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« Visions de la Femme »

Les Femmes & la société des Hommes :  sexe et pouvoir
« ... mais qui a jamais dit que le ciel avait deux moitiés égales ? ... »


c/o Ass. Rég. de Gynécologie, St Tropez
1 JUIN 2002

Introduction

À part les Amazones et quelques exceptions (Hatchepsout d'Egypte, Zénobie de Palmyre, Geneniève de Paris, la Papesse Jeanne de Rome, Elizabeth I d'Angleterre, Jeanne d'Arc de France, l'impératrice Tze Yi de Chine et MMrrss Golda Meïr et Margaret Thatcher, d'Israël et du Royaume Uni...) qui, au cours de l'Histoire, se souvient des femmes, du point de vue du POUVOIR  ? 

Même leur histoire personnelle fut en général écrite par les hommes, - quand elle le fut !  Que ce soit de l'Antiquité ou de nos jours, ce sont des Euripide, des Shakespeare, des Bossuet et des Albert Cohen... qui nous donnent de connaître ce que certaines femmes ont été, sont et deviennent...

Il a fallu les différentes révolutions, - politiques, économiques et militaires, - pour accéder enfin à la révolution culturelle des années 50 (après les deux conflits mondiaux, supprimant des millions de mâles...) où la femme, les femmes ont été nécessaires pour rebâtir, reconstruire, redémarrer économie et société... Cette place prise, conquise, occupée et développée, les femmes ne la lâcheront plus :  usines, puis écoles, enfin industrie, commerce et globalmisation verront de plus en plus de jeunes filles, de jeunes femmes, puis de femmes, occupant le plus "naturellement" du monde, postes d'initiatives et responsabilités et en subissant tout aussi naturellement les conséquences.

" Visions de la Femme "

Les Femmes & la société des Hommes :  sexe et pouvoir

"... mais qui a jamais dit que le ciel avait deux moitiés égales ? ..."


Voici un titre qui a évolué au cours de nos contacts, mais qui revient toujours à la même question :

"Qu'est-ce qui a fait que la moitié du ciel, - comme disent les Anciens Chinois -
n'a pas eu dans la spatiotemporalité historique
le rôle qui lui revient en tant qu'être humain, à moins que..."

C'est cet "à moins que..." que ma petite causerie de Bormes aimerait considérer parmi les mimosas... pour le dire avec des fleurs !

 

LA FORCE DES CHOSES

  • Faut-il invoquer un défaut de nature ?  On comprend que démarrer de la sorte, c'est à priori répondre à la question d'une façon qui, sous d'autres cieux très proches ou très lointains, - et encore de nos jours,- a toujours produit dans l'Histoire, une organisation sociale inégale, justifiée idéologiquement par toutes sortes de raisons, dites "culturelles"....
    La FEMME aurait-elle une nature si différente de celle de l'HOMME, qu'elle est inapte tout simplement à réaliser, sinon la même chose, du moins quelque chose qui aurait pu, qui pourrait rivaliser avec les réalisations masculines ?  De cette considération, on pourrait d'ailleurs tirer, non pas la conclusion que les femmes sont inaptes, point !,
    Mais la conclusion qu'elles sont suffisamment différentes,- et essentiellement différentes, - pour imaginer d'autres réalisations !  ...


  • Pourquoi, cela ne se serait-il pas produit ? 


  • Parce que c'est le règne de la force physique qui l'aurait emporté, dans le domaine de la survie, en particulier (chasse, défense...) et l'emporte encore maintenant dans beaucoup de secteurs ? 


  • Parce que le règne de la guerre donnait aux plus forts (physiquement encore ! ) le droit sur les autres plus faibles (physiquement toujours ! ) ? 


  • Parce que les femmes auraient eu, - et ont toujours, - d'autres intérêts ?  Mais lesquels ?  Nous n'en savons pas grand chose ! 


Ce qui anthropologiquement pose la question de la différence essentielle :

la femme est donc de nature diffrente, sans pour autant souffir d'un défaut de nature.
  • Et si elle est apte pour d'autres réalisations, elle n'aurait pas eu l'opportunité jusqu'ici de s'exprimer, pour les raisons sus-nommées.


  • Une première prise de conscience s'impose (même si elle est empreinte de déterminisme) :  le monde est donc tel qu'il est maintenant, parce qu'il fallait d'abord survivre, avant de philosopher, ou de penser à autre chose !
      NOTRE MONDE A DONC CETTE FIGURE MASCULINE PAR LA FORCE DES CHOSES ! 


