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Conférence d'introduction

« Les énergies vitales dans la perspective d’une archéologie du mental »

Colloque DDC, c/o CERAM, SA
23-24 NOVEMBRE 2001

A - Le mental : qu’est-ce à dire ?

  1. Voici le lieu, à la fois
    • ontogénétique et phylogénétique, de l’accumulation de toutes les informations
    • spéculativo-pratiques venant des expériences de survie traversées par tous les individus qui nous ont précédés dans l’histoire de la Terre ;


  2. les circonvolutions reptiliennes du cerveau ont emmagasiné toutes ces
    • batteries d’auto-défense, en même temps que
    • la mémoire physique de toutes les peurs et angoisses de vivre et de mourir, occasionnées par les destins parcourus : cette mémoire est physique, car elle a aussi pris forme dans le développement même des tissus et se traduit par des réactions souvent incontrôlables par le sujet. On peut en revanche les constater de l’extérieur.


  3. Quand je dis que ces informations sont d’ordre spéculativo-pratique, c’est pour insister sur le fait que
    • certains savoir-faire (pratique) ne peuvent être encore verbalisés, parce qu’ils ont été somatiquement intégrés aux comportements acquis à l’insu du sujet;
    • en revanche, ils conservent au niveau mental (spéculatif) la capacité d’être verbalisés, quand la capacité du sujet est sollicitée à un point tel, que ce sujet ne peut plus se soustraire à « dire » les choses et à les désigner : en inventant au besoin le mot, par la métaphore et son imaginaire.
  4. Ou alors, il verse dans l’une des multiples formes de l’autisme.

  5. Et c’est à ce moment de la bascule que jouent ou ne jouent pas les forces vitales accumulées. Ici, il s’agit de distinguer entre les

    • les forces venant du « phylè » ;
    • les forces venant du génotype familial immédiat ;
    • les forces venant de l’environnement éducationnel général, depuis la gestation et la prime enfance jusqu’au moment présent ;
    • et celles qui sont le propre même, le génotype individuel du sujet.


  6. Le moment des forces va dépendre d‘un certain nombre de facteurs, dont les inconscients ne sont pas les moindres, et se trouvent justement mêlés à cet inconscient mental général dont chacun hérite avec la vie.


  7. Car l’homme ne cesse jamais d’appartenir à l’histoire génétique du « phylè » : beaucoup de nos initiatives et de nos réactions « spontanées » ont en fait à voir avec les « impressions », cad avec ce qui a été « imprimé » dans le disque dur du cerveau!


  8. L’observation de l’Histoire nous pose quand même quelques questions, qui relativisent toute théorisation. La phrase de Valéry : « Nous autres, civilisations, nous savons que nous sommes mortelles », nous renvoie aux réflexions de Fernand Braudel à propos de la montée, puis de la décadence de certaines manifestations culturelles dans l’ordre géopolitique comme dans l’ordre individuel

    • Les royaumes khmers d’Angkor et de Phimaï ou le Portugal d’Henri II le Navigateur : pourquoi le génie qui en a fait des modèles obligés de réussite historique (indépendamment de nos appréciations éthiques) ne semble plus « fonctionner » : ce qui fait des nations correspondantes des entités « émergentes » dans la géopolitique planétaire !


    • Qui n’a jamais constaté autour de lui des illustrations de ce qu’on nomme « le principe de Peter », qui théorise les degrés maximum de développement individuel : après quoi une stagnation fatale entraîne une irrésistible et lamentable décrépitude. Et ceci pas nécessairement chez des individus frappés par l’âge ou la maladie ! Pourquoi A.Rimbaud stoppe-t-il si tôt (à 19 ans) sa formidable veine poétique pour vivre de traffic et de contrebande dans la Corne de l’Afrique? Et Charles Quint, pourquoi, à seulement 56 ans, abdique-t-il soudain en 1556 (il est né avec le siècle) pour se retirer au monastère de Yuste en Estramadure, laissant le titre impérial à son frère Ferdinand 1er de Habsbourg, son fils Philippe II héritant de l’Espagne, de l’Itale, des Pays-Bas et de l’empire colonial ?

