté chrétienne elle-même.
Jean-Paul II a donné un relief particulier au " discernement " auquel les évêques de Thaïlande sont appelés pour accompagner efficacement le processus d'inculturation.
Ce processus, disait le pape en se référant à son encyclique " Redemptoris Missio " (cf. www.vatican.va)
.../...est beaucoup plus qu'une "adaptation extérieure", il suppose "l'intime transformation d'authentiques valeurs culturelles par leur intégration dans le christianisme et l'insertion du christianisme dans les différentes cultures humaines.../... ".
Or ce processus est délicat, dans un contexte caractérisé par des traditions culturelles et religieuses avec lesquelles, insiste le pape, il est nécessaire " d'approfondir la relation ".
" Contact, dialogue et coopération avec les disciples d'autres religions, rappelle Jean-Paul II aux évêques de Thaïlande, représente en même temps pour vous un devoir et un changement ". Le pape suggère que .../...l'antique tradition monastique thaïlandaise pourrait représenter un lieu de rencontre entre chrétiens et bouddhistes.../.... Une telle tradition, continue le pape, rappelle " la suprématie des choses de l'esprit ", et elle peut " contrebalancer le matérialisme et la consommation qui frappe une large part de la société " (ZF01111601).
[Thaïlande: " L´inculturation " de l´Évangile et le dialogue avec le Bouddhisme Visite " ad limina " des évêques. CITÉ DU VATICAN, Vendredi 16 novembre 2001 ZENIT.org]

– Ce que le pape disait aux évêques de Thaïlande vaut, et vaudra de plus en plus, pour le territoire de toute l’Eglise Universelle, qu’elle se trouve en face de bouddhistes, de confucéo-taoïstes, de shintoïstes, et pour les Églises européennes - en particulier et depuis un certain temps déjà - en face de musulmans. L’expérience de l’Amérique Latine doit nous servir de leçon : la tendance européenne (ibéro-lusitanienne d’abord, anglo-saxonnes ensuite, occidentale de façon générale) a été de coloniser les inconscients et les imaginaires, en imposant les " façons de dire, les façons de faire et les façons d'être " qui étaient les nôtres ! Bien sûr que ces populations, par leurs élites surtout, y ont excellé ! Comme Mateo Ricci, et ses compagnons ont excellé en Chine ! Mais ces types d’hommes, exceptionnels, réussiront partout, et il y en aura toujours sous le soleil ! Il s’agit ici de ceux qu’on appelle " les populations locales ", la masse de celles et de ceux dont la capacité d’ouverture, de compréhension, d’assimilation, avec la conscience de la différence et de l’originalité indéracinables des cultures autochtones... n’a pas eu, pour toutes sortes de raisons, l’opportunité de se développer. Les paysans du Chiapas mexicain, et ceux du Yunan Chinois ont des traditions multiséculaires qui leur ont permis de rendre " leur " monde habitable : c’est le leur ! Si le message de Jésus-Christ, mort et ressuscité, il y a 2000 ans, et vivant aujourd’hui, au milieu de nous par sa parole et par son pain, si ce message, son message est impossible à exprimer et à vivre dans toutes les cultures de l’histoire et du monde, alors il ne peut prétendre être universel, et l’Église Romaine n’a aucun droit de se revendiquer catholique ! (katholikos : universel).

 

 

 

C – QUEL " CAHIER DES CHARGES " POUR UNE TELLE TÂCHE AU PLAN DES DIRECTIVES GÉNÉRALES ?

Le texte du Pape constitue un excellent mémorandum.
- La relance de " l'inculturation " de l'Évangile et le dialogue avec les autres traditions spirituelles font donc partie des priorités pastorales ;

- Cette mission est " urgente " et réclame des efforts constants,
1- à côté des engagements fondamentaux dans le dialogue interreligieux ;
2- et pour la croissance de la communauté chrétienne elle-même.


- Un " discernement " est indispensable pour une telle tâche
- Ce processus est beaucoup plus qu'une " adaptation extérieure ", il suppose :
1- l'intime transformation d'authentiques valeurs culturelles par leur intégration dans le christianisme
2- et l'insertion du christianisme dans les différentes cultures humaines.


- Ce processus est délicat,
1- dans un contexte caractérisé par des traditions culturelles et religieuses ;
2- avec lesquelles il est nécessaire d'approfondir la relation.