 

LA RELIGION , LE SACRÉ & LA FEMME

Ce déterminisme s'est vu renforcé par les "occupations dites religieuses" de nos ancêtres :

*** la "Mort" en particulier,- et la destinée des défunts,- les renvoya dans l'amont de la question, cad

*** "D'où venons-nous ? ", qui enchaîna très vite (quelques centaines de millions d'années ! ) avec

*** "Que faisons-nous donc ici ? "

Par définition, la religion et le sacré se nourrissent de l'inexplicable, de l'imprévisible, du mystérieux, du formidable, du "tremendum et fascinosum" pour répondre et correspondre au désir d'absolu et d'éternité des hommes. Pour apprivoiser "l'immaîtrisable" et se le rendre favorable, les sociétés, - les primitives et les nôtres toujours, - mettent au point des systèmes de représentations symboliques qui leur permettent d'entrer en communication avec lui, jamais parfaits, mais toujours très intelligents. La femme a toujours joué, dans les sociétés organisées par les hommes, un rôle très spécifique, celui du lieu géométrique du non maîtrisable :  en fonction même de sa nature particulière de femme. Car elle a toujours représentée pour l'homme-mâle ce qu'il y a de plus immaîtrisable dans la nature :

LA VIE ELLE-MÊME !

Voici donc

  • un être à la fois comme lui et si différent de lui ; 


  • un complément physiologique et physique qui l'attire, le provoque, l'excite, le satisfait et en même temps lui résiste et exerce sur lui le pouvoir de la séduction ; 


"EVA, qui donc es-tu ?  Sais-tu bien ta nature ?
Sais-tu quel est ici ton rôle et ton devoir ?
Sais-tu que pour avoir touché à l'arbre du savoir..." (A. de Vigny)

  • Un corps fait de rondeurs , qui "grossit" pendant 9 mois environ et


  • Met au monde de la vie qui va grandir, qui re-produit  : 


  • Toutes choses immaîtrisables, fascinantes et terribles


que le mâle va associer à "l'immaîtrisable" de la nature et de la vie et en faire un élément du système de représentations symboliques, frappé par le tabou, le mana, "le sacré" proprement dit.

La Femme va ainsi, malgré elle, être proprement manipulée et introduite dans des systèmes d'explication du monde que LE MÂLE MET AU POINT ET DONT IL A BESOIN POUR RENDRE LE MONDE HABITABLE. En maîtrisant la Femme, il pense maîtriser l'immaîtrisable, et en définitive Dieu.

Le MÂLE va donc à la fois,

  • Rendre à la FEMME un culte très particulierdans le domaine de la religion et du sacré (cf toutes les divinités féminines protectrtices de la terre, de la reproduction et des arcanes , et ce, dans toutes les civilisations  :  de l'Indus à la Phénicie, de l'Egypte, à la Grèce puis à Rome. Représentation dont va hériter l'Eglise Chrétienne, en succédant impérialement au Pontifex Maximus, qui était le titre le plus "sacré" de l'Empereur de l'URBS et de l'ORBIS TERRARUM


  • Et la maintenir dépendante, dans la vie quotidienne, parce qu'il la craint, l'exploite et la réduit à ses fonctions "naturelles", en lui niant des rôles autres que ceux qu'il lui assigne.


PARADOXALEMENT, les créatures les plus analogiquement semblables, se révèlent dans l'économie de l'existence, les sujets les plus opposés, voire les ennemis les plus irréconciliables. Cette situation existentielle, que l'on a pu appeler la lutte des sexes, est un des moteurs les plus puissants, - au-delà de la reproduction humaine,- des civilisations et des cultures, et par conséquent des religions :  littérature, arts, théâtre, scène lyrique, mode vestimentaire, et systèmes religieux portés par les textes fondateurs du patrimoine ondial de l'Humanité,- dont la Bible au plus haut point.

 

SEXE ET POUVOIR

La prise de conscience effective et pragmatique entre pouvoir (politique) et sexualité (genre),- au cours des siècles qui verront la force "morale" l'emporter de plus en plus surt la force "animale", - prendra forme et se consolidera de façon définitive et progressive en fonction de 3 évènements historiques (entre autres, certainement ! ) qui changeront la face du monde : 

  • Les Lumières et la Révolution Française de 1789


  • Les théories marxiennes sur le travail (Arbeitsverteilung) et le prolétariat (Lumpenproletariat)


  • Les découvertes en matière de sexualité et d'inconscient de la Psychanalyse de S. Freud et la théorie des archétypes (onto- et phylogénétiques) de K. Jung.


