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Comme suite à Être Chrétien aujourd'hui

Ce qui reste de la Foi, quand on ne croit plus :
Liquidation de stock !

TGC/DDC, c/o Prado, Cannes
11 DÉCEMBRE 2001

Essai d’état de la situation

  • crise identitaire : qui sommes-nous, d'où venons-nous ? on ne sait pas, on ne sait pas assez, on n'a pas de racines. Une immense inculture. Alors que nous sommes de plus en plus jaloux de notre liberté, de notre autonomie, nous sommes sur nos gardes quand quelqu'un commence à nous baratiner, comme on dit ! Dans le domaine personnel, on se méfie de tous les gourous ou alors, on a tellement besoin de gourous, qu'on prend n'importe lequel ! La montée et l’affirmation d’autres « religions » rend encoe plus fragiles nos convictions, nos principes, nos valeurs. Mais il y a


  • difficulté de discernement entre les gens qui ont des choses à dire, et les gens qui n'ont rien à dire, qui disent n'importe quoi; et on ne peut pas le savoir puisque l'on n'a aucune connaissance de ce que c'est, pour pouvoir discerner ; alors, ou bien on rejette tout, ou bien, parce qu'on a un besoin confus de s’exprimer, d'être compris, d'être entendu, on suit sa tendance paranoïaque et sado-masochiste, et on "suit" ! D’où la croissance et le développement de ce que l’on nomme les « nouvelles communautés » chrétiennes, les pélerinages plus ou moins « fanatiques » ou les autres quasi-sectes que sont les mouvements ésotériques par exemple !


  • absence de repères ! Les repères, c'est cela le problème, on ne sait pas, alors il faut les reconnaître et les apprendre. Ceux qui prétendent être des repères n'en sont plus, parce qu'ils se sont disqualifiés: ils ont fait n'importe quoi ; ils ont cru que les gens étant ignorants et avides, on pouvait leur faire avaler n'importe quoi, et ils ont exrcé leur autorité, commme jadis, quand le « peuple » obéissait par crainte des représailles ou par obligation sociale ! … Cela se rencontre dans l'Eglise, mais aussi l'école, l'armée, la politique ! Ce qui se passe est très grave, très très grave: parce qu'on ne sait plus comment faire confiance, comment remettre en marche le mécanisme de la confiance ; on ne sait plus non plus comment apprendre, de nouveau, à faire confiance puisqu'on doit se méfier de tout, de tous et du reste. C'est une autonomie forcée à laquelle nous sommes réduits et condamnés. Il faut se méfier: même des yaourts, même des huiles, même des vaches, même des moutons, de tout. Rien ne marche: alors, comment faire? tout ça pourquoi ?


  • Parce qu'on a peur ! Or, la foi suppose la confiance ! Comment conciler cette triple exigence: de l'identitaire, de l'autonomie et puis du bonheur !

Être chrétien aujourd'hui, alors ce serait quoi ?

Trois traits pour essayer de répondre à cette question:

  • Il me semble que l'on ne peut pas être chrétien si, d'abord, on n'est pas un homme, un être humain, quelqu'un qui tienne compte, autant qu'il lui est possible, des données de l'échiquier socio-économico-culturel . Être chrétien, c'est d'abord être de plein pied dans l'existence telle qu'elle est, et ne pas regretter le temps passé, du genre " Ah ! il y a dix ans, quinze ans..."et ne pas répéter sans cesse : "Oui mais de mon temps !" . Le monde tel qu'il est. D'abord ! C'est dans ce monde-là que s'est jouée, se joue et se jouera toujours l'aventure de la foi et du salut en JésusCchrist !


  • Il faut ensuite combler nos immenses lacunes à propos de Jésus, de l'histoire de l'Eglise et du Christianisme, de la place du chrétien, de la liberté des enfants de Dieu...et de plus en plus, des auttes propositions religieuses et spirituelles, que Bouddhisme et Islam, par exemple, répandent avec une grande diligence, et un certain succès… effet, si on a perdu son passé, on ne pourra pas avoir d'avenir. Il faut savoir d'où l'on est parti, si l'on veut arriver quelque part !


  • Puis nous devons enfin nous prendre au sérieux et prendre une décision personnelle vis-à-vis de cette Révélation. Quelle est ma position vis-à-vis de :
    • Jésus-Christ ;
    • de l'Eglise et des Eglises ;
    • du monde tel qu'il tourne ;
    • de mon rôle à y jouer.

Car sans engagement, il n'y a aucune preuve de notre adhésion à quoi que ce soit : valeurs, mariage, vie religieuse ou sacerdotale, profession, etc...

LE CHRÉTIEN N'EST PAS D'ABORD UN HOMME DE RELIGION,
comme les autres hommes des autres religions
MÊME S'IL EST UN HOMME RELIGIEUX



1 - Son adhésion se fait par rapport à une personne :
  • ici, c'est la personne du Jésus historique,
  • qui s'est révélé Christ
  • et Fils de Dieu,

et non pas par rapport à

  • une doctrine,
  • une morale,
  • une institution. D’ABORD !

NB : voir les religieux (moines, religieux, religieuses), avec leur
charisme particulier, sont les plus vigilants
contestataires de l'Institution Église,
Même et parce qu'ils l'aiment et sont à son service !

2. C'est son inconcient, sa vie intèrieure, sa personnalité et ses attitudes mentales qui sont évangélisés, christianisés, spiritualisés par la personne et la révélation de Jésus de Nazareth

d'où la nécessité d'avoir une relation personnelle avec lui.

3. La vie, celle que l'on mène,- souvent la seule que l'on soit en état de mener- est le seul lieu de vérification ultime de l'authenticité de notre adhésion à cette Personne de Jésus de Nazareth:

d'où la conséquence de considérer notre existence,

  • non pas comme la succession discontinue d'évènements en forme d'un "chapelet de crottes de bique",
  • mais comme un continuum où se joue la révélation progressive en nous de l'être que nous sommes vraiment,

car rien n'est jamais joué une fois pour toutes, dans les décisions humaines ordinaires, comme dans celles où "il s'agit de notre âme et de notre bonheur" (Pascal)

4. Plus que la tolérance, c'est l'ouverture à ce qui est autre, qui peut nous faire entrer dans l'altérité historique et ontologique d'un homme qui se révèle Dieu.

d'où la nécessité du silence, de la méditation, de la spiritualité, de la gratuité et aussi de la simplicité, du détachement et même de l'esthétique dans notre vie ordinaire.

De la Bible, voici ce que le Christianisme a su tirer mais qu’il ne pratique pas ni ne pratiquera jamais assez:

  • Le sens de l’homme et de son inaliénable dignité ;
  • Le respect de tout être humain, et d’abord du faible, du pauvre, de l’étranger ;
  • La liberté, la fraternité, la fidélité dans l’amour, le don de soi aux autres jusqu’au sacrifice ;
  • La beauté sacrée de l’enfance et des recommencements ;
  • L’appel à la conversion du cœur qui donne valeur au progrès, mais aussi à l’imperfection et à l’échec ;
  • L’espérance contre toute espérance qui nous fait vivre comme si rien ni personne n’était jamais définitibvement perdu, comme si tout et tout le monde pouvaient être sauvés…(cf Simon Bergson, Le Monde 18-19/11/01,p.32)

CONCLUSION

Être chrétien doit résolûment re-devenir

  • un processus, une mystagogie, cad un développement progressif,
  • d'imagination créatrice, cad de ré-invention de la force des origines,
  • et d'authenticité vis-à-vis de la vie, cad une cohérence responsable.
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