Contact, dialogue et coopération avec les disciples d'autres religions, est un devoir et un changement. NB : L'antique tradition monastique pourrait représenter un lieu de rencontre. Une telle tradition rappelle " la suprématie des choses de l'esprit ", et elle peut " contrebalancer le matérialisme et la consommation qui frappe une large part de la société ".


 

 

 

D – NÉCESSITÉ DE MUTATION DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE, COMME École-MODÈLE D’INCULTURATION.

Au cours des 5O dernières années, l’Enseignement Catholique a connu nombre de transformations, occasionnées par les transformations de la société civile elle-même, dans tous les domaines : scolastique, administratif, sanctionnel, etc.
De même, les transformations dans la constitution de la société elle-même, - avec la démultiplication des origines des populations locales,- ont généré une grande rélfexion sur la nature de ce qui s’appelait catéchisme, catéchèse, instruction religieuse, cours de religion, etc.
L’Enseignement Catholique a décidé, et elle a bien fait, d’accueillir les élèves qui se présentent à elle : que la raison soit son caractère confessionnel, sa proximité géographique, ou la qualité de son enseignement et de son éducation. Et souvent, les 3 à la fois ! Suivant les agglomérations, la population scolaire - avec cette désaffection de la pratique religieuse, catholique ici - se présente plus comme un " territoire de mission " que comme une " cellule de l'Enseignement Catholique " : la question, et elle se pose de plus en plus, est de savoir ce que signifient ET la mission en général, ET la mission spécifique de l’Enseignement Catholique.

Ce concept de mission a beaucoup évolué, particulièrement et explicitement depuis le décret " Ad Gentes " du Concile Vatican II, et le document " Catechesae trahendae " de Paul VI, lors des Assemblées du CELAM à Medellin. Si l’Enseignement Catholique est une institution sociale de l’Église Universelle, elle se doit de se situer dans la perspective de tels documents, et d’orienter délibérément sa politique scolastique et éducationnelle - donc sa " vision " chrétienne - à partir de ce type de document, qui, d’un certain point de vue, étaient prophétiques. Or toute prophétie met un certain temps à être " entendue ", " reçue ", " assimilée " et enfin " réalisée ". Les événements vont nous aider à accélérer ces processus, sous peine d’être " dépassé " par eux, et, partant, de nous disqualifier finalement comme " catholique ", c-à-d " à prétention universelle " !

S’il fallait une référence d’intelligence des signes des temps, je ne citerai qu’un seul nom, celui de CLÉMENT d’Alexandrie. Au début du 3e siècle, il fut le premier à concevoir le Christianisme, comme une méthode d’accès à la perfection individuelle, comme école de sagesse. Il fut surtout le premier à assumer, en tant que chrétien, toute la tradition poétique et philosophique, ainsi que toutes les traditions religieuses et philosophiques de l’humanité à son époque. La question que l’Enseignement Catholique devrait avoir comme instance critique permanente de sa raison d’être, pourrait se formuler comme suit :

" COMMENT RECONNAÎTRE EN L'HOMME ET EN CHACUNE DE SES EXPRESSIONS, QU'ELLES SOIENT RELIGIEUSES, PHILOSOPHQIES et/OU ARTISTIQUES, DES ÉLÉMENTS ÉPARS DE L'UNIQUE VÉRITÉ "

Voici un programme théorique pour répondre à ce défi de l’Enseignement Catholique face aux traditions spirituelles et religieuses.

ENJEU

C’est l'inculturation de l'Évangile, (c-à-d reconnaître la dimension et la relativité culturelles de l’Évangile) 1. considérée comme une priorité urgente (la sentons-nous comme telle ? )
2. et exigeant des efforts constants.(c-à-d se mobiliser avec courage et continuité dans cette volonté de sortir de soi pour aller vers l’autres).


MOYEN

Cela passe :
Par le dialogue avec les autres traditions culturelles, religieuses et spirituelles,(encore faut-il les connaître : donc les étudier et les comprendre de l’intérieur)
pratiqué avec discernement.(voici une formation très spécifique, qui vaut dans tous les domaines).