Les philosophies personnalistes de la fin du 19ème et du début du 20ème siècles, reliées par l'existentialisme chrétien de E. Mounier, de Gabriel Marcel et de Simone Weil, et l'existentialisme athée de J-P. Sartre et de Simone de Beauvoir, vont parachever cette "naissance politique" de la femme, aidée par les désastres humains (en mâles) des deux guerres mondiales, qui vont exiger des "compensations de personnel" : les femmes se montreront parfaitement à la hauteur des défis de la reconstruction de l'Europe.

Ce qui se passe depuis les années 50 n'est que la conséquence de l'accélération de l'Histoire en marche d'une façon "autre" depuis Voltaire et Beaumarchais...

 

ÎLOTS de RESISTANCE

Encore un paradoxe :  ce qui est en définitive le plus résistant, à la limite de l'indestructible, ce ne sont ni les structures politiques, économiques et militaires, mais les structures mentales, coulées à l'acier des cultures etr des idéologies :  les rôles, les fonctions, les identités, les convictions , bref, les inconscients individuels et collectifs qui sous-tendent et soutiennent les forteresses de l'esprit et de l'âme.

Ici, ce qui nous intéresse, ce sont

les définitions et les contenus des rôles et des fonctions.

Dans le "Clash des Civilisations" - même si on peut ne pas partager l'excès de systématisation de Samuel Huntington - on ne peut pas non plus éviter de poser la question du rôle des religions et des croyances, quelles qu'elles soient, dans la fixation, la défense et la calcification des rôles et des fonctions de l'homme et de la femme dans les sociétés.

  • Comme toujours, c'est le mâle qui définit l'être social de la femelle, - si on peut me permettre ce jargon anglo-trivial.


  • Comme toujours, c'est la tradition, "favorable" au mâle, qui l'emporte.


  • Comme toujours, les postes de décision, quel qu'en soit le domaine d'application, DOIT finalement revenir au mâle.


  • Même dans des domaines qui relèvent naturellement des compétences, nature et aptitudes de la femme (IVG, pillule etc..), c'est encore le mâle (et dans l'Eglise Catholique Romaine, les seuls mâles hiérachiques) qui prennent les dispositions, jugent, décrètent et ordonnent...


MAIS UN COMBLE A ÉTÉ ATTEINT AU BOUT DE PLUSIEURS MILLÉNAIRES DE COLONISATION MENTALE :  la femme s'est tellement "habituée" (a été tellement "domestiquée", comme un cheval, un chien, un pigeon...) à n'être QUE CE QUE LE MÂLE LUI DIT QU'ELLE EST, que beaucoup d'entre elles ont développé des sytèmes immunitaires de type résistance passive :

  • Les femmes des minorités MIAO du Ganxi, Chine Méridionale communiquent entre elles de tribu à tribu par des dessins pictographiques, de tissage et de filage, qu'elles brodent sur des châles qu'elles vendent et s'offrent sur les marchés ; 


  • Les locataires des harems des Pays Arabes Musulmans ont élaboré des langues spéciales de plusieurs milliers de mots, qu'elles utilisent aux bains ou quand on les sort au bazar ; 


  • Les femmes aborigènes d'Australie imaginent des maquillages significatifs qui sont autant de messages designs, et dont elles attendent la réponse le lendemain ;


  • Les femmes des pays méditerranéens ont depuis toujours pratiqué le matriarcat des cuisines et des cours intèrieures (fraîches), pour élaborer les stratégies et les tactiques aptes à faire croire aux hommes qu'ils prenent les décisions ... les exemples abondent... ;


  • Et beaucoup d'autres ont trouvé ainsi des systèmes subsidiaires de communication et de circulation des informations qui fonctionnent à merveille et qui constituent autant de réseaux parallèles de décision et finalement de pouvoir ! 


  • Il semble même que les mâles en soient parfois réduits, - à leur insu !  -, à un rôle de représentation pure et simple, toutes les décisions ayant été préparées et les accords conclus en dehors de leur présence ! 


