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Plan détaillé de la conférence

« Le Zen & le Thé :
matrices de l’esthétique japonaise »

CUM, Chaire Kawabata, Nice
15 mai 2002

 

IMPORTANCE ABSOLUE DES ÉVÈNEMENTS DU XIIe SIÈCLE ENTRE LE YAMATO NAISSANT ET LES DYNASTIES CHINOISES
  • Les échanges militaro économiques (Gengis Khan et les Takau-ji, entre Kambalic et Kamakura) ;


  • Les voyages en Chine, de ESAÏ, le moine, pour découvrir apprendre et pratiquer les "mœurs" culturelles :  langue, thé, encens, littérature, peinture, zen, bouddhisme... ;


  • Le retour du moine à Kamakura et l'introduction dans la vie de la cour et des monastères des "fonctionnements" chinois.

Création d'un mini monde à Kamakura :  Samouraï et Moines vont commencer à pratiquer ce qui est ramené du puissant voisin, qui joue le rôle hégémonique dans les influences culturelles

Relations économiques et recherches des régions les plus adéquates pour cultiver / trouver les plantes, racines et feuilles qui vont alimenter casernes et monastères de Kamakura où "quelque" chose est en train de se passer :

  • Les moines vont s'adonner à la pratique du zen, qu'il vont enseigner aux samuraï ;


  • Les Samuraï vont en retour enseigner aux moines les métiers des armes ;


  • Zen et Art militaire vont se transformer en ARTS MARTIAUX 


  • Moines et Samuraï vont se mettre à développer tout un ensemble de pratiques communes, avec à la base, la méditattion bouddhiste, qui de CH'AN n, deviendra le ZEN, après son passage dans les anciens royaumes coréens (Paeckche, Sylla et Koryo) où il était appelé SÔN. (Il venait de l'Inde, où son nom était DHYAN'A).

Développement des cérémonies du thé et de l'encens

  • Moines et samuraï prirent l'habitude de se rencontrer dans des « cabanes », qui leur rappelaient les refuges de montagnes (YAMA) (la montagne jouant un grand rôle dans l'inconscient collectif nippon :  Amateratsu) ;


  • Pour pratiquer ensemble, mais chacun chez soi (casernes et monastères), les échanges interpersonnels, tout en s'adonnant à l'exercice du « humage » de l'encens, et du « tastage » du thé ;


  • Ils faisaient précéder, ou suivre, ces pratiques, de séances de ZAZEN (méditations sur le vide, assis à ne rien faire  :  SHIKANZARA) ;


  • Et ils étaient intérieurement "prêts" à "imaginer" des améliorations au style vie (way of life) des soldats et des moines, qui s'adonnaient désormais à la méditation.

Que se passait-il pendant que l'on humait l'encens et que l'on buvait du thé ?

  • Le plus élevé dans la hiérarchie militaire, politique ou religieuse, était l'hôte ;


  • Il recevait les autres en se mettant véritablement à leur service :  c'est lui qui découpait les racines et les écorces d'encens raffinés et exotiques, en imaginait des mélanges les plus surprenants. Il faisait de même pour les sortes de thé, que l'on faisait venir de la presqu'île de Wakayama, autour de Kyoto et de Nara, à UJI ;


  • Pendant les dégustations, les conversations portaient sur la dégustation elle-même :  on comparait, préférait, argumentait, proposait d'autres mixtures et d'autres instruments de cérémonie. École du goût et du raffinement du goût ;


  • On établit vite la relation entre la pratique du Zen (qui rendait les hôtes si affables, polis et « intelligents ») et la vie de la cour, des casernes et des monastères qui connurent à leur tour, des raffinements, fondés eux aussi sur la pratique du Zen : l'art du kyudo et du kendo pour les samuraï, celui du tokono ma et de la peinture (monochromatique, noir et blanc, empruntée aux SUI chinois qui succèdèrent aux YUAN de Gengis Khan), celui des aménagements des fleurs (kado ou ikebana), du maniement de l'éventail, de la création des kimonos, à la cour.

LES TAKAU JI, PREMIERE DYNASTIE DU YAMATO ET INITIATRICE DE L'ESTHÉTIQUE NOUVELLE

  • KAMAKURA va se développer en véritable capitale du nouvel état naissant, mêlant politique, religion & chose militaire ;


  • Le zen sera l'exercice par excellence pour modeler le Zeitgeist et la Weltanschauung d'une ère qui s'ouvre et qui sera continuée par cette dynastie, surtout par l'intermédiaire de Yoshimitsu et Yoshimasa, entre le 13ème et le 16ème siècles ;


  • Quand la capitale se transportera dans la presqu'île de Wakayama, à Nara, les moines prendront une telle importance politique et « militaire », que l'empereur préfèrera leur abandonner la place et créer une autre capaitale à Kyoto (Heïan), à quelques kilomètres de Nara :
    • C'est là que vont s'inventer l'art de la cour, le théâtre Nô et le jardin karesansui, le jardin zen.


LES RELATIONS EXTÉRIEURES, LA GUERRE, L'ADMINISTRATION DE L'EMPIRE  :  TOUTE L'ORGANISATION POLITIQUE  VONT ÊTRE NEGLIGÉES AU PROFIT DE LA RECHERCHE ESTHÉTIQUE ET DE SA PRATIQUE

  • Le peuple souffre ;


  • Le pays se coupe de l'extérieur pour se développer sans contrôle extérieur, dans les domaines que ses dirigeants se sont choisis :  les arts ! ;


  • Des révoltes se préparent et même une guerre civile éclatera, la guerre de ONIN (une véritable geurre de cent ans) qui mettra fin aux Takau ji, aux profit des Togukawa, préliminaires à la restauration des Meiji, en 1867.

MAIS RIEN DES ACQUIS ESTHÉTIQUES NE SERA PERDU, À PEINE OUBLIÉ PENDANT UN CERTAIN TEMPS DE RÉORGANISATION POLITIQUE.

  • La mentalité nippone a fait une synthèse de tous les éléments extérieurs, grâce au vieux SHINTO qui demeure encore de nos jours le ciment fédérateur de l'inconscient collectif nippon ;


  • Cela ne veut pas dire que chaque nippon connaissait ni que chaque japonais lit régulièrement le vieux Koji ki (recueil de chroniques établi aux 6ème et 7ème siècles, sous l'influence chinoise, apportant langue écrite et bouddhisme.)


  • Mais les mœurs issues du bouddhisme chinois (méditation zen, thé et encens) ont distillé dans l'atavisme nippon, un ensemble de caractères, acquis au départ, et qui au cours de quelques siècles, sont devenus innés !


QUELS SERAIENT CES CARACTÈRES DÉSORMAIS NIPPONS ?

  • Un sens de la beauté, calme et légèrement triste ;


  • Le sens de l'exercice méthodique et ritualisé pour atteindre un objectif ;


  • Le culte de l'intériorité dans la pratique du vide pour faire place au vrai soi-même ;


  • Le génie de la simplicite, de l'élémentaire et de l'évocation :  la touche ;


  • L'intégration de l'ancien, du suranné, d'une certaine imperfection pourvu q'elle soit esthétique, dans un modernisme aussi avant-gardiste soit-il !


  • Une certaine morbidité dans le choix des sujets et leur expression, du au goût des choses qui vont mourir, et que le « cœur » nippon saisit juste au moment précis où, étant encore, elles ne seront bientôt plus !

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