OBJECTIF

Cela doit tendre
À une intime transformation d'authentiques valeurs culturelles (Quelles sont-elles ? Là aussi étude et discernement)
par leur intégration dans le christianisme (cela suppose de leur aménager une place, en évacuant ce qui n’est ni important ni essentiel et qui obstrue le passage)

À l'insertion du christianisme dans les différentes cultures humaines.(toujours le même problème : apprendre " les autres " et faire entrer le Christianisme dans les autres cultures et non les autres cultures dans le christianisme !)

À l’approfondissement de la relation. (c’est aux origines, au fond des choses qu’il faut se rendre ensemble, à la source d’où tout part !)


UN LIEU

Un lieu éminent de réalisation pourrait être l'antique tradition monastique.(ne serait-ce que pour l’Europe : voyons Taizé et Bose...).

 

 

 

CONCLUSION

L’histoire nous apprend qu’il y a des tournants dans la vie des hommes, qui font que des événements ont lieu, dont les conséquences sont à prendre en considération pour l’action, sinon l’histoire vous rangera sans aucun état d’âme dans le musée des manifestations et des curiosités remarquables !

Pour le passé :
  • l’hellénisation de l’Orient par Alexandre le Grand ;
  • la romanisation de l’Europe par l'empire des Césars ;
  • la déferlante arobo-musulmanne, son apogée en Andalousie et sa dévastation du bouddhisme en Inde ;
  • la conquête/génocide de l’Amérique par l’Europe ;
  • l’épopée napoléonienne et le Code Civil ;
  • les révolutions et les guerres mondiales du 20e siècle...
Pour le présent, empiétant déjà sur le futur :
  • le réveil imprévisible et farouche de la Chine ;
  • la maladie chronique du Japon ;
  • l’attente impatiente de l’Inde ;
  • la concentration bien installée des catholiques en Amérique Latine ;
  • la pauvreté grandissante et le non décollage fatal des ¾ de la planète ;
  • le succès en Occident des doctrines extrême-orientales, bouddhiste-zen pour la plupart, la désaffection générale de la pratique religieuse d’origine judéo-chrétienne ;
  • les exacerbations des sentiments national-religieux de certaines populations musulmanes ;
  • la lourdeur, de moins en moins supportable, de l’appareil romain de l’Eglise Catholique ;
  • le défi que représente la raréfaction d’un certain type - historique, donc à dépasser - de vocation sacerdotale et religieuse
  • la quête et la demande désespérées de sens de nos contemporains ;
  • la globalisation de l’économie et l’avènement du cybermonde ;
  • la simultanéité de la communication tous azimuts et notre incapacité à la maîtriser ;
  • notre liberté, plus que jamais à exercer, dans tous les domaines du possible avec un courage et une imagination qui semblent faire défaut.

L’Enseignement Catholique doit considérer que son action, sa transformation, ses objectifs et les moyens qu’elle doit mettre en œuvre doivent se mobiliser en fonction de ces facteurs. Elle doit être, puisqu’elle a en charge l’avenir par excellence - j’ai nommé les enfants et les jeunes ! – à la hauteur des défis que lui lancent les temps qui sont les nôtres. Ce n’est qu’en inventant du neuf qu’elle restera fidèle :
  • à elle-même d’abord ;
  • à ses objectifs de préparer des êtres humains à la vie réelle ;
  • à sa mission ecclésiale ;
  • et finalement à ce Jésus qui lui dit : Duc in altum, Prends le large !
CINQ QUESTIONS
POUR PORTER LA REFLEXION PERSONNELLE
ET FAVORISER L’INTÉGRATION DES PROBLEMATIQUES EXPOSÉES.
  1. Que présuppose la découverte en vérité des voies spirituelles de l’Extrême-Orient ?
  2. Pourquoi semble-t-il important d’établir, au plan de l‘histoire comparée des religions, la continuité entre Abram d’Ur en Chaldée, et Jésus de Nazareth ?
  3. Comment définir les contours et les contenus de la mission chrétienne dans l’aujourd’hui de la globalisation ?
  4. Pensez-vous que les objets et les contenus culturels, spirituels et religieux sont a priori universels, et que seules leurs expressions varient ?
  5. Êtes-vous d’avis que les processus d’inculturation sont à double sens? Et si oui, comment passe-t-on d’un univers culturel à un autre ?

 

 

 

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