 

POUVOIR ET POUVOIR

Quand on parle de la nature des êtres vivants, il faut encore et toujours se reporter aux intuitions zoologiques de Buffon : 

  • la nature est en permanence transformée par la culture, c'est-à-dire par les productions culturelles (attitudes mentales, comportements sociaux, réglementations, conventions et attitudes divers)


  • En dehors des conformations physiologiques (c'est, jusqu'à plus ample informé, toujours la femelle qui reproduit), pratiquement tout le reste est culturellement susceptible d'être acquis, transformé, transmis...


  • La peau, les poils, les goûts, les habitats, les mœurs... tout est modifiable


  • La valorisation de ces productions et us et coutumes variera donc selon les époques et les régions


LE POUVOIRsera d'exercer une influence culturelle sur ces productions et leur déstinée, de favoriser celles-ci plutôt que celles-là, de supprimer les unes pour en créer d'autres, de les substituer les unes aux autres en fonction des besoins, des nécessités ou des impératifs. Ce pouvoir peut être discrétionnaire ou partagé et contrôlé :  ceci est aussi une production culturelle. L'ensemble de toutes ces dispositions se transformera en civilisation, quand elles auront atteint un degré de pertinence telle qu'elles s'"imposeront d'elles-mêmes à une quantité conséquente d'individus qui se constitueront en empire, état, nation et développeront alors une CULTURE NATIONALE.

Prenons 3 cas qui sont assez représentatifs de notre thème  :  sexe et pouvoir.

Le système démocratique :  il permet à chaque citoyen d'accéder à tous les postes de l'Etat, pour "peu" qu'il en soit digne et compétent et respecte les règles de la démocratie pour y parvenir. MAIS CECI RESTE THÉORIQUE TANT QUE LES MOYENS PRATIQUES NE SONT PAS A LA DISPOSITION DE TOUS LES CITOYENS. On peut penser que le temps aidant, ces conditions peuvent être remplies. Malgré toutes les résistances idéologiques, on peut voir se développer une parité progressive :  quand responsabilité et pouvoir sont basés sur le mérite et la compétence, naissance, privilèges et sexe reculent...

Les pays où la "CHARYA" (charia') (loi du Coran, réglant à la fois Religion, État et Mœurs) règne(Égypte, Indonésie, Pakistan, et certains pays musulmans d'Afrique Noire...), certaines dispositions, en fait des interprétaions du Coran, sont au service des mâles (ainsi une femme violée et enceinte de surcroît, sera lapidée ET pour s'être "laissé" violée, ET pour avoir déshonoré, - "sic" - son mari, qui par ailleurs peut avoir plusieurs épouses en bonne et due forme) :  il y a peu de chances que les choses évoluent, dans la mesure où les clés d'interprétaion sont entre les mains des mâles, et où religion et mœurs nationales sont étroitement liés. (Relisez le livre "Jamais sans ma fille ! ")

L'Église Catholique Romaine n'est pas démocratique d'une part, et d'autre part elle participe de cette mentalité archaïque des religions dites du Livre (alors qu'elle représente LA FOI DANS UNE PAROLE), qui conserve des traditions que le temps et l'espace culturels avaient jadis fait entrevoir comme nécessaires, mais non pas intemporelles. Ainsi le pouvoir des mâles dans l'Eglise, établi au cours de la rédaction des Evangiles entre la 3e et la 5e générations des judéo- puis des pagano-chrétiens, a fait de la hiérarchie une caste mâle, qui aura toujours du mal à laisser le pouvoir, qui ici se double en plus d'une sacralisation sacramentaire, dans la traditio apostolica.

Quelle révolution culturelle permettra aux esprits de s'ouvrir, non pas à une quelconque "modernité" passagère, mais à la reconnaissance de la précarité des formes sociales qu'elles servent Dieu et/ou les hommes.

 

POUVOIR ET AVENIR

Si un changement dans cet équilibre / déséquilibre des forces peut être envisagé, souhaité et/ ou activé, c'est que s'élaborent dans la conscience planétaire, à la fois :

  • Des disqualifications fatales  :  les notions de mâle, de famille traditionnelle, de religion, de morale traditionnelle ;


  • Des qualifications sociologiques nouvelles  : les notions de plaisir, de temps libre, d'aurodétermination et d'autonomie, de profession, liberté de choix.


La Femme en profite, et l'Homme en pâtit ;
La Femme devient forte et le Mâle fragile ;
Les critères d'admissibilité sociale changent de plus en plus ;

Mais si les Femmes voulaient imiter les Hommes, elles se perdraient dans une identification à revers :

C'est peut-être le moment de féminiser l'habitabilité du monde.

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