B - Une Archéologie du Mental (AdM) consisterait à établir chez l’individu

(mais ceci vaut pour les nations, mutatis mutandis)

  • en se servant de l’anamnèse, l’inventaire explicite de l’acquis en matière d’expériences « positives & négatives » : développement de l’imaginaire par une activation de l’imagination (méditation, rêverie, songes, contes, musique…) ;
  • le bilan de cet inventaire au temps « t » où se présente « le problème » : anamnèse conduite de façon ciblée dans des entretiens de type thérapeutique ;
  • la capacité d’utiliser la meilleure parade, puisée dans le capital acquis et augmenté de sa plus value que lui confère sa conscientisation !

1 - Si et quand le client a déjà quasiment sombré dans l’autisme, cette AdM, en s’aidant de l’anamnèse, l’aide à régresser jusqu’à ce moment de son histoire personnelle où quelque chose pour une certaine raison s’est bloquée et a bloqué par là-même tous les circuits de communication entre les diverses fonctions de l’existence.

2 - L’AdM joue avec des images, et avec des mots porteurs d’images : c’est le « film » de la vie qui s’est cassé, on peut re-tourner certaines séquences, certaines scènes. Ces dernières ne supprimeront pas les premières : elles leur offriront seulement des alternatives qui les relativiseront, montrant par là leur importance limitée.

3 - En montrant au client qu’ « il » est plusieurs, et que d’autres possibles lui-mêmes sont encore en attente de réalisation dans l’espace et le temps, AdM & Psychanalyse concourent à démultiplier chez lui les espérances virtuelles nécessaires à prétendre à un avenir autre !

C - L’APPROCHE PROPHYLACTIQUE

Il serait souhaitable bien entendu de pouvoir prévenir ces situations : autrement dit d’être actif et non pas seulement ré-actif.

  • Dire que l’enfant doit être le produit de l’amour de la part des êtres qui le « mettent au monde », semble relever de la sensiblerie, et pourtant, c’est bien là « l’origine du début du commencement ».


  • La toute petite enfance demeure, tout comme la gestation, des lieux dans lesquels le rôle de la mère est prépondérant, voire tout-puissant (ou peu puissant, ou im- puissant) : l’enfant ne se remettra jamais entièrement de ce qui s’est ou ne s’est pas passé, dans ce temps qui échappe presque entièrement à sa réappropriation par le sujet (au-delà du Cri Primal d’Arthur Janov, et du « çà » de Groddeck).


  • La première socialisation, l’école dite maternelle, peut être considérée comme l’étape suivante où des chances peuvent de nouveau être à disposition : la rencontre avec la 1ère maîtresse/ le 1er maître peut effectivement être de lieu d’une condensation des énergies positives, dont la personne chargée d’une autorité bienveillante devient le catalyseur !


  • L’étape suivante sera la puberté. Qui dira jamais assez combien cette étape peut être délicate, autant pour le garçon que pour la fille, et peut-être plus ancre pour le garçon dont la sexualité doit s’affirmer en termes de « virilité » auprès de ses camarades. Les autismes pubertaires ne sont pas parmi les plus faciles à « ouvrir ».


  • Ma double fonction de prêtre et de psy me fait rencontrer, à l’occasion des préparations au matriage, des situations très complexes, où se mêlent encore les indigestions d’une éducation religieuse mal digérée, au point que les angoisses touchant le permis-défendu et l’obsession du pêché font de cette démarche un chemin de croix plutôt que de roses !

Comment, partout dans ces situations, prévenir plutôt que d’avoir à guérir ?

Où puiser les énergies positives nécessaires à imaginer le monde comme pouvant être autre, et les résistances comme servant à révéler des capacités inconnues et nouvelles.

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